Huath, l’aubépine [From the Branch]

Par Bendis, extrait de From the Branch. Traduction & adaptation Fleur de Sureau.

Huath, (HOO-ah)

Huath – Aubépine, épine blanche
La sixième lune

  • Place sur la main : première phalange du pouce
  • Couleur : couleur terrible (couleur des champs fraîchement labourés)
  • Pierre : lapis-lazuli
  • Oiseau : Hadaig – corbeau nocturne
  • Déesses : Cardéa, Flora, Hymen, sacré pour la reine du feu d’amour
  • Symboles : balai, fleurs, calice, chaudron
  • Planète : Vulcain, Pluton
  • Note musicale : g
  • Métaux : ceux forgés artisanalement dans le feu
  • Message : nettoyage, floraison
  • Mot ogham : terreur, désespoir, plus difficile de nuit, meute de loups
  • Fleurs de Bach : Crab Apple, pommier sauvage

« Je suis belle parmi les fleurs »

« La déesse m’a fait de fleurs »

« Je suis un adroit navigateur »

Now is the time of maying,
Beneath thy flowering tree,
I strip my bones with praying,
And yet thou wilt not see.
The sap of spring is leaping,
The love-dance takes the deer,
I cry thy name with weeping,
And yet thou wilt not hear.
Beneath thy scented blossom
The coney makes his cave,
The birds nest in thy branches,
But me thou wilt not save.
Yet when the branch is shaken
And summer’s pride is past,
Me, naked and forsaken,
Receive and love at last.
And when the autumn dapples
Thy gilded Heaven Tree,
Let fall thy golden apples,
Bow down thy breasts to me.

© Chris Robertson 1999

L’aubépine est également appelée épine blanche. Huath tire son nom du mois de mai. Elle est considérée par certains comme un arbre qui porte malchance. La déesse grecque Maïa, sous le nom de Cardéa, jette des sortilèges avec l’aubépine.

Dans la mythologie galloise, l’aubépine correspond à Yopaddaden Denhawr, le père d’Olwen (Trace-Blanche) ou la Déesse Blanche. En Irlande, celui qui abat une aubépine est sous la menace d’un grand péril. C’est l’arbre de la chasteté forcée. Les Turcs utilisaient les branches fleuries d’aubépine comme symboles érotiques. Pour les hommes, elles possèdent un puissant parfum de sexualité féminine.

L’aubépine est le premier des quatre arbres à esprits, car elle possède des épines pour attraper les esprits. Les « clooties » ou les tissus à esprits sont suspendus aux arbustes par déférence envers le monde des esprits. Les fleurs blanches sont prélevées afin d’en faire une couronne pour la Reine de Mai, la reine de féerie, qui régit le cycle de reproduction. Certains disent que l’aubépine de ne devrait pas être introduite dans une maison, car cela entraînerait la mort.

En Grèce et Rome antiques, l’aubépine était associée aux choses heureuses, aux doux vœux, au mariage et aux bébés. Dédiée à Hymen, le dieu du mariage, l’aubépine était utilisée comme un symbole d’espoir aux mariages en Grèce ; les suivantes de la mariée portaient les fleurs d’aubépine, tandis que la mariée portait un rameau entier. En outre, en Grèce et à Rome, les torches portées lors des cortèges nuptiaux étaient en bois d’aubépine. Les Romains mettaient des feuilles d’aubépine dans le berceau des nouveau-nés pour éloigner les mauvais esprits.

Dans l’Europe médiévale, l’aubépine possédait une image entièrement différente. Généralement perçue comme une plante portant malchance, on pensait qu’introduire ses branches dans une maison était un présage de mort pour l’un des membres du foyer. L’aubépine était également l’une des plantes favorites des sorcières et était particulièrement évitée lors de la nuit de Walpurgis, lorsque les sorcières se transforment en aubépine. Avec un peu d’imagination superstitieuse, les branches noueuses et épineuses de l’aubépine la nuit ressemblent probablement assez à une sorcière pour avoir instillé la peur chez les gens du moyen-âge.

Les Chinois vendent en magasin une confiture sous l’appellation Shan-cha-kao ou Shan-cha-ping.

L’aubépine est la plante d’après laquelle le Mayflower a été baptisé.

Propriétés magiques :

  • Planète : mars
  • Élément : feu
  • Déités : Cardéa, Flora, Hymen
  • Pouvoirs : fertilité, chasteté, magie de la pêche, joie, protège de la foudre.

L’aubépine est sacrée pour les fées.

(NdlT : notez que la version française diffère de l’originale, probablement est-ce une histoire d’éditions différentes, par exemple pour les déités, en français sont citées : « Athéna-Minerve, Hyménée, la nymphe Cardea ».)

L’aubépine suggère le nettoyage, le besoin de  se dépouiller de ce qui nous affaiblit, le besoin d’abnégation et de sacrifice de soi, ce qui entraînera à améliorer globalement notre vie. C’est une période d’activité mentale en prélude à la manifestation. Cela peut être une période d’isolement, mais de là naîtra la force nécessaire pour surmonter tout revers ou pour avancer dans le verdoiement de l’année. La difficulté de l’aubépine réside dans la tendance à foncer droit devant, à se précipiter. Il faut de la patience. C’est l’inaction volontaire qui mène à l’opportunité. Vous pourriez sans le savoir saboter vos propres efforts par manque d’estime de soi ou de confiance. Alors, prenez le temps de voyager intérieurement, à la recherche du soi et de la source de votre inspiration.

Informations botaniques

Il existe de nombreuses espèces d’aubépines en Europe et elles ne sont pas toujours faciles à distinguer. Toutes sont des arbustes épineux de la famille des roses et la plupart possèdent des fleurs blanchâtres ou rosâtres. L’aubépine commune (ndlt : crataegus oxyacantha) et l’aubépine à deux styles (ndlt : crataegus laevigata) sont largement répandues. On les trouve dans les champs abandonnés et en bordure de forêt. Toutes deux sont cultivées en Amérique du Nord, ainsi que plusieurs aubépines indigènes et asiatiques.

Pendant cette lune, Amergin chante : « Je suis la plus belle des fleurs » (ndlt : voir la traduction du combat des arbrisseaux de Guyonvarc’h dans « Les Druides« , page 272.) La fleur est la Jeune Fille de l’Été. Il s’agit bien sûr de la déesse qui prend forme au cours de la saison de Beltane. Nous avons vu comment, dans le monde des mythes, on lui a donné un corps fait de fleurs et nous y avons nous-mêmes contribué en créant ce corps rituellement au cours de notre propre travail. Notre Déesse qui était le Feu-dans-l’Eau, la créatrice virginale, est à présent transformée en Créatrice, en pleine floraison en tant que génitrice en puissance, sexuellement vivante prête à recevoir et embrasser l’union sexuelle. C’est la floraison de sa nature reproductive, le principe vital de sa plénitude.

Ce mois est le point culminant de l’année, la période tant attendue de l’accomplissement. C’est en quelque sorte notre voyage de noces avec nous-mêmes, car nous n’avons aucune obligation spirituelle en cette saison, si ce n’est de profiter de la puissance vivifiante de la plénitude de la lumière. La Terre revêt son plus bel aspect et notre contemplation d’une telle beauté nous renforce et nous inspire, en éveillant notre imagination. Nous avons seulement besoin d’être dans l’énergie qui nous satisfait si parfaitement et de nous en délecter. Au fur et à mesure que la lune croit, nous devenons plus conscients du beau et vert visage que revêt la Terre, les fleurs s’épanouissent et se déclinent en de nombreuses couleurs et nuances que leur permet la nature, nous rappelant la riche diversité de nos propres expériences. Lors de la pleine lune, toute cette beauté et cette fraîcheur se réunissent sous la forme de notre Jeune Fille aux Fleurs, une source de plaisir et notre capacité à s’immerger totalement dans la beauté qui nous entoure. Et à mesure que décroît la lune, notre plaisir perdurera tout au long de cette saison de luxuriance, dans un esprit de reconnaissance et d’Action de grâce.

I AM FAIR OF FLOWERS

I am fair of flowers, Blossoming today,
Scent of women’s sweetness, Sprig of magic May.
Snowdrop white in beauty, First of all the flowers, Winter cannot bow thee, Nor the darkness hours.
Sunlike shines the crocus
In the lengthening hours,
Wind and rain caress thee
Through the springtime showers.
Crimson bloom the roses Fragrant past belief,
Scent the summer breezes Bringing sweet relief
Fairest of all flower,
Crown our roundelay,
Scent of women’s sweetness, Spring of magic May.
On the earth, in the air, Through the fire, by the water, I am BEAUTY, the Hawthorn moon’s daughter.

©ChrisCarol1979

Cardéa

I feel your breath on my skin like the gentle wind blowing in my face as I open to you in the morning. I breathe your air, feeling it enter me, and it becomes our breath, sweet air – shared with all that is.

Je sens ton souffle sur ma peau, telle une douce brise sur mon visage, alors que je m’ouvre à toi le matin. J’inspire ton air, je le sens entrer en moi, et il devient notre souffle, air pur – partagé avec tout ce qui est.

Dew-fresh, I am called to gaze upon your beauty. I touch your sweet petals ; they unfold, soft as velvet to my touch and I am renewed by your awakening.

Fraîche-rosée, je suis appelée à contempler ta beauté. Je touche tes tendres pétales ; ils se déploient, aussi doux que le velours sous mes doigts, et je suis régénérée par ton éveil. 

Words come to me in gentle currents on the air as I breathe. Words that inspire, words that lift, words coming from my heart and my soul, sharing myself with You.

Les mots me viennent portés par les doux courants de l’air alors que je respire. Des mots qui inspirent, des mots qui élèvent, des mots provenant de mon cœur et de mon âme, partageant de moi-même avec toi.

Beautiful Cardea, Keeper of the Four Winds, you who lives behind the North Wind in the starry castle at the hinge of the universe, you who is Mistress of all Openings, I call to you ! I invite you to share this magical space with us !

Belle Cardéa, Gardienne des Quatre Vents, toi qui vis au-delà des Vents du Nord, dans le château d’étoiles à la charnière de l’univers, toi qui es la Maîtresse de toutes les Ouvertures, je t’appelle ! Je t’invite à partager cet espace magique avec nous !

Blessed be.

Sois bénie.

Ovide dit de Cardéa : « son pouvoir est d’ouvrir ce qui est fermé et de fermer ce qui est entrouvert. »

— Robert Graves, dans la Déesse Blanche.

La déesse romaine Cardéa était la gardienne des portes et avait un rameau d’aubépine pour principal emblème protecteur. Elle regarde dans le temps, à la fois dans l’avenir et le passé. Bienfaitrice des artisans, elle vit dans un château étoilé, à la charnière de l’univers, au-delà du vent du nord. Elle est la gardienne des Quatre Vents.

Elle est honorée lors de sa fête, Beltane, ainsi qu’au cours du mois de juin, connu comme la « charnière de l’année ». À l’origine, Cardéa était le gond sur laquelle tournait l’année. C’est-à-dire une déesse du passage des saisons. Faire de la balançoire faisait partie d’un rituel pour encourager la croissance des cultures. Les fermiers romains de l’antiquité suspendaient des boules, des masques et de petites représentations de figures humaines, appelées « oscilla », aux arbres ou sur les portes afin qu’ils se balancent dans le vent. Les enfants sautillaient, main dans la main, en balançant leurs bras et en entonnant des chansons d’été.

Cette charnière sur laquelle pivote l’année est l’étoile Polaire ; ainsi, elle était la gardienne des quatre vents. Le mot cardinal, qui signifie « très important », est lié à son nom, ainsi qu’au mot latin « cerdo », artisan, car elle est la bienfaitrice de tous les artisans.

Hymen

Presque toutes les parties des organes génitaux féminins ont été personnifiées sous l’aspect d’une déesse, tout comme les fluides qui leur sont associés. L’hymen ne fait pas exception, régit par une déesse éponyme, plus tard considérée comme une émanation d’Aphrodite. Elle portait une torche dans une main, une flûte dans l’autre, elle portait également une couronne de fleurs, symbole de connaissance de sa sexualité et de maturité sexuelle. Hymen est le mot grec pour voile, le même que pour « nul homme ne le déchire », parmi les Déesses amazones Athéna, Médusa et Neith.

Le sang menstruel était le sang originel, versé lors de la lune de miel, une fois par mois. La connexion entre les abeilles, la fertilité et la sexualité commence ici. Les Grecs appellent les abeilles « hymenoptera », voile ailé.

Aphrodite était représentée par un nid-d’abeilles à Eryx en Sicile, et les prêtresses étaient appelées Melissae.

Elles présidaient aux rituels sexuels et funéraires, en utilisant du miel et de la cire pour l’embaumement, avant l’enterrement dans les catacombes et les tertres en forme de ruche (voir Ura, la bruyère – ndlt : chapitre pas encore traduit.)

Le pouvoir et la sainteté du sang menstruel « miel de lune » étaient consacrés dans les mythes olympiens, car tout serment était prêté devant la Déesse Styx, régente et personnification du flux menstruel de Gaea (Gaïa). Ambroise et nectar étaient à l’origine un mélange de miel et de fluide menstruel fourni par Aphrodite et/ou Héra. Bien après qu’Hymen fut « masculinisée », dans le contexte d’une révision profondément ridicule, la Déesse était invoquée par cet appel « O Hymen, Hyménée ! », entonné exclusivement par des femmes.

Corbeau nocturne (Night Crow)

(Ndlt : Bendis nous parle de night crow, d’autres sources traduisent « hadaig » par night raven.

Si nous voulons être rigoureux, le mot crow devrait se traduire par corneille et raven par corbeau. Toutefois dans le langage courant, en français comme en anglais, nous avons tendance à les utiliser comme des synonymes, voir ce document. Ce sont pourtant des oiseaux distincts.

Notez également que dans la traduction française de la Déesse Blanche de Robert Graves, « night-crow » devient engoulevent. Le traducteur était tout à fait sobre, je vous rassure, car le caprimulgus europaeus porte le nom anglais de night-crow ou encore night-raven. 

Cependant, que signifie vraiment hadaig en moyen irlandais ? Cela reste assez trouble, car il n’existerait pas de mot commençant par h et il faudrait plutôt lire h’adaig… Si j’arrive à trouver des ressources fiables, il pourrait être intéressant d’écrire un petit article sur ce sujet. À suivre !)

Parmi les animaux, les corbeaux sont des célébrités locales. Communs, ce qui n’enlève rien à leur beauté ; joueurs, mais pourtant menaçants, charognards, étonnamment intelligents, calmes et mystérieusement calculateurs à certains moments, très bruyants à d’autres. Ils oscillent d’une qualité à une autre de telle manière que les gens pourraient s’identifier facilement à eux.

On dit que les corbeaux possèdent un esprit suffisamment vif pour savoir ce que vous êtes en train de faire. Essayez de vous approcher d’eux avec une arme à feu et vous ne serez jamais assez près pour les toucher. Ils vous aperçoivent au loin ou un soupçon de vent se lève et ils sont déjà partis. D’un autre côté, passez sous leur domination, désarmé, et ils s’installeront sur une branche en hauteur pour se moquer bruyamment de vous. Ils savent faire la différence. Les corbeaux peuvent imiter la voix humaine.

Le fort symbolisme du corbeau existe depuis longtemps dans l’esprit des gens. Son plumage noir suggère la nuit, l’obscurité et le mystère, mais parce que c’est une créature de l’air, elle en est également venue à symboliser la créativité et l’inspiration divine (l’air étant inséparable des cieux et de la croyance en des pouvoirs supérieurs.)

Compte tenu de tout ceci, il est facile de comprendre pourquoi les anciens bardes celtiques voyaient le corbeau comme une sorte de muse. À travers le corbeau, nous trouvons les juxtapositions de forces de type Yin-Yang : la lumière dans l’obscurité et l’obscurité dans la lumière.

Les gens de féerie pouvaient apparaître sous l’aspect d’une corneille ou d’un corbeau. Parfois même, l’une des anciennes déesses pouvait revêtir une telle forme. On le retrouve de nos jours dans les contes de fées, mais cela faisait autrefois partie d’un système mythique manifeste, entendu comme nous le faisons aujourd’hui avec le nôtre.

Pour les Grecs de l’Antiquité et d’autres peuples européens, les corbeaux étaient des augures : ils étaient consultés pour deviner des événements futurs et lointains. Le croassement d’un corbeau n’était pas quelque chose que vous pouviez ignorer à la légère, représentant un puissant signal dans le système de croyances de ces cultures.

Parce que les corneilles et les corbeaux ont une longue vie, les Grecs les associaient au temps, et leur « père du temps » s’appelait Cronos. Les racines des mots temps et corbeau sont intimement liées.

Les corbeaux étaient également intimement associés au dieu celtique corbeau, Bran, ainsi qu’aux types de divinités indo-européennes Odin/Wotan/Thor — Zeus/Apollon/Hercule. Ici, ils ont endossé le sage rôle d’espions, de messagers et de confidents. Certains disent que les corbeaux de la tour de Londres sont les descendants des corbeaux qui gardèrent la tête de Bran au même endroit dans les temps anciens.

Les corneilles et les corbeaux ont acquis une réputation louche, notamment à cause de leur association aux déesses celtiques de la guerre et de la fertilité, que les convertis au christianisme considéraient comme de la sorcellerie et du paganisme malsains.

Tout ceci se mélangea jadis. Les traditions restent mêlées, mais à présent, on s’en souvient peu : des relents, des impressions qui persistent sur les rives de la mémoire humaine. Des choses qui ne conviennent plus qu’aux livres pour enfants.

Divers peuples autochtones d’Amérique du Nord ont considéré le corbeau comme un grand civilisateur, le messager de forces créatives et positives. Mais il peut également être un trickster. L’intelligence malicieuse du corbeau peut être utilisée pour aider les nécessiteux ou pour châtier les méchants. De même, les Chinois ont considéré le corbeau comme un puissant représentant des forces Yang que sont la créativité ou l’action dynamique (en tant qu’opposées à la réceptivité et au calme – Yin.)

En quel lieu sombre et mystérieux puise l’imagination humaine ? Le corbeau et la corneille le savent. De cet endroit ombreux jaillit l’étincelle rayonnante de la créativité, sous forme d’une nouvelle idée ou image.

Et c’est essentiellement, une chose magique.

L’ombre du Corbeau Nocturne tombe sur les champs, à la terrible couleur, nouvellement labourés. Il nous est demandé d’apprendre du Corbeau Nocturne afin de voyager seul en cette lune, sous le couvert de la nuit, en fouillant l’âme et en découvrant, par ce qui nous est révélé dans cette recherche, les leçons de la nouveauté solitaire.

Lapis-lazuli

Le lapis-lazuli a la réputation d’améliorer notre capacité à communiquer. Ses énergies subtiles amplifient nos talents naturels d’orateur et leur permettent de se développer.

Les énergies du lapis-lazuli peuvent amplifier nos capacités mentales. On dit qu’il aide à filtrer les distractions qui peuvent vous empêcher de rester concentré. Il peut également vous aider à harmoniser corps et esprit, ce qui a pour effet de trouver un meilleur équilibre.

Le lapis-lazuli peut aussi vous aider à atteindre l’illumination spirituelle. En calmant l’esprit et en apaisant le corps, il vous permet d’être davantage ouvert aux messages subtils du monde de l’esprit. Le lapis-lazuli peut également vous aider à comprendre comment mettre en pratique ces leçons spirituelles dans votre vie.

Le lapis-lazuli peut vous aider à voir les aspects positifs de situations négatives. Il vous aidera à vous libérer de vos peurs, en vous appuyant sur les expériences passées et en vous ouvrant à une vie plus riche et pleine de sens. On dit qu’il libère des schémas karmiques négatifs.

Lors de méditations, les énergies apaisantes du lapis-lazuli vous aideront à entrer plus facilement en état méditatif. Il est également utilisé pour faciliter la projection astrale.

Le lapis-lazuli est bénéfique pour le système respiratoire, en particulier les poumons et la gorge, ainsi que le système nerveux et les organes filtrants. On dit aussi qu’il est bénéfique pour sa capacité à purifier le sang et à booster le système immunitaire. Il peut aider à éliminer les problèmes associés à la thyroïde et au système osseux.

Les arbres à fées

Par Katharine Briggs, extrait de : « A dictionary of fairies ». Traduction & adaptation Fleur de Sureau.

Depuis des temps très anciens, presque tous les arbres sont associés au sacré. Bien que certains soient plus sacrés que d’autres. Il y a la trilogie magique du chêne, du frêne et de l’épine. Il y a les arbres fruitiers, en particulier le pommier et le noisetier ; il y a le sorbier, le houx et le saule, le sureau et l’aulne. Certains arbres semblent être considérés comme possédant une personnalité qui leur est propre et certains sont plus spécifiquement des repaires de fées ou d’esprits.

Comme arbre sacré, la plupart des gens penseront d’abord au chêne, vénéré par les druides, et il est certainement assez fort pour le rester de son propre chef, bien que tout le monde connaisse le couplet :

Fairy folks
Are in old oaks,

Le peuple féerique
Se trouve dans les chênes antiques,

Et de nombreux bosquets de chênes seraient hantés par les sinistres oakmen (hommes-chênes). L’aubépine possède certaines qualités qui lui sont propres, mais elle est principalement considérée comme un arbre sacré pour les fées ou hanté par elles. C’est particulièrement le cas des aubépines solitaires qui poussent près des collines des fées ou qui constituent un cercle de trois spécimens ou plus. On supposait que la blanche mai en fleur apporter la mort dans la maison et bien qu’on la cueillait le matin de Mai, elle était suspendue à l’extérieur.

Ruth Tongue a collecté une chanson folklorique du Somerset dont le refrain illustre la croyance populaire à propos d’arbres très différents :

Ellum do grieve.
Oak he do hate.
Willow do walk
If you travels late.

L’orme se désole.
Le chêne haït.
Le saule marche
Si vous voyagez tard.

Peut-être à cause de la vulnérabilité des ormes aux maladies, on pensait que si l’on abattait un orme, son voisin dépérirait et mourrait en sympathie. En revanche, les chênes, dont le statut était autrefois divin, éprouvaient un amer ressentiment lorsqu’ils étaient coupés et un bosquet de chênes qui jaillissait des racines d’une forêt de chênes abattue était malveillant. Et il était dangereux de le traverser la nuit, et plus spécialement s’il s’agissait d’un bois où poussaient des jacinthes sauvages. Les saules étaient même plus sinistres encore, car ils avaient l’habitude de se déraciner lors de nuit noire et de suivre le voyageur solitaire en marmonnant. Tolkien est fidèle à la tradition populaire quand il évoque le comportement ogresque du Vieil Homme Saule.

Wood-Martin, dans son livre « Traces of the Elder Faiths of Ireland », consacre une certaine attention aux croyances liées aux arbres. Par exemple, à propos du frêne sacré, il en mentionne un dans la paroisse de Clenor, Comté de Cork, dont les branches n’ont jamais été coupées, bien que le bois de chauffage soit rare alentours, et un autre à Borrisokane, « the old Bell Tree », sacré pour les rites du 1er Mai, pour lequel on croyait que si un homme en brûlait même un fragment dans son foyer, sa maison entière serait réduite en cendres. Le propriétaire d’un cottage s’est attiré pareil destin lorsqu’il essaya de couper la branche d’un sureau sacré surplombant le puits d’un saint. Il s’y essaya trois fois ; par deux fois, il s’arrêta parce que sa maison semblait être en feu, mais il s’agissait d’une fausse alerte. La troisième fois, il décida de ne pas se laisser berner par les apparences et il emporta la branche dans son cottage, pour le retrouver entièrement brûlé. Il avait reçu des avertissements.

Il existe deux points de vue à propos du sureau. Il fut un arbre sacré, comme nous pouvons le voir à travers la « Vieille Mère Sureau » d’Hans Andersen. Dans le Lincolnshire également, on jugeait nécessaire de demander la permission à l’arbre avant d’en couper une branche.

La formule était la suivante :

« Owd Gal, give me of thy wood, an Oi will give some of moine, when I graws inter a tree »

« Vieille fille, donne-moi de ton bois, et je te donnerai du mien quand je serai un arbre. »

(County Folk-Lore vol. V, p. 21).

Ses fleurs et ses fruits étaient très appréciés pour le vin, l’arbre était un abri contre les mouches et l’on disait aussi que les bonnes fées y trouvaient une protection contre les sorcières et les mauvais esprits.

D’un autre côté, dans l’Oxfordshire et les Midlands, de nombreux sureaux étaient fortement suspectés d’être des sorcières transformées, et ils étaient supposés saigner si on les coupait. La sorcière des Rollright Stones prenait la forme d’un sureau selon la légende populaire.

D. A. Mac Manus, dans « The Middle Kingdom: an explanation of comparatively modern fairy beliefs in Ireland », consacre un chapitre aux arbres à fées et donne de nombreux exemples de jugements qui s’abattent sur les gens qui ont détruit des arbres épineux sacrés. Il croit que certains arbres sont hantés par les fées et d’autres par des démons, et donne un exemple d’un groupe de trois arbres proches les uns des autres, deux épineux et un sureau, qui était hanté par trois mauvais esprits. Il dit que lorsqu’un chêne, un frêne et une épine poussent les uns rapprochés des autres, un rameau prélevé sur chacun que l’on nouait tous trois entre eux par un fil rouge étaient considérées comme une protection contre les esprits de la nuit. En Angleterre, le frêne était une protection contre les esprits malicieux, mais en Écosse, le sorbier des oiseleurs était encore plus puissant, probablement du fait de ses baies rouges :

Rowan, lammer (amber) and red threid
Pits witches to their speed,

Sorbier, ambre et fil rouge,
Mettez les sorcières en fuite,

Comme le disait le vieil adage. Rouge a toujours été une couleur vitale et victorieuse. Un houx porteur de baies était une puissance bénéfique. D’un autre côté, un houx stérile (c’est-à-dire le houx qui porte les fleurs mâles) était considéré comme malveillant et dangereux.

Deux arbres fruitiers, le pommier et le noisetier, possédaient des qualités spécialement magiques. Les noisettes constituaient la source de la sagesse, ainsi que de la fertilité, et les pommes celle du pouvoir et de la jeunesse. Un danger était inhérent à chacun d’eux. Un « ymp-tree » (c’est-à-dire un pommier greffé) résidait sous l’influence du peuple féerique et un homme qui s’endormait sous celui-ci leur était assujetti, comme le découvrit Sir Lancelot qui fut emporté par des fées. Un destin quelque peu similaire frappa la Reine Meroudys dans le poème médiéval du Roi Orfeo.

Les pouvoirs de fertilité des arbres porteurs de fruits à coque pouvaient être exagérés et le Diable était censé se trouver dehors, dans les bois, à l’époque de la cueillette des noix et des noisettes ; « so many cratches, so many cradles » (ndlt : « tant de noix/noisettes, tant de berceaux », le terme « cratch-cradle » désigne une mangeoire, une crèche, cratch désigne également le meuble/le panier où est stocké la nourriture dans la maison) dit l’adage du Somerset, cité par Ruth Tongue dans « County Folklore » (vol. VIII).

D’autre part, les noisettes mangées par une truite ou un saumon donnaient à leur chair le pouvoir de transmettre la sagesse dès le premier contact. C’est ainsi que Finn obtint sa dent de sagesse (ndlt : « Finn Mac Cumaill, élève d’un poète ou file, était occupé un jour à faire rôtir un saumon pour le compte de son maître. Mais il se brûla en tournant la broche et il porta le doigt à sa bouche. Il fut aussitôt rempli de la science universelle et eut une dent prophétique : il lui suffisait de placer son pouce sous sa dent de sagesse et de le mâcher pour être doué de prophétie. »)

Mac Manus fait mention d’autres arbres à fées, le pin sylvestre, le bouleau, le prunellier et le genêt, bien que ce dernier soit un arbuste plutôt qu’un arbre. Le hêtre est un arbre saint, sans lien avec les fées. On dit que les prières prononcées en dessous montent droit aux cieux. Autrement, il est difficile de penser à un arbre qui ne possède pas de connexion avec les fées.

[Motifs : A2766.1 ; D950.2 ; D950.6 ; D950.10 ; D950.13 ; D1385.2.5]

Illustrations d’en-tête par Brian Froud. Illustration suivante : Arthur Rackham.

Tradition Faerie Faith : Comprendre les « Arbres », l’Aubépine

Extrait de la thèse : The Faerie Faith and the Beth-Luis-Nion Celtic Lunar Tree Calendar par James Clifford Landis. Traduction et adaptation : Fleur de Sureau.

L’aubépine

L’aubépine est le sixième arbre de l’année. Son nom gaélique est huath (prononcé « Hoh’ uh »).

Le glyphe pour l’aubépine est : « Je suis belle parmi les fleurs. « 

  • Utilisations de la plante et folklore

Margaret Grieve décrit l’aubépine comme un « cardiaque, diurétique, astringent [et] un tonique. Principalement utilisée comme un tonique cardiaque pour les troubles cardiaques organiques et fonctionnels. » (385).

L’aubépine est entourée de mythes. Dans de nombreuses régions, elle est considérée comme l’une des plantes qui portent le plus malchance, capable de provoquer la mort et de graves maladies si on la cueille ou on en ramène à la maison. Certains disent que cette plante porte malchance parce qu’elle a été utilisée pour fabriquer la couronne d’épines du Christ. D’autres croient que cette superstition tire son origine « du malchanceux mois de mai » (la période pendant laquelle les aubépines sont en fleur). D’autres encore supposent que la superstition vient de la célébration préchrétienne de la fête de Mai durant laquelle la Reine de Mai était couronnée avec la plante avant d’être rituellement sacrifiée. (Vickery 166-68).

À Chiswick, la plante était même connue sous le nom de « mother-die » (ndlt : mother = mère, die = mourir… « morte-mère ») du fait qu’elle porte malchance. On estime que ses fleurs sentent la mort. Ceci est dû au fait que « la triméthylamine, un des premiers composés organiques à se former lorsque les tissus animaux commencent à se décomposer, est présente dans les fleurs d’aubépine » (Vickery 169).

L’aubépine et le 1er mai sont également liés à l’amour charnel. La fête de mai était la célébration de Beltane, la période pendant laquelle le Dieu soleil païen fait l’amour à la Déesse Lune. « C’est une plante que l’on ne fait pas entrer à la maison, associée à l’amour libre dans les champs, plutôt qu’à l’amour dans le lit conjugal » (Vickery 168).

  • Mythologie et symboles

Dans la Rome Antique, mai était l’époque pendant laquelle le temple de Vesta (la Déesse du Mariage) était balayé et nettoyé. Pour cette raison, aucun mariage ne pouvait avoir lieu pendant ce mois. Foyers et maisons du peuple n’étaient pas des lieux sûrs lorsque la maison de la Déesse était en effervescence. Le peuple ne pouvait porter de vêtements neufs et la chasteté était de rigueur parmi les couples (Graves 174).

Les Mabinogion, un recueil de récits gallois anciens, narrent l’histoire de « Culhwch et Olwen. » Dans ce récit, l’aubépine apparaît sous l’aspect du Chef des Géants, Yspaddaden Penkawr, le père d’Olwen. Le jeune Culhwch a juré de prendre pour épouse Olwen, mais le chef des géants exige une dot de 13 trésors, chacun représentant un défi de taille (Jones 85-121). L’aubépine ne veut apparemment pas que le mariage ait lieu de son temps. Pourtant, il existe un autre aspect au mois de mai, plus obscur. « La référence à l’épine blanche en matière d’ascèse […] doit cependant être distinguée de son usage orgiaque plus récent correspondant au culte de la déesse Flora » (Graves 176).

Nous connaissons cela à travers les célébrations du jour de mai, au cours desquelles les fleurs d’aubépine étaient cueillies et les gens dansaient autour du mât de mai. Ces festivités débordaient souvent d’érotisme, comme l’explique Robert Graves,  » Pour beaucoup d’hommes, la fleur d’aubépin exhale un fort parfum de sexe féminin, ce pour quoi les Turcs utilisent les branches d’aubépines en fleurs comme symboles érotiques. » (176).

  • Energies

L’aubépine est une période de nettoyage et de purification (si utilisée correctement). Les puissantes énergies sexuelles de la lune de l’aubépine peuvent être dangereuses utiliser de manière indécente.

« Beaucoup de gens se sentent en « rut » juste à cette période, mais au lieu de vous ruer dans les bois et d’avoir beaucoup de rapports, vous devriez vous réfréner et recanaliser ces énergies pour développer votre maturité spirituelle et émotionnelle. L’aubépine est la lune de la purification  et des utilisations créatives (plutôt qu’au sens de fertiles) des énergies sexuelles. Ce n’est pas la période de l’activité sexuelle effrénée. Les gens sont beaucoup plus sensibles et vulnérables, et peuvent pâtir de luxure déplacée. Faites l’expérience de l’amour à la place. Résistez maintenant, attendez le solstice d’été. C’est la période de consommation, physiquement et autrement. Utilisez cette période pour nourrir vos sentiments intimes. L’aubépine guérit le cœur, littéralement – il est employé comme médicament pour le cœur. » (Kerr, « Lunar »)

Le glyphe, « Je suis belle parmi les fleurs », parle de Flora. C’est une période de forte pulsion sexuelle. L’étudiante doit veiller à utiliser ces énergies de façon positive et saine.

L’autre glyphe de l’aubépine est « Je suis la gardienne des frontières, la nuit je vole seule. »

Ce glyphe parle de Vesta, la chaste Déesse. Il est conseiller à l’étudiante de s’abstenir non seulement de relations sexuelles, mais aussi de trop de contacts humains. Vesta exhorte l’étudiante à protéger ses frontières lorsque les autres perdent les pédales.

Energies des Arbres Lunaires : le chêne

Par Linda Kerr, extrait du site faeriefaith.net. Traduction & adaptation Fleur de Sureau.

Chêne

La septième lune

  • Glyphe – « Je suis un dieu qui met le feu à la tête avec de la fumée. »
  • Oiseau :  roitelet.
  • Couleur : le noir.
  • Jour : jeudi.
  • Guérison : nettoyage et force, problèmes de saignement
  • Mystères : création/destruction, divination, extase de la victoire/du changement, besoin de racines, volonté de changement.

Le calendrier lunaire celtique des arbres se compose de 13 lunaisons, du Bouleau jusqu’au Sureau. L’année lunaire est divisée en deux moitiés : Bouleau-Chêne et Houx-Sureau. Duir est le mot gaélique pour Chêne, qui désigne une « porte ». Le Chêne, c’est aussi les gonds sur lesquels la porte de l’année pivote. Par conséquent, nous nous tenons à la porte de l’autre moitié de l’année (d’un côté se trouve le passé et de l’autre s’étend l’avenir.)

Toutes vos expériences des six dernières lunes vont prendre tout leur sens à présent.

Si vous avez bien appris vos leçons, en commençant par la première et la plus élémentaire, sensibilité, compassion, conscience et communication, et que vous avez trouvé l’équilibre, vous ferez l’expérience de la victoire de cette période de l’année. Si vous avez bien semé vos « graines » durant la lune du Sorbier, que vous les avez arrosées et nourries, vous en récolterez les bénéfices.

Toutefois, si vous n’avez pas prêté attention à ces leçons, vous pourriez vivre une période très difficile maintenant. D’une façon ou d’une autre, vous allez passer à l’autre moitié de l’année, que ce soit avec grâce, victorieusement ou contraint et forcé. C’est votre choix et c’est maintenant votre dernière chance d’utiliser les énergies yang de la saison pour tout remettre en ordre.

Le Chêne est connu comme l’arbre de la force et de l’endurance, ainsi que pour sa capacité à attirer le feu sous la forme de foudre (le Solstice d’Été se produit habituellement durant le mois du Chêne). Il existe un dicton pour cette lune : « Si tes racines sont aussi profondes que tes branches sont élevées, tente la foudre. » Ceci évoque l’épreuve par le feu qui peut, soit vous détruire, soit vous tempérer.

Le chêne nous parle de tournoiement sans déplacement, de roue qui tourne sur son axe. A ce moment-ci, nous sommes immobiles alors que tout bouge autour de nous. C’est une bonne période pour revenir sur le passé, pour rassembler les choses, car lorsque nous franchissons la porte pour entrer dans la seconde moitié de l’année, nous passerons effectivement par le feu du Solstice d’Été.

  • Énergies négatives du Chêne : Extase, mais incapacité à ralentir et à apprécier les choses. Surmenage, situations très stressantes, ne pas demander l’aide d’autrui, rigidité dans nos points de vue, découragement, désespoir, mais continuer le combat. Effort incessant, grande force, mais possibilité de rester bloqué dans une impasse. Incertitudes à propos du passé et de l’avenir.
  • Pour surmonter ces énergies négatives : prendre une baguette de l’arbre. Essence de Bach possible pour le chêne : Oak.

H pour Uath [La Déesse Blanche]

Extrait du livre « Les mythes celtes, la Déesse Blanche » par Robert Graves

Le sixième arbre est l’aubépin ou épine blanche de mai qui emprunte une partie de son nom au mois de mai. On le considère en général comme un arbre maléfique et le nom sous lequel il apparaît dans les lois irlandaises de Brehon, sceith, semble appartenir à la même famille que la racine indo-germanique sceath ou scèth signifiant « nuisance » dont provient l’anglais scathe et le grec a-scethe, « sans dommage, sain et sauf ». Dans l’ancienne Grèce, comme en Grande-Bretagne, pendant ce mois- les gens se promenaient en vieux vêtements (coutume à laquelle fait allusion ce proverbe « en avril, ne te découvre par d’un fil » signifiant : « ne porte pas de vêtements nouveaux tant que le mois maléfique n’est pas terminé » ; et il ne faut pas croire que cela fasse référence au climat variable anglais, car le proverbe a cours également dans le Nord de l’Espagne où, généralement, Pâques amène le beau temps. On doit également s’abstenir de rapports sexuels, coutume justifiant que mai passe pour ne pas porter chance aux mariages. En Grèce et à Rome, c’était en mai que l’on nettoyait les temples et qu’on lavait les images des dieux : c’était le mois de préparation à la fête solsticiale. Bien que la poésie anglaise la décrive comme toujours jeune et belle, la déesse grecque Maïa tirait son nom de maia, « grand-mère ». Il s’agissait d’une vieille malfaisante dont le fil Hermès conduisait les âmes aux Enfers. C’était bien la Déesse Blanche qui, sous le nom de Cardéa, comme il a été expliqué, jetait des charmes par le truchement de l’aubépin. Avant que ne commence ce mois malchanceux, les Grecs allumaient cinq torches d’aubépin et de fleurs d’aubépine pour se la rendre propice lors des mariages célébrés à ce moment de l’année, car on pensait qu’ils déplaisaient à la déesse.

Dans ses Questions romaines, Plutarque pose la question : « Pourquoi les Romains ne se marient-ils pas au mois de mai ?  » et il propose la réponse correcte : « La raison n’en serait-elle pas qu’on célèbre en ce mois les plus grandes cérémonies de purification ? » Il explique que c’était le mois au cours duquel on lançait au fleuve des mannequins appelés argeioi, « les hommes blancs » comme s’il s’agissait d’une offrande à Saturne. Dans ses Fastes, Ovide parle d’un oracle que lui avait donné une prêtresse de Jupiter au sujet du mariage de sa fille : « jusqu’aux ides de juin (milieu du mois), il n’y aura pas de chance pour les épousées ni pour leurs maris. Jusqu’à ce que les ordures du temple de Vesta aient été charriées à la mer par le Tibre jaune, je ne dois pas peigner mes boucles, que j’ai d’ailleurs coupées en signe d’affliction, ni tailler mes ongles, ni cohabiter avec mon mari bien qu’il soit le prêtre de Jupiter. Ne sois donc pas pressé. Ta fille rencontrera une meilleure chance en mariage quand le feu de Vesta brûlera dans un foyer purifié ». Les jours malchanceux se terminaient le 15 juin. En Grèce, le mois malheureux commençait et finissait un petit peu plus tôt. D’après Sozomen de Gaza, un historien ecclésiastique du Ve siècle, la fête du térébinthe à Hébron était célébrée à la même époque et avec les mêmes tabous sur les vêtements neufs et la sexualité et dans le même but : le nettoyage et la purification des images saintes.

Dans la mythologie galloise, l’aubépin apparaît comme le chef malfaisant des géants. C’est Yspaddaden Penkawr, le père d’Olwen (« Celle à la Trace Blanche »), autre nom de la Déesse Blanche. Dans l’Histoire de Kilhwych et Olwen (Kylhwych avait été ainsi appelé parce qu’il avait été trouvé dans la soue d’un pourceau), le géant Aubépin dispose tous les obstacles possibles à la réalisation du mariage de Kilhwych avec Olwen et exige une dot de treize trésors, tous apparemment impossibles à se procurer. Le géant vivait dans un château gardé par neuf portiers et neuf chiens de garde, preuve de la force du tabou contre le mariage pendant le mois de l’aubépin.

En Irlande, la destruction d’un aubépin vénérable s’accompagnait des plus grands dangers. Deux exemples du XIXe siècle sont cités dans le Folklore des îles Britanniques d’E. M. Hull. L’effet en est la mort du troupeau du coupable, celle de ses enfants et la perte de tout son argent. Dans son étude bien documentée, les Arbres Epineux Historiques des îles Britanniques, M. Vaughan Cornish parle d’aubépins sacrés poussant au-dessus de puits dans les provinces gaéliques. Il cite le cas de « l’aubépin de saint Patrick » à Tin’ahely, dans le comté de Wicklow : « Les fidèles s’assemblèrent le 4 mai, des cercles furent dûment exécutés tout autour du puits et l’on arracha les lambeaux aux vêtements pour les suspendre à l’épineux. » Il ajoute : « ceci se passa le jour de la sainte Monique, mais je ne sais pas s’il faut y voir une relation ». Certainement si : puisque la sainte Monique, nouveau calendrier, correspond au 15 mai, ancien calendrier, et qu’il s’agissait d’une cérémonie en l’honneur du mois de l’aubépin qui venait juste de commencer. Les morceaux étaient arrachés des vêtements en signe de deuil et offerts en gage de propitiation.

L’aubépin est donc l’arbre de la chasteté exagérée. Le mois commence le 13 mai, quand fleurit la première aubépine, et finit le 9 juin. La référence à l’épine blanche en matière d’ascèse, correspondant au culte de la déesse Cardéa, doit cependant être distinguée de son usage orgiaque plus récent correspondant au culte de la déesse Flora et en rapport avec la coutume anglaise médiévale de sortir à cheval au matin du 1er mai pour cueillir des branches d’aubépine en fleurs et pour aller danser autour des arbres de mai. Pour beaucoup d’hommes, la fleur d’aubépin exhale un fort parfum de sexe féminin ce pour quoi les Turcs utilisent les branches d’aubépines en fleurs comme symboles érotiques. Mr Cornish démontre que ce culte de Flora fut introduit dans les îles Britanniques à la fin du Ier siècle av. J.-C. par les seconds envahisseurs belges et, qu’en outre, l’aubépin de Glastonbury, qui fleurissait l’ancien jour de Noël (5 janvier du nouveau calendrier) et qui fut coupé par les Puritains à la Révolution, était un sport d’aubépin commun. Les moines de Glastonbury l’avaient choyé et lui avaient octroyé la sainteté en improvisant un conte sur le bâton de Joseph d’Arimathie et la couronne d’épines en vue de décourager l’usage orgiaque de l’aubépine qui n’apparaît pas normalement avant le 1er mai de l’ancien calendrier.

Il est vraisemblable que l’antique buisson qui avait poussé là où fut élevée ensuite la cathédrale de Saint-David était un aubépin orgiaque, car cela correspondait à la légende de la mystérieuse naissance de saint David.