Tradition Faerie Faith : Comprendre les « Arbres », l’Aulne

L’Aulne

Extrait de la thèse : The Faerie Faith and the Beth-Luis-Nion Celtic Lunar Tree Calendar par James Clifford Landis. Traduction et adaptation : Fleur de Sureau.

L’aulne est le quatrième arbre de l’année. Son nom gaélique est Fearn (prononcé à l’anglaise « Fair un »).

Le glyphe pour l’aulne est « je suis une larme étincelante du Soleil. »

• Utilisations de la plante et Folklore

L’aulne a été utilisé pour ses propriétés toniques et astringentes. « La décoction de l’écorce est utile pour baigner gonflements et inflammations, en particulier au niveau de la gorge, et elle est réputée soigner la fièvre » (Grieve 18).

Selon une superstition du comté du Worcestershire, en Angleterre, porter des morceaux d’aulne sur soi préserverait des rhumatismes. Tandis qu’on utilisait beaucoup ses « boutons noirs », le fruit de l’aulne, pour décorer les puits et sources, il s’agissait d’un rite nommé « well dressing » qui permettait d’honorer une source (ou son esprit ou, plus tard, son saint) afin que son eau ne tarisse pas (Vickery 2, 388).

« Malvhina Well – 2007 Well Dressing, by Bob Embleton.

• Mythologie et Symboles

L’aulne est le pont entre l’eau et le feu, la mer et la terre, l’hiver et le printemps. L’aulne ne pourrit pratiquement pas dans l’eau et c’est pourquoi il était utilisé pour soutenir les bâtiments, comme pilotis. « Le Rialto, à Venise, repose sur des pilotis d’aune, de même que plusieurs cathédrales médiévales. » (Graves 170). Il servait également à la construction de ponts, de chaussées et de conduites d’eau.

L’Aulne est étroitement lié au feu, même si c’est un combustible médiocre, il constitue le meilleur des charbons de bois. Dans certaines régions d’Irlande, abattre un aulne sacré amenait comme châtiment la destruction de sa maison par le feu. « L’aulne est l’arbre du feu, le pouvoir du feu de libérer la terre de l’eau. » (Graves 171).

Ce lien avec le feu apparaît dans le fait que l’équinoxe de printemps tombe toujours pendant la Lune de l’Aulne. L’équinoxe de printemps est un pont qui éloigne l’année des froides inondations de l’hiver et la conduit à la tiédeur du printemps. L’aulne était, « Fearineus, le dieu du printemps auquel on offrait des sacrifices sur le mont Cronien à Olympe, à l’équinoxe du printemps » (Graves 172).

L’aulne est associé à quatre couleurs. La pourpre est la couleur de la royauté et le Roi des Aulnes (Féerie) tire son nom de cet arbre. Le rouge est la couleur du feu, ainsi que celle du sang. Lorsqu’un aulne est abattu, son écorce devient écarlate et semble saigner comme un homme. En outre, une teinture rouge peut être obtenue à partir de l’écorce. Une teinture verte peut être fabriquée à partir des fleurs, qui éclosent durant le mois de l’Aulne. Le vert est la couleur des vêtements des fées (les esprits de la nature). Une teinture brune est obtenue à partir des rameaux de l’aulne, le brun étant la couleur de la terre dans laquelle pousse l’aulne.

• Énergies

Enfin, l’aulne amène le temps des naissances. Le printemps arrive et les projets élaborés lors de la première lune peuvent maintenant aller de l’avant. Et en même temps, ce peut être une période douloureuse. Avec la naissance des choses nouvelles vient la destruction des anciennes. Le glyphe de l’Aulne « je suis une larme brillante du Soleil » est comparable à l’adage « toute naissance digne de ce nom s’accompagne toujours de larmes. » Avec l’arrivée du soleil à l’équinoxe de printemps, nous donnons naissance à nos projets. Pourtant, cette période peut être marquée par les doutes, la confusion, la dépression et le chagrin. La dépression post-partum est commune et de façon semblable, beaucoup sont déprimés après avoir accouché de leurs projets, car ceux-ci pourraient très bien ne pas donner les résultats escomptés.

Pendant [la lune de] l’Aulne, l’étudiante doit apprendre l’équilibre. Les quatre couleurs de l’aulne enseignent à l’étudiante la révérence, l’harmonie et l’équilibre. Ces leçons doivent être acquises bien avant la seconde moitié de l’année (Kerr, ‘Lunar’.)

Dame Abonde

Fleur de Sureau pour le coven Ignis Daemonis. Dans le cadre du cours sur Iphin (2016).

Pour l’époque des Premières Récoltes, notre aînée Mut Danu, dans son livre The Tree Mothers, nous oriente vers la Déesse Habondia. A partir de ce nom, j’ai effectué des recherches sur internet pour trouver des ressources bibliographiques, je suis tombée essentiellement sur des inventions modernes. J’ai donc choisi de partir sur l’idée d’une divinité liée à l’abondance issue de l’Antiquité.

Et dans le panthéon romain, j’ai découvert la Déesse Abondance.

Dans le contexte du culte impérial de la Rome Antique, Abondance (notez bien : Abundantia en latin) est la personnification allégorique de l’abondance et de la prospérité. La déesse Abondance incarne l’une de ces nombreuses « vertus » associées aux empereurs déifiés. Elle est souvent confondue avec Annone (Annona) qui présidait aux vivres, au produit de la récolte annuelle. Ces deux-là sont inspirées de déesses plus anciennes, notamment de Cérès (Ceres), la déesse de l’agriculture et des moissons, dont elles partagent les attributs : corne d’abondance, épis de blé, etc. Il existe une différence subtile entre Annone et Abondance. La première semble concernée les distributions publiques de nourriture, de provisions de grain de l’année, alors que la seconde concerne également l’argent.

Mais ce nom, « Habondia » d’où sort-il ?

Le dictionnaire Littré nous apprend qu’Abonde, ou plus précisément Dame Abonde, est la principale des fées bienfaisantes. Du bas latin, abundia.

Nous y voilà. Dame Abundia. Habondia. La Fée Abonde.

Avec ces mots-clefs, j’ai trouvé une infinité de textes qui s’accordent tous à dire, en résumé, que :

Dame Habonde est à la tête de troupes féminines qui parcourent l’espace de nuit et visitent maisons et celliers. Sur la table, on dispose à leur intention mets et boissons, qui ne doivent être ni couverts ni bouchés. Si ces femmes que l’on nomme Bonnes Dames ou Dames de la Nuit, c’est-à-dire des Fées, des créatures féeriques, trouvent la table bien servie, l’endroit bien propre, elles mangent le festin sans pour autant en diminuer la quantité et en contrepartie apportent abondance et bonheur à la maisonnée. Dans le cas contraire, « l’abondance quitte la demeure » au sens propre comme au figuré !

Durant le moyen-âge, il existe de nombreuses légendes à propos de cohortes nocturnes menées par un Esprit féminin : Dame Abonde, mais aussi Diane1, Hérodiade et encore, chez les Allemands, Holda (la « bienveillante »).

Notons tout de même qu’entre la déesse romaine Abondance issue du culte impérial et la fée Abonde, nous avons effectué un saut dans le temps de mille ans. Et il est d’ailleurs plus que probable que le seul lien qui les rattache l’une à l’autre ne réside qu’en leur nom.

L’un des plus anciens écrits à notre connaissance à propos de Dame Abonde date du XIII e siècle. Guillaume d’Auvergne (1190-1249), évêque de Paris, dans Opera Omnia (Paris 1674, tome I, page 1036, col. 2) évoque des esprits féminins bienfaisants :

« […] Il en va de même du démon qui, sous l’apparence d’une femme, visite la nuit, en compagnie d’autres, dit‐on, les maisons et les celliers. On le nomme Satia, d’après ‘satiété’, et aussi Dame Abonde, à cause de l’abondance qu’on dit qu’il confère aux maisons qu’il aura visitées. C’est ce genre de démon que les vieilles appellent ‘les Dames‘, à propos desquelles elles entretiennent cette erreur à laquelle elles sont les seules à croire et dont elles rêvent. Elles disent que les dames usent de la nourriture et des boissons qu’elles trouvent dans les maisons sans toutefois les consommer entièrement, ni même en diminuer la quantité, surtout si les récipients qui contiennent les mets sont découverts, et si ceux qui renferment les boissons ne sont pas bouchés2, quand on leur laisse pour la nuit. Mais si elles trouvent ces récipients couverts, fermés ou encore bouchés, elles ne touchent ni aux mets, ni aux boissons, et c’est la raison pour laquelle les dames abandonnent ces maisons au malheur et à l’infortune sans leur conférer satiété ni abondance. […] »

« […] En ce qui concerne les véritables personnes qui apparaissent la nuit dans les maisons et dont la plus importante d’entre elles est nommée « Abonde » en raison de l’abondance de biens qu’elle est supposée apporter dans les maisons qu’elle fréquente, elles n’ont jamais été vues, pas plus qu’elles n’ont été entendues. C’est ainsi qu’on voit jusqu’où va la bêtise des hommes et la déraison des vieux qui laissent des récipients d’aliments et des vases de vin ouverts et ne ferment aucun passage à ceux qui visitent les maisons la nuit. Ils laissent en évidence boissons et nourriture que les visiteurs peuvent s’approprier sans difficulté et selon leur bon plaisir. […] »

Dans le Roman de la Rose, il est également fait mention de Dame Habonde. Il s’agit d’une œuvre poétique datant du XIIIe siècle, écrite par Guillaume de Lorris et Jean de Meung.

« Bien des gens sont trompés par leurs sens et croient être des sorcières (estries) errant avec Dame Habonde : « Ils disent que, par tout le monde, le tiers des enfants de la nation sont de cette condition et partent, trois fois la semaine, là où le destin les mène », entrent dans les maisons, car ni barres ni clés ne les arrêtent, et ils pénètrent par les chatières et les fentes : leur âme quitte leur corps (se partent des corps les âmes) et ils accompagnent les Bonnes Dames en d’autres lieux et dans les maisons alors que leurs corps reste sur leur lit. »

Cette table d’offrandes que l’on dresse la nuit est un rituel qui a pour but de rendre favorable une divinité que l’on désire honorer. C’est un type de rituel qui semble remonter à des temps plus anciens et dont nous possédons au moins deux traces antérieures au XIII e siècle.

Au VII e siècle, dans La Vie de Saint Éloi, écrit par Saint Ouen de Rouen, le prédicateur interdit aux croyants de préparer les tables pendant la nuit, sans préciser cependant à l’attention de qui on les dresse.

Au XI e siècle, Burchard de Worms dans son Decretum réitère cette interdiction. D’après Cyrille Vogel, Le Pécheur et la pénitence au Moyen Age, Paris, Cerf, 1969, p. 105 :

« 153. As-tu agi comme certaines femmes à certaines époques de l’année : quand elles préparent la table, les aliments et la boisson, elles placent trois couteaux sur la table pour que les trois sœurs que les anciens dans leur sottise ont appelé les Parques puissent se restaurer. Ces femmes dénient la puissance à la bonté divine et l’attribuent au diable ! As-tu cru que ces trois sœurs, comme tu dis, pouvaient t’être de quelques secours maintenant ou plus tard ? Si oui : 1 an de jeûne au pain et à l’eau, aux jours officiels. »

Claude Lecouteux établit même un lien entre ces tables nocturnes d’offrandes et un rite romain lié aux ancêtres dans son livre Chasses infernales et cohortes de la nuit au Moyen Age :

« Le passage de cette cohorte de femmes est lié à un rite de troisième fonction et relève des augures : si les visiteuses sont satisfaites des nourritures offertes, elles apportent à la demeure prospérité et fécondité. A l’arrière-plan se dessine donc un rite calendaire appartenant à la mythologie des commencements : ce qui arrive à cette date préfigure ce que sera l’an neuf. Le rite reçoit une signification plus grande si l’on sait qu’il est déjà attesté chez les romains. Dresser une table cette époque de l’année est un rite religieux lié au culte des ancêtres, car les morts sont les dispensateurs de la fertilité du sol et de la fécondité des hommes et des bêtes : à Rome, la table portait le nom de « tables des âmes » ou « des défunts ». »

Dame Habonde passe-t-elle dans les maisons uniquement aux alentours du Solstice d’Hiver, durant les 12 nuits ou lors des Calendes de Janvier ? Je ne suis pas vraiment parvenue à trouver des indices si ce n’est dans un texte du XV e siècle, Thesaurus pauperum de 1468, qui établit un lien entre Abonde, Satia et Percht :

« Le second type de superstition, une sorte d’idolâtrie, est celle de ceux qui, la nuit, exposent ouverts des récipients remplis de nourriture et de boisson destinées aux dames qui doivent venir, dame Abonde et Satia, que le vulgaire désigne communément et couramment du nom de dame Percht ou Perchtum, cette dame venant avec sa troupe. Ceci, pour qu’elles trouvent ouverts tous objets tenant à la nourriture et à la boisson, afin que, par la suite, elles les remplissent et les accordent richement et en plus grande abondance. Beaucoup croient que c’est pendant les nuits saintes, entre la naissance de Jésus et la nuit de l’épiphanie, que ces dames, à la tête desquelles est dame Perchta, visitent leurs demeures. Nombreux sont ceux qui, au cours de ces nuits, exposent sur les tables pain, fromage, lait, viandes, œufs, vin, eau et denrées de cette sorte, de même que cuillers, plats, coupes, couteaux et autres objets semblables, en vue de la visite de dame Perchta et de sa troupe, pour qu’elles y trouvent agrément et que, par conséquent, elles soient propices à la prospérité de la demeure et à la conduite des affaires temporelles.»

Cette table nocturne d’offrandes semble ainsi faire partie d’un ensemble de croyances et de pratiques propitiatoires et de fertilité liées notamment aux moments charnières du cycle solaire. A travers elles, on cherche à attirer les bénédictions d’esprits bienveillants : c’est-à-dire à attirer l’abondance, la fécondité, la générosité et le renouvellement des fruits de la terre.

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Sources :

    • Claude Lecouteux. Chasses infernales et cohortes de la nuit au Moyen Age. Éditions Imago, 2013.
    • Stamatios Zochios. Le cauchemar mythique : Étude morphologique de l’oppression nocturne dans les textes médiévaux et les croyances populaires. Littérature. Université Grenoble Alpes, 2012. https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-01211444/document
    • Littré, Émile. Dictionnaire de la langue française. Paris, L. Hachette, 1873-1874. Version électronique crée par François Gannaz. http://www.littre.org
    • Guillaume d’Auvergne. Opera Omnia. Paris, 1674.
    • Dictionnaire universel françois et latin : contenant la signification et la définition… des mots de l’une et de l’autre langue… la description de toutes les choses naturelles… l’explication de tout ce que renferment les sciences et les arts…. Tome 5. T-Zupain. ÉditeursF. Delaulne (Trévoux), H. Foucault (Paris), M. Clousier. 1721. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k50966d
    • Mangeart, Thomas. Introduction à la science des médailles… ouvrage propre à servir de supplément à « l’Antiquité expliquée » par Dom Montfaucon. Par Dom Thomas Mangeart. Jacquin, Armand-Pierre (1721-1780). Éditeurd’Houry (Paris). 1763. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1041707w#
    • Guillaume de Lorris et Jean de Meung. Le Roman de la Rose. Tome 2. Édition faite sur celle de Lenglet-Dufresnoy, corrigée avec soin et enrichie de la dissertation sur les auteurs… de l’analyse, des variantes et du glossaire publiés en 1737 par J.-B. Lantin de Damerey. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65092264
    • Saint Ouen de Rouen. Vie de saint Éloi, évêque de Noyon et de Tournai. précédée d’une introduction et suivie d’une monographie de l’abbaye du Mont-Saint-Éloi (2e édition, ornée de deux belles gravures sur acier) ; traduite et annotée par M. l’abbé Parenty. ÉditeurJ. Lefort (Lille), 1870. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k102695k

1 Pour Claude Lecouteux (cf. Chasses infernales et cohortes de la nuit au Moyen Age), Diana n’est pas la Diane romaine mais, s’appuyant sur Martin de Braga, suppose qu’il s’agisse de la « déesse sylvestre et champêtre adorée par les paysans du Ve-Vie siècle ». Il évoque une possible confusion entre la Diane antique et la Di Ana, déesse celtique, aussi appelée Anu.

2 Pour Claude Lecouteux, nous sommes en présence d’une coutume païenne car la Bible dit : « Le récipient qui n’aura pas été fermé par un couvercle ou un lien sera impur. »

Peinture : The fairy banquet (le banquet des fées), peinture de John Anster Fitzgerald, 1859.

Lune du Bouleau, rituel par Lady Phoenix

Extrait du livre « Year of Moons, Year of Season : Mysteries & Rites of Celtic Tree Magic par Pattalee Glass-Koentop. (Llewellyn Publications, 1991 Traduction & adaptation Fleur de Sureau.

Première Lune : le Bouleau

Décorations du cercle : Il est suggéré d’utiliser une bougie noire et une bougie blanche pour l’autel, lequel est recouvert de blanc. Si cela est possible, décorez le cercle de branches tout justes feuillées. La figure de la « Mort » est placée au centre depuis la Lune du Sureau. Un bouquet de branches plus courtes se trouve près de l’autel, au nord, et un second bouquet de grosses tiges similaires au sud. Près de l’autel sont disposés des écheveaux de fil à broder rouge, bleu et blanc, ainsi qu’un couteau ou une paire de ciseaux. Après l’invocation et la descente de la lune, la Grande Prêtresse se tourne et parle.

Invocation : Si vous employez les vers d’Hertha par John Swinbourne1, je vous suggère de les mémoriser avant le rituel afin que leur impact ne soit pas atténué par la présence des feuilles de papier. De plus, la force du contact visuel possible avec chacun des membres du cercle durant ce passage verbal est infiniment plus grande si vous n’avez pas à lire les paroles. La voix devient alors celle de la Déesse, et non « juste » celle d’une prêtresse.

Les balais : On peut fabriquer des balais miniatures. Les « rameaux de bouleau » doivent mesurer environ 17 à 20 cm, afin d’obtenir une dimension finale de 30 cm, ou pour fabriquer un balai d’une taille plus réelle, choisissez de petites branches de 45 cm et une longueur de « frêne » de 60 cm. Rappelez-vous que tout bois peut être utilisé pour symboliser le bouleau ou le frêne.

Bâtons de frêne : si vous vivez à un endroit où vous avez peu ou pas accès à des branches de substitution pour ce but, des tourillons en bois ou des bâtons similaires peuvent être employés. Ceux-ci sont disponibles à peu de frais dans la plupart des scieries et magasins de bricolage, aussi bien que dans les solderies.

Liens en osier ou saule : il peut s’agir de tout type de ficelle ou fil. Je suggérerais du fil à broder ou à crocheter, dont la composition est habituellement entièrement naturelle, en principe disponible dans les couleurs primaires et qui n’a pas tendance à s’étirer comme le fait la laine. En outre, ces fils sont moins onéreux, plus faciles à trouver en magasin2. Il est plus facile de retirer le surplus de fil que d’en ajouter lorsque vous terminez votre balai. Que vous travailliez au balai miniature ou grandeur nature, vous pouvez utiliser 60 à 90 cm de fil adéquat, de chaque couleur. Que vous utilisiez du fil à crocheter ou à broder, du fil de laine ou du ruban, choisissez un blanc basique et les riches couleurs primaires rouge et bleu. Le fil blanc pour la pureté de la Jeune Fille, le rouge pour la couleur de la Mère et le bleu pour la sagesse et l’intensité de la Vieille Femme. Si votre symbolique personnelle perçoit la Vieille comme noire plutôt que bleue, alors vos liens seront blanc, rouge et noir.

Marquer la rune : la première lune/ le premier mois est une lune liée à la terre. Si vous utilisez une goutte de colorant alimentaire pour dessiner l’ogham, choisissez du vert pour ce rituel afin de symboliser la Terre.

Engagement : c’est une pratique que j’ai mis en place il y a de nombreuses années, alors que je ne parvenais pas à tenir mes résolutions du nouvel an. Ainsi, j’en ai fait un nouvel impératif, je ne pouvais désigner comme résolution tout ce que je n’avais pas fait ou tenter de faire durant les trois derniers jours de fin d’année. De cette façon, la « nouvelle » résolution consistait à continuer quelque chose que je voulais faire et non pas de commencer quelque chose qui « devrait » être effectué. Dès lors cela devenait un « cadeau » pour moi-même.

Vous désirerez peut-être discuter de cette idée avant le rituel avec les membres de votre cercle ou vous donner le temps d’y réfléchir sérieusement durant un rituel solitaire de méditation. Bien que les phrases du rituel suggèrent quelque chose de très agréable pour vous-même, ma pratique habituelle consiste à faire de cet engagement ou cadeau quelque chose qui deviendra un présent de savoir ou d’amélioration de mes talents et compétences liés à mon Art3. Les rituels de ce livre, par exemple, sont le résultat de ce cadeau prévu pour moi-même une année. Une autre année, pendant la Lune du Bouleau, j’ai choisi de copier avec soin tous les rituels que j’ai écrits ou qui m’ont été donnés, sur une période de plusieurs années, dans un carnet spécial. Comme vous pouvez l’imaginer, ces cadeaux à moi-même ont continué à être quelque chose d’agréable pendant les années qui ont suivi et le processus a renforcé ma connaissance et conscience de soi.

BOULEAU

Lune du commencement

Le temple est préparé4

  • Le travail est planifié : durant cette lune, les décisions sont prises telles les graines spirituelles que vous planterez cette année qui commence tout juste. Le travail magique durant cette lune ajoute force et dynamisme à ces choix.

  • Chaudron : feuilles d’ortie, anis étoilé, fleurs de mauve noire.

  • Le cercle est projeté : Au début, vous souhaiterez peut-être laisser le cercle sans éclairage. Entendre les trois premiers vers du poème Hertha comme une voix dans l’obscurité ou le vide peut être très efficace. Si vous choisissez cette atmosphère, quatre membres doivent se tenir prêts à allumer simultanément les gardiens des quartiers lorsque la Grande Prêtresse parlera de purifier cœurs et esprits.

  • Dédicace : choisir des déités de la naissance et des commencements, celles qui créent à partir de matériaux limités ou de rien.

I am that which began, out of me the years roll ;

Out of me God and Man – they are equal and whole5,

God changes, and Man, and the form of them bodily,

I am the Soul.

Je suis ce qui fut d’abord, hors de moi les années se déroulent ;

Hors de moi l’homme et Dieu – ils sont égaux et entiers ;

Dieu change, et l’homme, et la forme de leurs corps: quant à moi, je suis l’âme.

Before ever land was, before ever the sea,

Or soft hair of the grass or fair limbs of the tree,

Or the fresh-coloured fruit of my branches, I was,

And thy soul was in Me.

Avant même que ne soit la terre, avant même la mer,

Ou les doux cheveux de l’herbe ou les belles branches6 de l’arbre,

Ou le fruit, à la couleur vive, de mes branches, je fus,

Et ton âme était en Moi.

First life on my sources, first drifted and swam.

Out of me are the forces that save it – or damn.

Out of me man and woman, and wild-beast and bird,

Before God was, I AM.

Première vie sur mes sources, première qui a dérivé et nagé,

Hors de moi sont les forces qui la sauvent – ou la damnent.

Hors de moi et homme et femme, et bête sauvage et oiseau,

Avant que Dieu ne soit, JE SUIS.

(Extrait de Hertha par Swinburne)

Le Grand Prêtre : C’est une période de commencements, pourtant nous nous sentons toujours déprimés face à la saison de la mort et de l’hiver. Nous ne ressentons pas encore véritablement la chaleur et la lumière grandissantes du soleil.

La Grande Prêtresse : L’année écoulée a été semée d’embûches pour chacun d’entre nous. Purifions notre cœur et nos pensées des esprits de l’année pour laisser placer à une nouvelle année et une nouvelle croissance.

(La Grande Prêtresse prend le bouquet de branches de bouleau et frappe le sol ou l’autel qui comporte des symboles de l’année écoulée. Et pour finir, elle frappe et renverse la figure de la mort au centre avec la Lune nommée « Sureau ».)

Le Grand Prêtre : L’ancienne année est mesurée par ses Sabbats.

Le Cercle : (à l’unisson) « Ailm, Onn, Ura, Eadha, Idho. »

Le Grand Prêtre : L’ancienne année est caractérisée par ses Fêtes.

Le Cercle : Candlemas, Beltane, Lammas, Samhain.

Le Grand Prêtre : L’ancienne année est délimitée par ses Lunes.

Le Cercle : Bouleau, Sorbier, Frêne, Aulne, Saule, Aubépine, Chêne, Houx, Noisetier, Vigne, Lierre, Roseau, Sureau.

Le Grand Prêtre : La mort est anéantie et la renaissance prend forme.

La Grande Prêtresse : Finie la saison de mort. Voici la saison de vie et de commencement.

Le Grand Prêtre : A travers l’arbre, le Bouleau, la Déesse nous laisse un symbole de naissance et de commencements.

La Grande Prêtresse : Au Bouleau, Elle donne la première Lune de l’année, les commencements, la noblesse, l’extrémité du pouce, dimanche, la capacité à chasser les mauvais esprits, le bâton de pouvoir pour l’une des treize (ndlt : lunes, je suppose), le Soleil, une place dans les chapeaux des fils morts7 et la dernière demeure d’Élisée sur le Mont Horeb8.

Le Grand Prêtre : A nous, Ses Enfants, Elle donne le Bouleau.

La Grande Prêtresse : Elle inscrit en nous la connaissance de la victoire sur la mort.

(La Grande Prêtresse inscrit la lettre oghamique réceptive « B » dans la paume réceptrice de chaque personne, de façon qu’elle puisse être lue du point de vue par celle-ci.)

Nos paroles et nos actions donnent à ce savoir, forme et expression, pour qu’il soit connu des autres.

(La Grande Prêtresse inscrit la lettre oghamique expressive « B » dans la paume émettrice de chaque participant de façon qu’elle puisse être lue par la personne qui se tiendra en face à celui-ci.)

(La Grande Prêtresse prend les branches de Bouleau et en distribue une à chaque membre du coven.)

La Grande Prêtresse : Je suis la Jeune Fille : je suis la victoire sur la mort, je suis les commencements.

(Elle donne une branche à chacun.)

Je suis la Mère : je suis la naissance, je suis la continuité des commencements.

(Elle donne une seconde branche.)

Je suis la Vieille : je suis le guide qui conduit à la renaissance, je suis la complétion des commencements passés et la vision de ceux à venir.

(Elle donne une troisième branche.)

(Le Grand Prêtre ramasse les branches de « Bouleau » restantes.)

Le Grand Prêtre : Pour moi aussi, sacrés sont, comme Horus, la naissance et les commencements.

(Il donne une branche.)

Comme Osiris, la victoire sur la mort et la voie vers la renaissance sont miennes9.

(Il donne une seconde branche à chaque participant.)

(Chaque membre du coven a maintenant 5 branches de « Bouleau ».)

Le Grand Prêtre : A l’avenir caché dans les commencements, nous ajoutons la protection du Frêne.

(Aux membres du coven, il donne les bâtons qui sont au sud de l’autel.)

La Grande Prêtresse : Et la Magie du Saule, pour nous donner toute l’année un abri, des vêtements, de la nourriture et de l’amour.

(Elle donne trois longs brins de fil à chaque participant.)

(Le Grand Prêtre et la Grande Prêtresse prennent le bâton de « Frêne » et un rameau ou une branche de « Bouleau », tout le Cercle fait de même. Ils commencent à nouer au balai, un rameau ou une branche à la fois. Le chant est le suivant : « Flags, Flax, Fodder, Frig…10 » Le chant boucle jusqu’à ce que les balais soient terminés.)

(Note : si on noue un rameau pendant un tour de chant et qu’il y a quatre nouages à faire pour maintenir tous les rameaux ensemble, le total des nœuds équivaudra à neuf, un chiffre sacré pour la Lune.)(Les balais sont consacrés par un cercle joint. Chant : « Ashima, Ninimb, Anatha, Ra. » Prononcé : Ash ih muh, Nih nim, Uh nath uh, Rah.)

(Avec les balais toujours en main, ce chant se prête à une danse en cercle, si désirée.)

La Grande Prêtresse : Au cours des Lunes et Fêtes qui viennent de s’achever . nous avons engagé nos efforts et nos énergies dans le but d’éliminer tout bois mort, pour équilibrer le karma. Mais à présent, il importe d’entamer une action ou une série d’actions pour nous-mêmes, comme un cadeau à nous-mêmes, pour cette année qui vient.

Il ne s’agit pas de ce qui est « nécessaire » ni de ce qui « devrait être fait » mais plutôt de ce qui naît d’un désir et non d’un manque ou d’un besoin. Par cet engagement, nous réalisons quelque chose « de gentil envers nous-mêmes » comme un cadeau-des-commencements de la Déesse, afin de créer un modèle, un exemple de joie à suivre pour l’année à venir et, dans cette joie, La servir.

Le Grand Prêtre : La Lune du Bouleau, celle des commencements, est là. Nous la vénérons à travers sa lumière. Nous sommes les éléments dont la vie est faite et nous partageons le Festin des Éléments, toujours en nous rappelant que tout repas est un sacrement. Nos frères et sœurs des champs et forêts ont sacrifié leurs vies afin que les nôtres puissent être accomplies.

(La Jeune Fille donne le symbole de l’élément approprié à la Grande Prêtresse selon les besoins. La Grande Prêtresse l’offre au Grand Prêtre en disant : « Partage avec moi ce symbole de l’élément de _________. » Ce symbole passe autour du cercle, en terminant par la Grande Prêtresse qui en prend une part.)

TRAVAIL : (Cette Lune devrait être celle qui attire, pour chaque membre du coven, autant d’énergies levées dont ils ont besoin à travers la Première Lune, plutôt que nécessairement travailler pour les besoins des autres.)

RÉVOCATION DES ESPRITS : « MERCI AUX DEITES, LA CEREMONIE EST TERMINEE. »

1 Le nom est erroné, il s’agit d’Algernon Charles Swinburne (1837-1909) et de son poème Hertha. Sir John Swinburne était le grand-père de ce poète anglais.

Ndlt : pour un fil qui ne s’étire pas, qui est naturel, que l’on trouve facilement et à un coût moindre, c’est du fil à crocheter qu’il faut choisir précisément, non pas à broder.

3 Craft dans le texte, c’est-à-dire l’art magique, la sorcellerie.

Ce rituel a été diffusé dans la Georgian newsletter d’avril 1983 (page 18), il est signé par Lady Phoenix, de Dallas. Les instructions à propos du travail planifié et du chaudron sont omises, à la place sont résumées les actions à effectuer, comme suit :

  • Le temple est préparé
  • Le Cercle est projeté
  • Rite d’ouverture
  • La Charge : les premiers vers d’« Hertha ».

5 Il y a eu une modification du texte original. Dans le poème original, il est écrit  : « I am equal and whole. » C’est-à-dire, « Je suis égale et entière » et c’est Hertha qui parle bien sûr.

6 Le mot anglais limbs peut désigne les membres du corps ou les branches d’un arbre. Vous comprendrez pourquoi j’ai évité de traduire fair limbs par « beaux membres »… et excuserez la répétition du mot branche. (o: De toute façon, la traduction d’un poème est tout un art dont je ne connais rien !

7 C’est une allusion à la ballade de l’Angleterre du Nord, La Femme du Puits d’Usher. Je cite une note extraite du livre la Déesse Blanche par Robert Graves : « les fils morts qui reviennent dans la mort de l’hiver rendre visite à leur mère, portent des feuilles de bouleau à leurs chapeaux. L’auteur fait remarquer qu’ils ont arraché ces feuilles à un arbre poussant à l’entrée du paradis où demeurent leurs âmes, et c’est bien là ce à quoi l’on s’attendait. On peut présumer qu’ils portent du bouleau pour signaler qu’ils ne sont pas de mauvais esprits retenus par la terre mais des âmes bénies en mission compatissante. »

8 Là aussi, voir la Déesse Blanche par Robert Graves : « Il n’est pas difficile d’établir le canon hébraïque des arbres de la semaine, les sept piliers de la Sagesse. Le plus plausible remplaçant du bouleau, qui n’était pas un arbre palestinien, devait être le retem, ou genêt sauvage, l’arbre sous lequel le prophète Élisée demeura sur le mont Horeb (« la Montagne AI Soleil Ardent ») et qui semble avoir été consacré au Soleil. A l’instar du bouleau, on s’en servait en guise de balai pour chasser les mauvais esprits. »

9 Is mine dans le texte, c’est-à-dire est mienne… Mais il semble que ce soit une erreur. Je pense que la victoire sur la mort fait également partie du sujet.

10 Doreen Valiente, dans son livre Witchcraft for Tomorrow, donne une explication de cette bénédiction. Voir la traduction sur le Sidh.

Muin, le roncier

Extrait du site encoenchantements (très joliment illustré)

MUIN – Le roncier. (La vigne dans une bonne partie de l’Europe)

Lettre M. 10ème mois lunaire : 2 septembre – 29 septembre.

Guérison, Protection, Abondance, Richesse.

Le fruit du roncier est la mûre, le « meuron » dans le Nord et en Haute-Savoie, « amora » en occitan, « Mouar » et « mouar-penn » en breton…*

En gaélique, elle se nomme « dris-muine ».

 

Les ronciers à mûres, avec leurs longues tiges épaisses et épineuses , font communément des voûtes par les sentiers et les haies d’Angleterre, grimpant les barrières se transformant en grands murs impénétrables si on ne la surveille pas.

Ils poussent aisément dans toutes sortes de sols, avec une préférence pour les sablonneux, à l’ombre comme au soleil, bien que, comme la plupart des plantes, elles fleuriront et bourgeonneront mieux si elles ont de la lumière en suffisance pour elles.

Aller aux mûres reste un passe-temps familial depuis des siècles : les doigts et bouches tachés de pourpre sombre par un « picorage en passant », les égratignures le long des bras à cause des épines crochues et sans merci, mais la gloire d’une récolte  à manger fraîche ou à cuisiner en délicieuses gelées et crumbles.

Dans l’histoire des oghams celtiques, des traditions de pays les plus au nord en Europe tenaient pour sacré le bois de roncier pour le dixième mois lunaire.

Dans les pays plus chauds et plus au sud, le bois sacré est la vigne.

Ces deux plantes ont une façon de pousser, une période de récolte et une couleur de fruits similaires. Toutes deux ont de bonnes propriétés curatives et leurs fruits peuvent être utilisés pour faire des boissons.

La médecine du roncier

Les mûres sont aujord’hui parmi les « super anti-oxydants » Elles sont très riches en Vitamine C, A, Omega 3, Potassium et Calcium.

Toutes les parties de la plante sont utilisées depuis des siècles en remèdes : Les natifs américains faisaient une décoction de racines et feuilles pour aider aux problèmes de digestion et aux douleurs d’estomac.

Nous savons aujourd’hui que le caractère astringent de la plante est dû à une forte teneur en tanins. Elle est une source de salycilates, proche de l’aspirine, qui aide à soulager les inflammations.

Mâcher des feuilles pour guérir les saignements de gencives et la perte des dents qui s’ensuit est un remède séculaire.

John Gerard, herboriste du XVIe siècle, indique dans son « Grand Herbier » (Great Herbal) une recette de feuilles de roncier bouillies dans de l’eau avec du miel, de l’alun et un peu de vin blanc à prendre en bains de bouche pour « fixer les dents ».*

Culpeper conseille une décoction de bourgeons, feuilles, copeaux de bois pour traiter « les plaies fétides de la bouche et de la gorge ».

Recette de tisane de feuilles fraîches (1 mug) :

Une pleine poignée de feuilles de roncier fraîches, 1/2 mug d’eau, du miel.

Optionnel : un petit morceau de tige, d’écorce ou de racine propre et quelques mûres pour la couleur.

Faites frémir les feuilles (et l’éventuel autre morceau) dans l’eau pendant à peu près 10 minutes, sans faire bouillir pour garder le plus de vitamines. Versez dans une tasse et ajouter du miel. Cette tisane vitaminée, rafraîchissante et anti-oxydante quand elle est chaude peut être utilisée froide en gargarismes pour les maux de gorge

Religions, spiritualités, folklores

Elément : Eau

Planète : Vénus

Genre : féminin

Déités : Brigit

Il était coutume, dans de nombreuses îles britanniques, de ne pas manger les mûres. Il fallait les « laisser pour les fées ». Il me semble, pour ma part, qu’il devrait y en avoir beaucoup, pour tout le monde et que les êtres magiques que je connais seraient ravi de partager, à moins que vous ne soyez tombés dans les pattes des plus méchants !

Dans le « langage des fleurs » victorien, une brindille de roncier en fruits ou en fleurs dans un bouquet de fleurs offert pouvait signifier envie, remords ou humilité.

Richard Folkard, dans « Les plantes, folkore, légendes et paroles. » (Plant lore, Legends and Lyrics), 1884, nous dit :

« Rêver que l’on franchit des lieux couverts de ronces laisse présager des ennuis; si elles vous piquent, des ennemis secrets vous porteront préjudice par vos amis; si elles font couler le sang attendez-vous à une perte importante en affaires. Rêver de franchir les ronces et rester indemme indique le triomphe sur vos ennemis.« 

La légende la plus centrée sur la mûre nous indique de ne pas en manger après le jour de Michaelmass, jour de la fête des archanges, le 29 septembre. Ce jour de fête était auparavant célébré le 10 octobre. L’histoire est une concoction ancienne de christianisme, paganisme et contes de grand-mère :

Dieu sourit à ses deux plus grands archanges, Michel et Lucifer. Ils sont les plus sagaces des anges du ciel, pourtant Lucifer était sans doute, plus que nul autre, le plus beau. Son nom signifiait « le Lumineux ».

Dieu lui avait donné beauté et intelligence  au-delà de toue mesure et Lucifer aurait dû l’aimer et lui obéir pour toujours. Mais il était fier aussi. Devenu arrogant, il en vint à penser : « Je vais monter aux cieux et établir mon trône parmi les étoiles » . Il trouva d’autres anges pour le suivre dans sa rébellion.

Dieu ne pouvait permettre une rébellion ni laisser ces pécheurs prétendre prendre sa place. Il jugea donc que Lucifer et ses suivants seraient punis et exclus des cieux.

Lucifer tomba comme tomba sûrement Icare, à travers le cosmos, jusqu’à tomber sur terre dans un énorme buisson de baies noires et d’épines qui déchirèrent ses ailes et ses voiles. Il fut retenu prisonnier un moment.

Lucifer se débattit pour échapper à la ronce et, une fois dégagé, il se trouva si en colère qu’il cracha dessus et certains disent même qu’il la conpissa afin de montrer son mépris. Lucifer avait changé de nom, du Lumineux, il était devenu Satan, l’adversaire. Depuis, les mûres ne sont plus bonnes à manger passé le jour où Michel devint chef des Archanges au ciel, au jour de la fête de Michaelmass.

Les légendes populaires se basent généralement sur des faits de sens commun : les mûres sont effectivement moins agréables à manger après fin septembre, elles deviennent pleines de moucherons et le goût de leur tanin est beaucoup plus fort.

Magies, charmes et croyances du roncier

*Brûlez une petite poignée de feuilles sèches comme encens ou au-dessus d’une flamme. Décuplez son pouvoir en utilisant une bougie jaune, or ou verte pour la richesse.

*Les tiges de ronces ayant naturellement poussé en forme d’arc sont utilisées pour la guérison des rhumatismes et de la coqueluche. Les bébés étaient passés,  de préférence d’est en ouest, à rebours sous l’arche une fois et dans l’autre sens trois fois; un enfant plus grand ou un adulte devait la franchir, tandis que les assistants demandaient l’assistance des déités.

*Météo : Lorsque les mûriers sont en fleurs (Juin-Juillet), un coup de froid appelé L’hiver des mûres, présage d’un hiver glacial.

* Pour apaiser les brulures de peau, trempez neuf petites feuilles de ronce dans l’eau de source et pose les sur le feu en chantant trois fois cette invocation à Brigit, déesse celtique de la guérison et la poésie (Voir l’original sur le site) :

Trois dames venues de l’est,

une avec le feu et deux avec le givre.

Avec le feu et le givre.

* Cueillez un petit morceau de tige de ronces à Mabon (22 ou 23 septembre) ou lors de la lune des moissons. Ôtez précautionneusement ses épines et son écorce, chargez-la de votre intention, puis gardez-la sur vous comme charme pour prévenir la pauvreté.

Traduction par Beth Svitma

Notes :

* Si vous connaissez d’autres noms ou voyez une erreur ici, merci pour votre coup de pouce ! ;)

*John Gerrard Great Herbal

Gort : correspondances Faerie Faith

Lierre/Gort

Extrait de The Faerie Faith and the Beth-Luis-Nion Celtic Lunar Tree Calendar par James Clifford Landis. Traduction : Fleur de Sureau.

Correspondances pour le système BLN du Calendrier des Arbres Lunaires celtiques. Extrait de “Lunar Tree Energies” par Linda Kerr, et la Déesse Blanche par Robert Graves.

 

Glyphes

Je suis un sanglier cruel

Couleur

Bleu

Lettre

GortG

Animaux

Cygne tuberculé

Symboles

Baguette de lierre, chevreuil

Archétypes féminins

Artémis, Bridget, Dana, Sadb, Britomartis, Roag, Ariadné, Cerridwen

Archétypes masculins

Dionysos, Bacchus

Guérisons

Sédatif, régulateur du système nerveux

Mystères

Maitriser ses Peurs, Basses Emotions, Rechercher la Modération, Contraindre sa Nature Inférieure (Force)