Tradition Faerie Faith : Comprendre les « Arbres », le Saule

Extrait de la thèse : The Faerie Faith and the Beth-Luis-Nion Celtic Lunar Tree Calendar par James Clifford Landis. Traduction : Fleur de Sureau. Pour revenir au menu, c’est ici.

Le saule correspond à la cinquième lune de l’année. Son nom gaélique est Saille (prononcé à l’anglaise « Sahl’ yeh »).

Le glyphe pour le saule est « Je suis un faucon sur la falaise. »

  • Utilisations de la plante et folklore

En 1827*, un chimiste français a isolé le principe actif de la reine-des-prés que l’on a découvert plus tard dans la sève et l’écorce du saule et à qui l’on a donné le nom de salicine. Puis on obtint l’acide salicylique et finalement, à la fin du XIXe siècle, l’acide acétylsalicylique, qui est plus communément appelé aspirine analgésique. » (Vickery 401.)

Cependant, avant l’apparition de l’aspirine, le saule était généralement connu pour soulager les maux d’oreilles, les maux de tête et les maux de dents. Soit en préparant une décoction à partir de l’écorce et de la sève, soit en mâchant de jeunes rameaux de saule (Vickery 401).

Le folklore a longtemps associé le saule à la tristesse et au deuil. Le psaume 137 évoque les israélites qui suspendent leurs harpes aux saules sur les rives qui bordent les fleuves de Babylone, alors qu’ils pleurent Sion. Plus tard, porter du saule au chapeau signalait le chagrin de l’amoureux éconduit. Au XIXe siècle, le saule pleureur était représenté sur les pierres tombales et les faire-part de deuil (Vickery 400).

  • Mythologie et symboles

Plus que n’importe quel autre arbre, le saule est décrit comme sacré pour la Déesse et pour ses adoratrices, les sorcières. De nombreuses représentations de la Déesse sous l’aspect de la mort ou de « crones » portent le saule sacré. Les mots « witch » (sorcière en anglais), « wicked » (malfaisant) et « wicker » (osier) découlent de la racine indo-européenne (weik) pour willow (saule). Les sorcières vénèrent la Déesse Lune, et « le saule lui est consacré pour de nombreuses raisons ; c’est l’arbre qui affectionne le plus l’eau, or la déesse de la Lune passe généralement pour la dispensatrice de la rosée et de l’humidité » (Graves 173). Le saule (helice en grec, salis : en latin) donna son nom à Hélicon, le séjour des Muses.

Le « balai de sorcière » dans la campagne anglaise est encore composé d’un manche de frêne et de petites branches de bouleau liées par de l’osier : les branches de bouleau pour qu’à l’expulsion des mauvais esprits il n’y en ait pas à demeurer empêtrées dans le balai et le manche de frêne en guise de protection contre la noyade […] les ligatures sont en osier en l’honneur d’Hécate.  (173)

Il semble même que porter du saule au chapeau comme signe de rejet était une mesure de protection envers la jalouse déesse Lune.

  • Energies

La fête de Mai (Beltane) tombe pendant ou peu de temps après la lune du saule, et avec elle les leçons de mort et renaissance de l’Homme d’Osier (Wicker Man) et du Roi Sacrificiel. C’est seulement à travers le sacrifice et la mort que nous pouvons espérer une vie à venir. Nous devons sacrifier plantes et animaux pour survivre. Nous devons abattre des arbres pour construire des maisons. La Nature se sacrifie encore et encore pour assurer notre avenir, nous ses enfants. Et par conséquent, nous devons être semblables au « faucon sur la falaise », nous devons être conscients de notre environnement. Ainsi que de la façon dont nous affectons les autres.

C’est une période de choix. Au cours de la lune du saule, les gens veulent souvent abandonner leurs projets qu’ils ont élaboré et en démarrer de nouveaux. Mais l’étudiante doit être capable regarder dans l’avenir aussi bien que dans le passé, pour décider si le présent est le moment approprié pour prendre son « envol ». Elle doit avoir une vision claire, afin de discerner si c’est le bon moment. Cependant, si les gens se voient refuser l’opportunité de « s’envoler » à ce stade, du ressentiment peut émerger.

Ce ressentiment peut être éprouvé suite à une épreuve douloureuse, une injustice, un amour contrarié, la violation de limites, face à la colère. Pourtant, le plus souvent au cours de ce mois, nous éprouvons du ressentiment pour aucune raison apparente ou une quelconque provocation. (Kerr, « Lunaires »).

L’étudiante doit se souvenir des leçons du Bouleau et être consciente d’elle-même et de ce qui l’entoure, pour s’assurer de prendre la bonne décision.

* Ndlt : si le sujet vous intéresse, vous pouvez lire l’article « Du saule à l’aspirine« , qui fournit des dates et autres infos plus justes et précises.

Religion des Celtes

Extrait du Dictionnaires des Religions, Mircea Eliade et Ioan P. Couliano. Plon, 1990.

Religion des Celtes

  • Population et langue.

Les Celtes apparaissent dans l’histoire au Ve siècle AEC et s’installent sur une aire qui va de la presqu’île Ibérique à l’Irlande et à l’Angleterre, jusqu’en Asie Mineure (les Galates).
Ils s’identifient à ce qu’on appelle la « culture de La Tène » ou Second Âge du fer. Leur expansion est freinée par les Germains, les Romains et les Daces. En 51 AEC, César conquiert la Gaule. Des Celtes se maintiennent encore, sous domination étrangère, en Angleterre et en Irlande. Aujourd’hui, les langues celtiques ne sont plus parlées en dehors de la zone insulaire (l’irlandais, le gaélique et le gallois) et sur la côte bretonne, en provenance d’Angleterre et non pas des anciens Gaulois.

  • Sources.

À cause de l’interdiction faite aux druides de fixer leurs connaissances secrètes par écrit, il n’y a pas de documents directs concernant la Gaule, à part les monuments influencés par l’art romain. En revanche, les sources indirectes, de Jules César jusqu’à Diodore de Sicile et à Strabon, sont abondantes.
La situation est différente dans le cas des Celtes insulaires, où les renseignements directs sont riches, mais proviennent en général de sources médiévales parfois influencées par le christianisme. Plusieurs manuscrits irlandais du XIIe siècle EC fixent par écrit d’anciennes traditions. Deux fameuses collections du XIVe siècle, le Livre Blanc de Rhydderch et le Livre Rouge de Hergest, contiennent des traditions galloises, comme celles du recueil appelé Mabinogi.

  • La religion de la Gaule

La religion de la Gaule ne nous est parvenue qu’à travers l’interprétation donnée par les Romains. César mentionne un dieu suprême qu’il identifie à Mercure et quatre autres dieux, respectivement identifiés à Apollon, Mars, Jupiter et Minerve. Bien que ce témoignage soit fort controversé, il paraît assez fondé à la lumière de l’archéologie. Mercure doit être le dieu, dont survivent de nombreuses statuettes, que les Irlandais appellent Lugh. Son nom est attesté dans bien des toponymes.
Puisque les Celtes offraient des victimes humaines à trois divinités (Teutates, Esus et Taranis), chacune d’elles pourrait, à la rigueur, être le Mars de Jules César. Teutates paraît plutôt un nom générique signifiant « dieu de la tribu » (cf. l’irlandais tuath, « petit royaume tribal »).
Plusieurs concurrents s’offrent pour le titre d’Apollon et il n’est pas aisé de choisir entre eux. Plus de quinze noms, comme Belenus, Bormo, Grannus, etc., le désignent.
Le Jupiter gaulois, était l’ancêtre mythique des druides. Il n’a pas été identifié.
Minerve s’identifiait à plusieurs divinités locales, comme le montrent l’iconographie aussi bien que les inscriptions votives. En Irlande, l’une de ces divinités était Brighid, associée à la poésie, à la médecine, à la technique. Sa personnalité mythique et sa fête ont toutes deux survécu sous le déguisement que lui a fourni la sainte chrétienne Brigitte (Brighid de Kildare).
Les monuments figurés conservent l’aspect et le nom de plusieurs autres divinités, comme les dieux sylvestres Sucellus et Nantos, et surtout le dieu Cernunnos (« cornu »), qui porte des cornes de cerf.

  • Les traditions irlandaises

Les traditions irlandaises nous racontent l’histoire mythique de l’île depuis le déluge. Les premiers immigrés subissent constamment les attaques des Fomhoires, des êtres méchants venus d’outre-mer. Une nouvelle vague d’immigrés amène les lois et la société civile. Ils sont suivis par les Tuathas Dé Dananu, « les tribus de la déesse Dana », initiés au savoir magique et possesseurs de plusieurs objets magiques (la lance de Lugh qui assure la victoire, l’épée inexorable du roi Nuadhu, le chaudron inépuisable de Daghdha et une pierre qui sert à choisir le vrai roi). Les Tuathas Dé Dananu sont conduits par le dieu Lugh lui-même dans la grande bataille de Magh Tuiredh contre la race des Fomhoires, qui, vaincue, sera bannie à jamais d’Irlande. C’est après la bataille que parviennent à l’île les premiers Celtes, en provenance d’Espagne. Leur voyant Amharghin, qui sait, par son pouvoir occulte, neutraliser la réserve légitime des Tuathas devant les nouveaux arrivants, met ainsi le pied sur la terre irlandaise. Mais les relations entre Celtes et Tuathas resteront tendues, comme le montrent les diverses batailles qu’ils se livrent. Finalement, les Tuathas se retirent dans le monde souterrain et cèdent l’espace visible aux Celtes.

  • L’institution druidique

L’institution druidique était associée en Irlande à Uisnech, le « centre » du pays, lieu consacré où avaient probablement lieu les grandes fêtes saisonnières.
La royauté celtique était sacrée. Elle s’obtenait après le contact sexuel du futur roi avec la déesse représentant son royaume ou avec un substitut de la Grande Déesse équine (Rhiannon, l’Epona gauloise, etc.). En effet, dans sa Topographie de l’Irlande (XIIe siècle), Gérard de Cambrai parle du sacre du roi irlandais, dont la scène centrale serait l’accouplement en public du futur roi avec une jument blanche dont la viande bouillie sera ensuite mangée par l’assemblée.

  • Le cycle héroïque

Le cycle héroïque dit d’Ulster a pour protagoniste le jeune Cu Chulainn, qui réside à la cour du roi Conchobar à Ulster. La reine Medhbh de Connacht envoie une armée pour se saisir du taureau brun de Cuailnge et les gens d’Ulster, envoûtés, ne sont pas capables de lui opposer résistance. Mais Cu Chulainn luttera tout seul contre l’armée des adversaires, et un combat farouche entre le taureau brun de Cuailnge et le taureau de Connacht mettra fin à l’épopée. La carrière du demi-dieu Cu Chulainn sera brève, car ses ennemis le tueront par des moyens magiques.
Un autre héros mythique est Fionn mac Cumhail, chef du Fian, une confrérie d’initiés guerriers. Comme Cu Chulainn, Fionn possède des pouvoirs magiques, qu’il utilise pour éliminer les forces surnaturelles qui menacent son pays.

  • Les traditions galloises

Les traditions galloises sont préservées en premier lieu dans un recueil, improprement appelé Mabinogi, qui consiste en des récits composés fort probablement au cours des XIe et XII siècles EC. Parmi les onze pièces contenues dans le Livre Rouge de Hergest (vers 1325), deux n’ont pas d’importance et trois semblent résumer la matière de trois romans arthuriens, encore assez récents à l’époque, de Chrétien de Troyes (XIIe siècle). Les autres contiennent ce qui a été appelé « une mythologie celtique en déclin », dont les personnages sont des dieux difficiles à classer. L’un d’eux, Pwyll, a des rapports curieux avec l’autre monde, où d’ailleurs il règne pendant un an. Sa femme est la déesse équine Rhiannon, une variante d’Epona, identifiée à l’époque du syncrétisme romain à la déesse grecque Déméter-Erynis, qui se transforme en cavale pour fuir les assauts de Poséidon, qui se transforme à son tour en étalon (Poséidon Hippios) pour s’unir à elle. De cette union naissent Perséphone et le cheval Areion (Pausanias 8.25,5-7). La variante védique (Rgveda 10.17,1-2) nous indique qu’il s’agit d’un mythe indo-européen. Dans les trois cas, la progéniture de la déesse est humaine et équine, ce qui trouve une confirmation dans la mythologie irlandaise (Noínden Ulad).
D’autres récits gallois contiennent des traditions que les savants ont appelées « chamaniques », dont le protagoniste est Cei, qui se transformera dans le lugubre sénéchal Key du cycle arthurien. Enfin, le prototype gallois de Merlin est le poète-magicien Taliesin, qui se vante de posséder « tous les arts magiques de l’Europe et de l’Asie » Mais d’autres personnages comme Math, Gwydion fils de Dôn (= la déesse Dana), Llwyd, etc., sont également capables d’exploits fabuleux.

  • Bibliographie.
    • Eliade, H 2/169-72 ; P. Mac Cana, Celtic Religion, in ER 3, 148-66.

    • Sur la mythologie gaélique, voir P.K. Ford, The Mabinogi and other Welsh Tales, Berkeley-Los Angeles-London 1977 et I.P. Couliano in Aevum 53 (1979), 398-401.

Photo : Supposément le dieu gaulois Sucellos sculpté sur un chapiteau roman, derrière l’autel de l’église de Rozier-Côtes-d’Aurec, dans le département de la Loire en région Rhône-Alpes.

Ruis : correspondances Faerie Faith

Extrait de The Faerie Faith and the Beth-Luis-Nion Celtic Lunar Tree Calendar par James Clifford Landis.  Traduction : Fleur de Sureau.

Correspondances pour le système BLN du Calendrier des Arbres Lunaires celtiques. Extrait de “Lunar Tree Energies” par Linda Kerr, et la Déesse Blanche par Robert Graves.

Glyphes

Je suis une vague de la mer
Sur une mer sans limites, je m’en suis allé dérivant

Couleurs

Rouge-sang

Lettre

, R

Animaux

Freux

Symboles

Baguette de sureau, bol de feuilles séchées, lame de sacrifice, plante

Archétypes féminins

Artémis, la Morrigane

Archétypes masculins

Cernunnos, le Dagda, Cuchulain, Fionn

Guérisons

Purification du corps intérieur et extérieur, Maux liés au froid

Mystères

Transition entre l’Ancien et Nourrir le nouveau, Sacrifice de notre Nature inférieure, Renouveau du Moi Spirituel, Préparation par le Sacrifice

Ngetal : correspondances Faerie Faith

Extrait de The Faerie Faith and the Beth-Luis-Nion Celtic Lunar Tree Calendar par James Clifford Landis.  Traduction : Fleur de Sureau.

Correspondances pour le système BLN du Calendrier des Arbres Lunaires celtiques. Extrait de “Lunar Tree Energies” par Linda Kerr, et la Déesse Blanche par Robert Graves.

Glyphes

Je suis un bruit menaçant venu de la mer

Couleurs

Le vert

Lettre

, NG

Animaux

Chouette/hibou et oie sauvage

Symboles

Baguette de roseau, lame, galets et coquillages

Archétypes féminins

Dana, Fand, Hécate, Athéna, Perséphone, Cerridwen, les Nornes

Archétypes masculins

_

Guérisons

avec la planta genista pour l’indulgence excessive

Mystères

Discipline, Protection de la maison contre le climat, Sécurité, Joie de la Musique, Préparation à la protection.

Puissiez-vous être béni… [Tree Mothers]

Puissiez-vous être béni

Puissiez-vous être béni…
Par la tendresse du Bouleau,
Par la protection du Sorbier,
Par les racines et les branches du Frêne,
Par le bouclier d’Aulne,
Et la paix et le réconfort du Saule,
Par la magie de l’Aubépine, la force du Chêne et le courage du Houx,
Par la sagesse du Noisetier et la folie divine et guérisseuse du Pommier,
Par la créativité de la Vigne, la ténacité du Lierre, la guérison du Genêt,
Par la magie du Prunellier et la sagacité du Sureau,

Puissiez-vous être béni par les Arbres.

Puissiez-vous vraiment vivre dans…
L’amour du Sapin,
La confiance de l’Ajonc,
La résilience de la Bruyère,
La sincérité du Tremble,
Et la dévotion de l’If.

Puissiez-vous être entouré par Koad, le Bosquet Sacré,
Par les deux cercles de Lumière et d’Amour, du Soleil et de la Lune,
Pour toujours,
Et puisse votre esprit rester toujours Vert.

Par Mut Danu, extrait de Tree Mothers. Traduction Fleur de Sureau.