[Huath] L’ogham de l’aubépine par Stephanie Woodfield

Extrait de « Celtic lore and spellcraft of the Dark Goddess – Invoking the Morrigan » de Stephanie Woodfield
Traduction et adaptation : Siduri

Signification divinatoire : challenges, obstacles empêchant d’atteindre un but. Complications en amour.

Renversé : trouver l’issue la plus aisée. Les obstacles ne peuvent être ignorés, mais affrontés.

Arbres des fées, les aubépines étaient utilisées en guise de mâts de mai, et les fleurs étaient portées par les mariées pour attirer le bonheur sur leur union. Des torches faites de bois d’aubépine étaient portées lors de processions de mariage, afin d’honorer la déesse romaine Cardea à qui l’arbre était consacré – bien qu’il ait été pensé que cette dernière ne bénirait le mariage qu’à condition que le marié ait effectué les sacrifices appropriés en son honneur.

Olwen, déesse celtique du printemps, était la fille du géant Yspaddadden Pencawr, dont le nom signifie « aubépine géante ». Des fleurs blanches apparaissaient sur son passage, rappelant le fleurissement blanc de l’aubépine. Quand le héros Culhwch tomba amoureux d’elle, il fut confronté à différentes épreuves impossibles à réaliser, qui conditionnaient pourtant leur union. Ce mythe relie l’aubépine à l’amour, à la fertilité, mais aussi aux obstacles à surmonter.

Usages magiques : communication avec le peuple féérique, dépassement d’obstacles.

M pour MUIN [Déesse Blanche]

M pour MUIN

Extrait de l’Alphabet des Arbres, La Déesse Blanche. Robert Graves.

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Le dixième arbre est la vigne à la saison des vendanges. Quoique non native de Grande-Bretagne, la vigne est un motif important dans l’art de l’âge du bronze britannique. On peut en conclure que les Danéens véhiculèrent vers le nord non seulement le symbole mais la plante elle-même. Elle parvient à donner des fruits convenables sur quelques pentes abritées dans le sud. Mais, comme on ne peut l’y considérer comme une essence sauvage, on dut lui substituer la ronce. La saison de l’apparition des fruits, leur couleur et l’allure de la feuille correspondent, et le vin de mûres est une boisson qui monte à la tête.

Dans tous les pays celtiques, il existe un tabou interdisant de manger la mûre bien qu’elle soit un fruit sain et nourrissant. En Grande-Bretagne, la raison invoquée est « à cause des fées ». A Majorque, l’explication est différente : la ronce aurait été l’arbuste choisi pour la couronne d’épines  et les mûres seraient le sang du Christ. Dans le Nord du pays de Galles, lorsque j’étais enfant, on prétextait seulement qu’elles étaient vénéneuses. Dans le Devonshire, le tabou ne porte que sur l’ingestion des mûres après le dernier jour de septembre, « lorsque le diable entre en elles », ce qui étaye ma théorie selon laquelle les mûres seraient un substitut populaire de la vigne en Extrême Occident.

La vigne était consacrée au Thrace Dionysos ainsi qu’à Osiris et la principale décoration du temple de Jérusalem consistait en une vigne d’or.

Elle est l’arbre de la joie, de la gaieté, et de l’emportement furieux.

Le mois s’étend du 2 septembre au 29 septembre et inclut l’équinoxe d’automne.

S pour Saile [Déesse Blanche]

S pour SAILE

Extrait de l’Alphabet des Arbres, La Déesse Blanche. Robert Graves.

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Le cinquième arbre est le saule, ou osier, qui, en Grèce, était consacré à Hécate, Circé, Hèra et Perséphone, toutes aspect de la mort de la triple Déesse-Lune. Il fut très en honneur chez les sorcières. Comme le dit succinctement Culpeper dans son Herbier Complet : « Il est sous la complète dépendance de la Lune. » Sa relation avec les sorcières est si forte dans le nord de l’Europe que les mots « sorcière » et « malfaisant » (witch et wicked) y viennent du même ancien mot pour saule (willow) qui devient parfois osier (wicker). Le « balai de sorcière » dans la campagne anglaise est encore composé d’un manche de frêne et de petites branches de bouleau liées par de l’osier : les branches de bouleau pour qu’à l’expulsion des mauvais esprits il n’y en ait pas à demeurer empêtrées dans le balai et le manche de frêne en guise de protection contre la noyade (les sorcières deviennent inoffensives lorsqu’on les prive de leurs balais et qu’on les jette dans l’eau courante) ; les ligatures sont en osier en l’honneur d’Hécate. Les sacrifices humains druidiques étaient offerts en période de pleine Lune dans des corbeilles d’osier ; quant aux silex trouvés dans les tombes, ils étaient taillés en forme de feuilles de saule. Le saule (helice en grec, salis: en latin) donna son nom à Hélicon, le séjour des neuf Muses, prêtresses orgiaques de la Déesse-Lune. On sait que Poséidon avait précédé Apollon comme chef des Muses à l’époque où c’était lui qui avait été le gardien de l’oracle delphique ; aux temps classiques, en effet, un bosquet lui était encore consacré sur l’Hélicon. Selon Pline, un saule poussa hors de la caverne crétoise où naquit Zeus ; enfin, parmi ses commentaires à propos d’une série de monnaies de Gortyne, en Crête, A. B. Cook, dans son Zeus, suggère qu’Europe, qu’on y voit assise dans un saule, un panier d’osier à la main, tandis qu’un aigle lui fait l’amour, n’est pas seulement Eur-ope (« Celle à la Face Large »), c’est-à-dire la pleine Lune, mais Eu-rope. (« Celle du Saule-Osier bien venant ») alias Hélice sœur d’Amalthée. Porter du saule au chapeau pour se désigner comme un amoureux éconduit semble avoir été d’abord un charme contre la jalousie de la Déesse-Lune. Le saule lui est consacré pour de  nombreuses raisons ; c’est l’arbre qui affectionne le plus l’eau, or la déesse de la Lune passe généralement pour la dispensatrice de la rosée et de l’humidité ; ses feuilles et son tronc, sources de l’acide salicylique, sont souverains contre les crampes rhumatismales que l’on pensait autrefois  être causées par le pouvoir des sorcières. Le premier oiseau orgiaque de la déesse est le torcol*, ou oiseau-serpent, ou épouse du coucou, un migrateur printanier qui siffle comme un serpent, se couche de tout son long sur une branche, dresse la tête lorsqu’il est en colère, tord son cou dans toutes les directions, pond des œufs blancs, mange les fourmis et porte des marques en V sur ses plumes comme celles sur les écailles des serpents oraculaires dans l’ancienne Grèce, enfin niche toujours dans les saules.

En outre, le liknos, ou tamis anciennement utilisé pour vanner le blé, était fait en saule. C’était à bord de tels grands tamis, ou cribles, que les sorcières du nord Berwick allaient sur la mer au cours de leurs sabbats, à ce qu’elles confessèrent au roi Jacques 1er. Une célèbre peinture grecque de Polygnote, à Delphes, représente Orphée recevant le don de l’éloquence mystique en touchant des saules dans un bosquet appartenant à Perséphone ; il convient d’y rattacher l’injonction du Chant des Arbres de la Forêt : « Ne brûlez pas le saule, arbre sacré pour les poètes ».

Le mois s’étend du 15 avril au 12 mai et le 1er mai, célèbre pour ses ébats orgiaques et sa rosée magique, tombe au milieu. Il est possible que le fait de porter des branches de marceau (espèce de saule) le dimanche des Rameaux, fête variable tombant le plus souvent au début d’avril, soit une coutume qui concerne en réalité le début du mois du saule.

* Les Athéniens, pourtant, célébraient la fête de Cronos au début de juillet, pendant le mois de Cronion ou Hécatombéïon (« Cent Têtes ») appelé aussi à l’origine Nékusion (« le Mois du Cadavre ») par les Crétois et Hyacinthion par les Siciliens pour rappeler Hyacinthe, le double de Cronos. La récolte de l’orge tombe en juillet, si bien qu’à Athènes, Cronos devenait Sabazios, « Jean-grain d’orge », le premier à apparaître au-dessus du sol à l’Équinoxe de printemps ; on célébrait joyeusement sa multiple mort à la fête des moissons. Il avait longtemps perdu ses relations avec l’aune bien qu’il partageât encore un temple à Athènes avec Rhèa, la Reine de l’Année gardée par un lion, qui était son épouse de la Saint-jean et a qui le chêne était consacré en Grèce.

* On surnommait Dionysos Iyncgies, « du torcol », parce que l’oiseau jouait un rôle dans un ancien charme érotique. Callimaque, le poète du IIIème siècle avant notre ère, dit que le torcol avait servi de messager à Io pour attirer Zeus dans ses bras, et son contemporain Nicandre de Collophon rapporte que neuf filles de Piérie qui rivalisaient avec les Muses furent transformées en oiseaux dont l‘un était le torcol, ce qui signifie que le torcol était consacré à la Déesse-Lune originelle du mont Piérie dans le nord de la Thessalie (voir chapitre XXI). Il était également sacré en Égypte et en Assyrie.

 

P pour PEITH, ou NG pour NGÉTAL [Déesse Blanche]

Extrait de l’Alphabet des Arbres, La Déesse Blanche. Robert Graves.

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Le douzième mois, dans la liste d’O’Flaherty, est Peith, le tilleul à petites feuilles, ou boule de neige, ou viorne, ou sureau d’eau, introduction logique au dernier mois qui est le véritable sureau. Mais Peith n’est pas la lettre originelle, c’est un substitut botanique pour la lettre d’origine, N G, qui n’était d’aucune utilité littéraire ni pour les Bretons ni pour les Goïdels, mais qui appartenait à la série originelle. L’arbre du NG était le Ngétal, ou roseau, qui devient bon à couper en novembre. Une joncacée poussant à partir d’une stipe épaisse, à l’imitation d’un arbre, était un symbole de royauté sur le pourtour de la Méditerranée orientale. Les pharaons portaient des sceptres en roseau, d’où l’épigramme du prophète Isaïe sur I’Égypte, « roseau écrasé », et c’est un roseau royal qui fut placé entre les mains de Jésus lorsqu’il fut revêtu de la pourpre. C’est « l’arbre » dont la tige servait à faire des flèches et c’est bien pour cette raison qu’on l’avait associé au pharaon, Dieu-Soleil vivant lançant ses flèches dans toutes les directions pour symboliser son pouvoir. Le nom douze évoque donc le pouvoir établi, ce que confirme l’emploi du roseau en guise de chaume en Irlande : une maison n’est pas une maison digne de ce nom tant que le toit n’est pas dessus.

Le mois s’étend du 28 octobre au 24 novembre.

L’alphabet des arbres

L’Alphabet des Arbres (1)

Chapitre X de la Déesse Blanche, les mythes celtes. Par Robert Graves.

C’est dans l’Ogygie de Roderick O’Flaherty que j’ai trouvé mention, pour la première fois, du Beth- Luis-Nion ou l’alphabet des arbres. L’auteur le présente, ainsi que le Boibel-Loth, comme une authentique relique du Druidisme transmise oralement jusqu’à nous à travers les siècles. On s’en serait servi jusqu’à une époque récente, uniquement pour des usages divinatoires. Il consiste en cinq voyelles et treize consonnes. Chaque lettre tire son nom de l’arbre ou de l’arbuste dont elle est l’initiale.

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Dans l’alphabet irlandais moderne les noms des lettres sont également des noms d’arbres et la plupart d’entre eux correspondent à la liste d’O’Flaherty excepté le T qui est devenu l’Ajonc, l’O le genêt et l’A l’orme.

Presque aussitôt, je m’aperçus que les consonnes de cet alphabet forment un calendrier de magie saisonnière des arbres et que tous ces arbres figurent en place de choix dans le folklore européen.

 

Le Noisetier

Extrait du livre « Les mythes celtes, la Déesse Blanche » par Robert Graves.

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Le neuvième mois est le noisetier à la saison de la cueillette des noisettes. La noisette, dans la légende celtique, est toujours un emblème de la sagesse concentrée: quelque chose de doux, de compact et de nourrissant enfermé dans une petite coquille dure, d’où l’expression : « Il y a quelque chose dans cette noisette là ! » Le Dinnshenchas de Rennes, important traité de topographie irlandaise, décrit une merveilleuse fontaine appelée Puits de Connla, près de Tipperary, au-dessus de laquelle s’inclinaient les neuf noisetiers de l’arbre poétique qui produisent fleurs et fruits (c’est-à-dire beauté et sagesse) à la fois. Comme les noisettes tombaient dans le puits, elles nourrissaient un saumon qui y nageait et autant il avalait de noisettes autant de points brillants lui apparaissaient sur le corps. Toute la connaissance des arts et des sciences était attaché au fait de manger des noisettes : on l’a déjà noté dans l’histoire de Fionn dont Gwion adoptera le nom. En Angleterre, on utilisa jusqu’au XVIIe siècle une baguette fourchue de noisetier pour repérer non seulement les trésors enterrés ou l’eau cachée, comme à présent, mais aussi les coupables en cas de crime ou de vol. Et dans le livre de Saint Alban (édition de 1496), on indique une recette pour se rendre aussi invisible que si l’on avait mangé de la graine de fougère, simplement en portant une baguette de noisetier, longue d’une toise et demie, dans laquelle serait insérée un rameau vers de noisetier.

La lettre Coll avait le même emploi que le nombre bardique neuf, car neuf est le nombre sacré des Muses et le noisetier donne ses fruits au bout de neuf ans. Le noisetier était le Bile Ratha « l’arbre vénéré du rath », rath dans lequel vivait le poétique Aes Sidhe. Elle donna également son nom à un dieu nommé Mac Coll ou Mac Cool ( »Fils du Noisetier ») qui, selon l’Histoire de l’Irlande de Keating, était l’un des trois plus anciens législateurs d’Irlande, ses deux frères étant Mac Ceacht ( »Fils de la Charrue ») et Mac Greine ( »Fils du Soleil »). Ils célébraient un triple mariage avec la triple déesse d’Irlande, Eire, Fodhla et Banbha. Cette légende paraît, à première vue, rappeler le renversement du système matriarcal par les envahisseurs patriarcaux ; mais, puisque Graine, le Soleil, était une déesse, non un dieu, et puisque l’agriculture et la sagesse étaient tous deux présidés par la triple Déesse, les envahisseurs étaient dont, sans doute, adorateurs de la déesse eux-mêmes ; ils auraient tout simplement transféré leur allégeance filiale à la triple déesse locale.

Dans la légende fénianne du Vieux Noisetier s’Egouttant, le noisetier apparaît comme l’arbre de la science pouvant être employé à des usages destructifs. Il laisse s’égoutter un lait empoisonné, n’a pas de feuille et est la demeure des vautours et des corbeaux, oiseaux de divination. Il se brise en deux lorsque la tête du dieu Balor est placée au creux d’une de ses fourches après la mort de ce dieu et, quand Fionn emploie son bois en guise de bouclier dans la bataille, ses vapeurs nocives tuent des milliers d’ennemis. Le bouclier en noisetier de Fionn est le symbole du poème satirique chargé d’une imprécation. C’est en sa qualité d’arbre-héraut druidique que  »le noisetier fut l’arbitre » dans le Câd Goddeu de Gwion. Les anciens hérauts irlandais portaient des rameaux de noisetier blanc.
Le noisetier est l’arbre de la sagesse et le mois s’étend du 5 août au 1er septembre.

 

La Déesse Blanche, Robert Graves. Liste des extraits

Quelques extraits du livre. [en cours]

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LES MYTHES CELTES La déesse blanche Robert Graves, aux Editions du ROCHER.

« Le livre de référence de la tradition et de la mythologie celtes par l’un des grands spécialistes de l’histoire des civilisations, auteur notamment des « mythes grecs » et de « la Toison d’or ». Un livre de référence qui restitue la magie, la fécondité et la permanence d’une civilisation dont l’occident est en grande partie issu. Le Styx, la Déesse blanche, la Triple Muse, les Sept Piliers, l’Alphabet des arbres… la mythologie celte est un vivier au sein duquel les civilisations postérieures ont largement puisé. Si l’on savait qu’il existait une réalité mythologique, on apprend grâce à Robert Graves que cette réalité loin d’être tarie, irrigue toujours notre pensée, et nourrit notre avenir. »

TABLE DES MATIERES

Poètes et chanteurs ambulants
Le combat des arbres
Chienne, chevreuil et vanneau
La déesse blanche
L’énigme de Gwion
Héraclès sur le lotus
L’hérésie de Gwion
L’alphabet des arbres
Le chant d’Amergin
Palamède et les grues
Le chevreuil dans les fourrés
Les sept piliers
Le saint nom imprononçable de Dieu
Le lion à la main ferme
Le dieu au pied de taureau
Le nombre de la bête
Une conversation a Paphos en 43 de notre ère
Les eaux du Styx
La triple muse
Animaux fabuleux
L’unique thème poétique
La guerre dans les cieux
Le retour de la déesse
Post-scriptum

Annym Billagh Healing with the Tree Ogham

abAnnym Billagh est un ancien système de guérison qui a pour origine ma voie ancestrale dont les racines se trouvent dans les Îles Britanniques, l’Île de Man. Il est possible que les Druides, en particulier les Bandrui, les femmes qui servaient le peuple en tant que prophétesses, guérisseuses et sages, utilisaient quelque chose de similaire. Evidemment, druidiques ou non, les techniques pour tirer l’énergie de la Terre, du Ciel et de la Mer sont aussi anciennes que nous le sommes en tant que peuple. Elles sont basées sur le savoir que nous ne formons qu’UN, vivant dans un monde où nous sommes soutenus par la Terre sous nos pieds, par la Mer d’où provient toutes vies, et par le Ciel, source de notre souffle, inspirés par le Feu de l’inspiration, bénis par tout ce qui est Divin.

Annym Billagh Healing with the Tree Ogham by Deanne Quarrie

(Attention, tous les liens sont privés)

  • Annym Billagh
  • L’Ogham en tant qu’Outil Spirituel
  • Connexion à la « Famille »
  • Les Chaudrons en tant que Centres du Soi
  • Méditation pour Réchauffer et Remplir les Trois Chaudrons
  • Symboles pour l’Activation
  • Favoriser une guérison pour vous-même
  • Favoriser une guérison pour autrui
  • Beth
  • Luis
  • Nion
  • Fearn
  • Saille
  • Huath
  • Duir
  • Tinne
  • Coll
  • Quert
  • Muin
  • Gort
  • Ngetal
  • Straif
  • Ruis
  • Ailm
  • Onn
  • Ura
  • Eabhadh
  • Oir
  • Uinliean
  • Phagos
  • Ifin et Eamhancholl
  • Apprendre à connaitre votre « famille »
  • Travailler avec les Pierres et les Cristaux
  • D’autres Techniques de Guérison plus avancées
  • Une note à propos des Quintessences Florales
  • Les Quintessences Florales dans ce livre
  • Exemple de Questionnaire pour des Clients
  • Bibliographie

The Tree Mothers : Living Wisdom of the Ogham Trees

mut danu« Les Esprits-Mères des Arbres : vivre la sagesse de l’Ogham des arbres » est un livre pionnier dans l’étude de la Sorcellerie Druidique, unissant les mondes de l’Ogham des Arbres, le Culte de la Nature, Faerie Faith (ndlt : littéralement la croyance en les fées, c’est aussi une tradition) et la Spiritualité de la Déesse en parfaite harmonie. Pour réadapter l’ancienne et mythique tradition à la vie moderne, « The Tree Mothers » présente la voie qui permet de créer une relation avec les Arbres vivants et leurs Esprits – les dryades, tout en vous offrant les outils spirituels vitaux pour découvrir votre soi authentique dans ce monde-ci et l’Autremonde. The Tree Mothers vous emmène dans un voyage qui s’étend sur la roue de l’année et vous conduit au fin fond des Bosquets des Anciens. Vous apprendrez à vivre et expérimenter les Arbres Sacrés de l’Ogham Celtique, mais aussi à incarner les énergies des énigmatiques déités solaires et lunaires. Enracinés entre le Ciel et la Terre, les Esprits-Mères des Arbres sont les messagers désireux de partager leur savoir intemporel. Puisant leur sagesse dans les mondes du dessus et du dessous, ils sont les piliers centraux de la Vie, et ils ont beaucoup de magie à partager.

The Tree Mothers : Living Wisdom of the Ogham Trees by Mut Danu

From the Branch, The Ogham for Spiritual Growth

L’Ogham pour le Développement Spirituel.

from the branchJe souhaite à travers ce livre vous donner quelques idées de ce qu’est l’ogham, et comment moi (et d’autres) l’utilisons en tant qu’outil spirituel. Il y a beaucoup de choses que nous ne savons pas sur l’Ogham. Nous ne savons pas avec certitude si l’ogham a jamais été utilisé pour la divination. Et en fin de compte, nous ne savons pas si les lettres ont jamais été utilisées pour désigner les cycles lunaires. Ce que l’on sait, c’est qu’il y a beaucoup d’oghams : les lettres elles-mêmes, l’ogham des oiseaux, l’ogham des arbres, etc. Les lettres étant des symboles pour certains mots, non pas pour tous les arbres comme la plupart le pense aujourd’hui. Ce que nous possédons, c’est un système qui utilise une combinaison de plusieurs oghams qui n’est pas nécessairement correcte historiquement mais qui fonctionne pour nous en tant qu’outil d’apprentissage. Ce livre traite de ces enseignements sous la forme d’une structure de l’année lunaire.

From the Branch, The Ogham for Spiritual Growth by Deanne Quarrie

Table des Matières (Attention, tous les liens sont privés)

Ogham twigs

Ogham Twigs par Deanne Quarrie

Ce livret contient les instructions complètes pour la création de votre propre jeu d’Ogham. Un outil à utiliser pour la divination, ainsi que pour en apprendre davantage sur l’Ogham. Vous pouvez fabriquer votre propre jeu comme vous le souhaitez, avec des bâtonnets de glace ou des abaisse-langue, ou bien créer un jeu comme celui de la couverture, en récoltant du bois de chaque arbre, ou d’arbres de votre région. Laissez votre imagination être votre guide. Puisse la sagesse des Anciens Dieux être votre inspiration.

Ogham Twigs par Deanne Quarrie (Bendis)

(Tous les liens sont privés)

La version PDF est disponible, les membres du coven peuvent la demander à Fleur de Sureau

[Coll] L’Ogham du Noisetier par Steve Blamires

Extrait du Celtic Tree Mysteries: Practical Druid Magic and Divination de Steve Blamires 

Traduction: Aislin

Nom: Coll

Lettre: C

Référence Texte: Coll, bois juste qu’est le noisetier dont tout le monde mange les fruits.

Ogham de Morainn: CAINU FEDAIR, l’arbre le plus juste.

Ogham de Cuchulain: MILLSEM FEDHO .i. CNO, le plus tendre des bois, une noisette.

Ogham d’ Aonghus: CARA BLOISC, l’ami du craquement.

Niveau physique :

le noisetier n’est pas un arbre particulièrement grand, atteignant seulement 4m de haut s’il réussit à pousser sans heurts. Il est souvent taillé, comme le saule, pour produire de longs et droits bâtons utilisés comme ceux de saule. L’écorce de l’arbre est squameuse, marron clair, et souvent avec des pores jaunes. Les feuilles sont alternées sur les tiges, irrégulières aux sommets, et mesurent jusqu’à 10cm.

En Février, l’arbre prend une teinte jaune, et se couvre de longs châtons mâles et de petites fleurs femelles qui deviendront les noisettes, qui poussent en petits groupes de 3 ou 4.Les noix du noisetier sont riches en sels minéraux, et peuvent se déguster telles quelles.

Elles peuvent être réduites en poudre puis mélangées à une boisson, afin d’adoucir un mal de gorge ou atténuer les symptômes d’un rhume. Les feuilles couvrant les coques (appelées involucres), tout comme les coques elles-mêmes peuvent également être réduites en poudre pour calmer les flux menstruels. Le bois est utilisé comme le saule, essentiellement en vannerie, et est cultivé et récolté de la même manière. Les tiges flexibles du noisetier le rendent très apprécié des sourciers, qui utilisent une branche en forme de fourche pour trouver eau et autres minéraux et éléments.Le noisetier est très répandu dans les Iles Britanniques et l’Irlande, comme prouvé par l’examination de dépots de pollen trouvés sur différents sites archéologiques. Les dépots prouvent également que les arbres étaient plantés et gérés par les Hommes de l’époque, probablement à cause de ses nombreuses uilisations.Le nom « Hazel » a longtemps été un nom couramment utilisé pour les petites filles, et le nom « MacCuill » ou « MacColl », « MacCall », signifie « le fils du noisetier ».

Niveau Mental :

La description de l’Ogham de Morainn, « le plus juste des arbres » est assez étrange, car le noisetier ne semble pas plus équitable que les autres arbres. Nous devons cependant considérer cela comme une clé pour chercher une signification plus profonde. Le terme « le plus juste des arbres » est noté en gaélique « Cainiu Fedaib ». La signification plus profonde de cette expression réside dans le mot « Cainiu », « se lamenter dans la mort » ou « faire la satyre de quelqu’un ». L’origine de pleurer, se lamenter, est attribué à la déesse Brighid, qui pleura longuement la mort de son fils Ruadhan durant la bataille de Moytura. Le nom gaélique moderne pour l’arbre est Calltuinn, qui signifie « la perte de quelque chose », et est clairement connecté à la mort et, ainsi, aux lamentations.

Le noisetier est lié à la mort et aux pleurs d’une autre façon encore, dans une version différente de la mort de Balor, le mauvais roi des Fomoires, qui raconte qu’une fois que Lugh a coupé sa tête hideuse, il la plaça à la fourche d’un noisetier. Du poison coula du cou et tomba sur l’arbre. Un des poèmes du recueil « Lays de Fionn » dit que le noisetier est resté empoisonné pendant 50 ans, jusqu’à ce que Manannan, le Dieu de la Mer, l’abattit. Plus tard, Fionn utilisa le bois pour fabriquer un bouclier nommé « le Vieux Noisetier Ruisselant ». Le surnom qu’on donne régulièrement à Fionn est Mac Cuill ou Mac Coll, qui signifient tous deux « Fils du Noisetier ».Brighid est la Déesse la plus clairement associée à la sagesse et à l’inspiration divine, et ceci est lié à la signification du noisetier.

Il y a plusieurs légendes centrées sur des noisetiers magiques dont les fruits contiennent toute la sagesse du monde. La pratique de la satyre est également étroitement liée à l’inspiration divine et à la poésie. Les satyres originaux étaient les poètes, dont la patronne était Brighid. La satyre était considérée comme si puissante et potentiellement destructive, que seulement certains grades de bardes et de druides étaient autorisés à la pratiquer. Il y avait des lois précises concernant la façon de l’utiliser, le moment pour la pratiquer, et quelles étaient les amendes pour ceux qui s’en servaient mal à propos. Les druides, lorsqu’ils éxécutaient le rituel élaboré connu sous le nom Dichetel Do Chenaid, mangeaient des noisettes afin d’atteindre l’inspiration et la connaissance de ce qui était perdu.L’utilisation du noisetier et plus particulièrement des noisettes est recommandé pour les voyages dans l’Autre Monde et les rituels visant à gagner en savoir. Un héraut, porteur de connaissance, est décrit dans Cattle Raid of Cooley comme:

un homme sombre et beau, avec un visage large. Il avait une broche marron sur son magnifique manteau marron et une chemise épaisse près du corps. A ses pieds apparaissaient ses chaussures. Il tenait une baguette de noisetier sans écorce dans une main, et dans l’autre, une épée à un seul tranchant, à la garde d’ivoire.

La baguette de noisetier était le symbole des hérauts, et c’est un bon signe d’en voir une dans l’Autre Monde. Souvenez vous également que ce sont les branches de noisetier qui sont utilisées pour trouver les sources et les métals enfouis. Le fait qu’il faille 9 ans à un noisetier avant de porter des fruits est encore un signe de sa connection magique au niveau physique.Trois des premiers rois d’Irlande étaient des frères, nommés Mac Ceacht, Mac Greine, et Mac Coll. Ces noms signifient « Fils de Labour », « Fils du Soleil », et « Fils du Noisetier ». Cela peut faire un lien entre le noisetier, le Haut Roi, et la fertilité de la terre.

Niveau Spirituel :

La présence du Noisetier montre que vous avez encore beaucoup à apprendre des arbres et des oghams. La Déité associée au noisetier est sans conteste Brighid, et travailler consciemment avec elle au niveau spirituel, conjointement avec le noisetier, sera particulièrement éclairant sur tous les points.

Il y a plusieurs légendes impliquant Brighid, et cela peut vous donner des pistes pour travailler plus facilement avec elle.En plus d’être la Déesse Pré-Chrétienne des Tuatha De Danann, elle est également la Sainte Brighid. Si vous vous sentez plus à l’aise de travailler avec l’image de la Sainte, ne vous empêchez pas de le faire. Gardez toujours à l’esprit que, lorsque vous voyagez dans l’Autre Monde, ce qui est important, c’est ce que ces guides disent et font, et non qui ils prétendent être. Vous pouvez étudier la vie des saints, cela peut être aussi utile que

l’étude des mythes pré-Chrétiens. Les premiers moines chrétiens qui ont écrits les vies des saints ont également écrit le Livre de Ballymote et le Livre de Leinster, ainsi que de nombreux autres manuscripts sur les Oghams et la magie des arbres.

La prise de contact avec Brighid doit être régulière. Tout comme le noisetier apporte tous les ans des fruits, de nouvelles choses doivent être apprises et expérimentées durant notre existence. Cela doit être de façon continue, et non quelque chose que l’on fait une fois et qu’on oublie. L’Ogham de Aonghus, « Ami du craquement », rappelle le bruit d’ouverture d’une noisette de sagesse. C’est probablement la raison pour laquelle l’Ogham de Cuchulain le nomme le « plus tendre des bois, une noisette. »

Travail Pratique :

Le noisetier est un arbre auprès duquel vous devrez retourner encore et encore pour obtenir le plus possible lors de votre travail pratique. C’est aussi le premier arbre dont les fruits jouent un rôle important de lui même. Vous pouvez les incorporer dans vos rituels de base en mangeant des noisettes, si c’en est la saison, afin de vous lier à l’arbre. Vous pouvez, bien sur, manger des noisettes n’importe quand, et les utiliser comme des aides mnémotechniques pour vous souvenir de ce que représente le noisetier pour vous. Les noix du noisetier contiennent, d’après la légende, toute la sagesse du monde.

Soyez conscient de cela lorsque vous travaillez avec l’âme du noisetier.Vous devriez aussi développer une relation avec Brighid, car elle aura beaucoup à vous dire. D’après certaines légendes, Brighid est la fille du Dagda. Ce lien de famille entre les deux Déités associées au Noisetier peut être un bon avantage pour apprendre de la relation père/fille.

La collection massive de contes gaéliques d’Alexander Carmichael, Carmina Gadelica, contient des invocations et des formules qui peuvent être utilisées pour des rituels appelant Brighid et ses pouvoirs. La plupart de ces écrits connectent Brighid avec le foyer et la maison; Brighid est toujours avec vous, surtout dans votre domicile. Essayez d’incorporer cet aspect dans votre vie. Pratiquez une cérémonie pour accueillir la présence de Brighid chez vous. Cela vous aidera à mieux connecter votre travail magique dans votre vie quotidienne, comme votre cuisine, votre ménage. Brighid et le noisetier ont beaucoup à vous apprendre sur ce sujet.

Lorsque vous invoquez Brighid, il est important de garder à l’esprit ses nombreuses associations avec le feu et l’inspiration. Cela peut être utile de faire un petit feu dans votre espace sacré et vous concentrer dessus lorsque vous appelez Brighid. Beaucoup de personnes trouvent les flammes hypnotisantes, ce qui peut également être utile; laissez votre esprit vagabonder en regardant le feu. C’est durant de tels égarements que les êtres de l’Autre Monde trouvent plus facilement moyen de communiquer avec nous. Si vous décidez d’utiliser le feu durant votre travail sacré, soyez prudent et sûr que le feu est complètement éteint avant de quitter votre espace.

[Quert] Les eaux d’Avalon – Un rituel de guérison et de purification avec Morrigan

Extrait de « Celtic lore and spellcraft of the DarkGoddess – Invoking the Morrigan » de Stephanie Woodfield
Traduction et adaptation : Siduri

La Morrigan est connectée à l’île mystique d’Avalon, un lieu de guérison et de repos. Les pommes, fruits dont l’île tire son nom, étaient également connectées à la guérison, à l’immortalité et au bien-être, d’où le proverbe « une pomme chaque jour éloigne le médecin ».

Ce mélange peut être utilisé pour favoriser la guérison et les énergies positives. Utilisez cette eau dans des sorts de guérison ou pendant des rituels invoquant la Morrigan ou Morgane le Fay ; vous pouvez aussi l’utiliser en aspersion dans une pièce ou un lieu pour le purifier.

Vous aurez besoin de :

– un bocal en verre
– de l’eau de source ou filtrée
– une pomme
– neuf pépins de pomme
– environ 100 g de lavande [ndlt : une « cup » dans la recette originale en anglais]
– un tissu pour filtrer la préparation
– une bouteille pour le stockage

Rendez vous dans votre espace sacré. Si vous souhaitez tracer un cercle et appeler les quarts, faites-le. Placez le bol au centre de votre autel et versez-y l’eau en disant :

Je verse les eaux sacrées d’Avalon
Île de guérison et de repos
Résidence des Sidhe et des vénérables défunts

Coupez la pomme en deux, révélant ainsi le pentagramme en son cœur. Placez trois tranches plutôt fines de pommes dans l’eau. Placez également les neuf pépins dans l’eau avec la lavande. Tracez l’ogham du pommier, Quert, au-dessus de l’eau. Vous pouvez aussi graver l’ogham dans vos tranches de pommes. Tenez vos mains au-dessus de l’eau, en disant :

Morrigan, reine d’Avalon
Dame de magie et de guérison
Bénis cette eau de ton toucher guérisseur

Visualisez la Morrigan émerger du brouillard enveloppant l’île pour venir se tenir devant votre bol. Elle place ses mains au-dessus de votre préparation, et y laisse couler les pouvoirs guérisseurs et l’énergie d’Avalon.

Remerciez la Morrigan et fermez le cercle. Laissez votre mixture au calme, dans un lieu ensoleillé, pendant quelques heures. Filtrez l’eau avec le tissu pour retirer herbes et pommes et conservez dans une bouteille sombre.

[Tinne] L’ogham du houx par Stephanie Woodfield

Message divinatoire : challenges et tests. Subir une attaque. Agir pour se défendre.

Inversé : fuir les challenges de la vie. Essayer de contourner un problème plutôt que de le prendre à bras le corps.

Folklore : le chêne et le houx sont étroitement liés – les deux arbres se suivent dans la séquence des oghams et renvoient à la bataille annuelle entre le Roi Houx et le Roi Chêne, qui luttent pour gouverner durant une moitié d’année chacun. Tandis que le Roi Chêne règne la moitié claire de l’année, le Roi Houx règne durant la période sombre, qui atteint son zénith au solstice d’hiver. Les feuilles toujours vertes du houx représentent l’immortalité et ses baies rouges la fertilité. Dans le récit Gauvain et le Chevalier Vert, le Chevalier Vert se rend auprès de la cour d’Arthur pour défier les compagnons de ce dernier pendant les célébrations du solstice d’hiver. Il porte une couronne de houx et tient une branche dans sa main. Ces deux objets illustrent à la fois son lien avec le festival hivernal et sa résistance au challenge. Tinne signifie « feu », nous remémorant les feux sacrés allumés la nuit du solstice d’hiver, quand le roi soleil renaît. Du charbon fait à partir du houx était utilisé par les forgerons pour créer des épées, et le houx était un des trois arbres utilisés pour construire des roues de chariot.

Usages magiques : protection

[Tinne] Le houx, guérisseur du coeur

Source
Traduction et adaptation : Siduri

Le docteur Bach considérait le houx comme une de ses deux essences primordiales de son répertoire. Tandis que l’avoine sauvage donne à l’âme son orientation dans le monde extérieur, le houx est vu comme une des essences pouvant être utilisées universellement pour guérir l’être intérieur, et pour stimuler la nature aimante de l’âme humaine. Le houx ne doit pas seulement être considéré comme un remède à administrer dans certaines situations thérapeutiques, mais aussi comme une essence-clé, un seuil pour quiconque souhaite progresser dans la thérapie par les essences de fleurs.

Cette reconnaissance du houx par Bach s’inscrit dans une forte lignée de sagesse celtique. Les initiés druidiques développèrent un alphabet sacré, appelé l’Ogham, basé sur les qualités archétypales des arbres. Le houx, connu en gaélique sous le nom de Tinne, gouvernait la huitième lune de l’année, ou le mois de juin. Le symbole pour le houx est celui d’une lance, signifiant littéralement : « je suis une lance rugissant dans la bataille ».

C’est pendant le mois de juin que la lumière du soleil atteint son apogée, puis commence ensuite sa descente vers la terre. Le houx parle de la capacité féroce de l’âme humaine à entamer sa descente vers le monde souterrain, emmenant avec lui la lumière jusque dans l’obscurité. De ce fait, nous pouvons comprendre la signature de l’arbre, sa capacité à germer sans lumière du soleil, préférant les conditions sombres et humides pour voir le jour, ce qui en fait un arbre profondément enraciné dans la terre. Ses feuilles raides et pointues ne sont pas si différentes d’épines ou de « lances ». Le houx produit un bois dur, blanc, au grain serré, au caractère solide et imperméable, qui, revêtu du sombre et inaltérable vert de ses feuilles, se maintient aux jours les plus froids de l’hiver, insensible au froid et à l’obscurité.

Parmi tous les arbres de l’Ogham, le houx et le chêne sont les plus centraux – ils sont vus comme les deux « rois » qui se transmettent chaque année le pouvoir au cours d’une bataille symbolique. Le nom gaélique du houx – Tinne – renvoie au mot « tanist » qui signifie « jumeau sombre ». Le Roi Chêne gouverne pendant le temps où les jours rallongent, de décembre jusqu’au solstice d’été en juin. Le houx est son « jumeau sombre » qui règne ensuite jusqu’au solstice d’hiver, alors que la lumière décroît.

Noël, un éveil du cœur

[ndt : bien entendu, toute référence à Noël me semble ici valable aux célébrations non chrétiennes du Solstice d’Hiver !]

Dans la culture populaire, nous relions le houx à la saison de Noël. Ses baies rouges et son feuillage toujours vert couvrent les façades et les intérieurs. Malheureusement, notre relation à cette plante est essentiellement inconsciente et largement sentimentale.

En réalité, la proéminence du houx pendant la période de Noël révèle une expérience importante de la vie de l’âme. C’est un éveil des forces de l’amour dans le cœur, réalisé à travers la descente à l’intérieur du soi et de la terre, et qui porte ses fruits pendant cette période. Cette compréhension est dépeinte dans le Calendrier de l’Âme de Rudolf Steiner. Steiner fut un initié moderne qui incorpora dans ses travaux des éléments de courants à mystères anciens, entre autres issus de la sagesse druidique. Son calendrier est constitué d’une série de 52 poèmes « runiques », pour chaque semaine de l’année. Débutant son cheminement au solstice d’été, l’âme émanant de hauteurs cosmiques trouve peu à peu son chemin dans une réalité intérieure. Le soi se révèle comme une graine, avec la lumière œuvrant au plus profond de l’être à la manière d’une force purifiante et vivifiante. Puis, au moment du solstice d’hiver, cette lumière s’épanouit et émane du chakra du cœur. […]

C’est la lumière intérieure de l’être, qu’il a gagné en vivant dans les « profondeurs de l’esprit » – en ne faisant plus qu’un avec « la terre du monde ». L’âme est si solidement en sécurité et ancrée en elle-même que rien ne peut atteindre son sentiment de paix profonde. Quand cette conscience est maîtrisée, le cheminement intérieur est complété. Le cœur s’éveille chargé d’un flux d’amour, qui cherche progressivement son chemin dans le monde des sens, afin de rencontrer à nouveau les forces en expansion de la lumière printanière et estivale. Nous pouvons dire que la fleur du houx, qui fleurit dans la nature à la fin du printemps, fleurit à nouveau dans le cœur de l’homme pendant l’hiver, comme une force d’amour. Sa nature est une force solaire qui vit non pas dans les cieux, mais dans les profondeurs de la terre.

Cette capacité de faire fleurir le cœur est l’intention même de l’essence de houx développée par le docteur Bach. En décrivant cette essence, Bach a écrit : « l’ultime conquête aura lieu à travers l’amour et la douceur, et lorsque nous aurons suffisamment développé ces deux qualités, rien ne sera plus capable de nous assaillir, puisque nous ferons toujours preuve de compassion et n’offrirons pas de résistance. » Mechtild Scheffer, dans son Encyclopédie de la thérapie par les fleurs de Bach, décrit le houx comme « la fleur ouvrant le cœur », celle qui aide l’individu à « vivre dans un flux d’amour ».

Comme toutes les essences de fleur, le houx révèle une tension, un apparent paradoxe à l’âme. Avec ses feuilles piquantes et sa rude capacité à survivre dans le monde, le glyphe druidique du houx proclame : « je suis une lance rugissant dans la bataille ». Mais cette hostilité est tournée vers le monde lorsque l’âme n’est pas en sécurité en elle-même, et qu’elle n’a pas encore maîtrisé cette rudesse comme un feu intérieur nourricier. A moins que le soi ne se renforce de l’intérieur, nous ne pouvons aller à la rencontre du monde extérieur de la bonne façon. Nous répondons avec hostilité, envie ou jalousie. C’est pourquoi Bach a mis le houx dans le groupe des remèdes contre « l’hypersensibilité aux idées et influences ». Le houx donne une force au soi qui devient la base première de la compassion.

Le Chevalier Vert – une branche de houx solitaire


Cet apprentissage paradoxal de dureté et de sainteté peut aussi être trouvé dans la légende arthurienne de Gauvain et du Chevalier Vert. Le Chevalier Vert apparaît à la cour d’Arthur pendant les fêtes du solstice d’hiver :

Mais le moindre de ses traits
Les stupéfia ; de ce qu’on pouvait en voir,
Non seulement cette créature était colossale,
Mais elle était aussi d’un vert lumineux,
Nulle lance pour porter des coup,
Nul bouclier contre le choc de la bataille,
Mais dans une main, une branche solitaire de houx
Qui se montre le plus vert lorsque les bosquets n’ont plus de feuilles

Le Chevalier Vert est une manifestation du Green Man – les vastes forces cosmiques de la Nature qui doivent être rencontrées par l’âme humaine et ancrée dans le cœur de l’homme. Porteur d’une branche dans une main et d’une hache dans l’autre, il propose un défi aux chevaliers d’Arthur : celui de lui porter un coup avec cette hache, à la condition que dans un an et un jour, il puisse à son tour rendre le même coup.

Gauvain est un chevalier de grande valeur, bien qu’il soit aussi guidé par des intrigues de cour, des ambitions et des désirs. Il accepte le challenge et coupe la tête du Chevalier Vert d’un seul coup. Mais celui-ci se relève, remet sa tête et rappelle à Gauvain sa promesse.

Pendant toute une année, Gauvain erre à travers le pays à la recherche de la Chapelle Verte où il doit retrouver le Chevalier. Au cours de son périple, il se retrouve tenté par une femme, qui s’avère être l’épouse du Chevalier Vert. Gauvain émerge de cette rencontre avec le cœur pur et finit par trouver l’endroit où vit le Chevalier : « une fissure entre deux parois escarpées où pousse des arbres verts même en hiver ». C’est ici, sur la terre des houx, que Gauvain rencontre le Chevalier Vert, et, intact, survit à son coup. […]

Le houx porte la couronne

Le houx stimule les capacités d’amour du cœur en développant ce que le docteur Bach appelle « le grand Moi intérieur ». Peut-être que la plus significative des images archétypales du houx est évoqué dans le symbole de la couronne d’épines. Comme le proclame un chant traditionnel de Noël : de tous les arbres des bois, c’est le houx qui porte la couronne.

Les druides portaient du houx dans leurs chevelures pendant la récolte du gui en hiver. Le houx est également porté pour représenter le Roi Houx pendant les festivals saisonniers. La couronne de houx était un signe de respect profond et de reconnaissance, indiquant qu’un initié avait maîtrisé les forces de la nature en harmonie avec celles de l’âme humaine.

Dans la culture romaine, il restait des traces de cette compréhension dans certaines fêtes hivernales comme les saturnales.

Les Romains craignaient la nature spirituelle de Jésus Christ, tout en s’en moquant […] Cette image archétypale du Christ couronné d’épines résonne avec les profondeurs de notre être. Puisque c’est le Christ qui porte dans son cœur les forces les plus parfaites de l’amour divin, qui est en même temps l’amour humain. La force christique, née des profondeurs de la terre à minuit le jour de Noël, brille comme l’essence de l’amour dans le cœur humain. […]

Le houx a été connu sous le nom d’ « épine du Christ » en Europe Centrale, ce nom manifestant sa résonnance avec la réalité archétypale de la couronne d’épines comme initiatrice de l’âme. Le docteur Bach caractérisa ceux ayant besoin du houx ainsi : « en eux, ils souffrent beaucoup, souvent sans qu’il y ait de réel cause de leur absence de joie ». Cette douleur existentielle liée au sentiment de ne pas être aimé conduit vers des sentiments de jalousie, d’envie, d’hostilité et de colère. Comme le Chevalier Vert et Gauvain, qui échangent des coups portés à la tête, afin de transformer la conscience, la couronne d’épines symbolise aussi une forme de « décapitation ». Le « faux moi » doit être pressé avec une couronne d’épines jusqu’à ce qu’il trouve une vérité plus profonde dans le cœur. La « lance rugissant dans la bataille » ne doit pas porter son coup vers l’extérieur, mais vers l’intérieur. Le houx nous enseigne que nous ne pouvons trouver l’amour à l’extérieur s’il n’est pas ancré à l’intérieur même de notre cœur. Il transforme l’humain en divin, de l’intérieur. Le houx aide le cœur à se connaître dans son entièreté ; dans sa sainteté.