Les deux courants de la Wicca Dianique : Dianic Covenstead & Feminist Wicca

Notre tradition est issue des deux courants de la wicca dianique : celui initié par Z. Budapest, que l’on nomme Feminist Wicca et celui initié par Morgan McFarland, appelé Old Dianic ou encore Dianic Covenstead (la Faerie Faith dérivant de l’Old Dianic, cf. les autres articles du blog qui traitent du sujet). Toutefois, nous travaillons essentiellement avec le matériel Old Dianic/McFarland. Dans le souci de toujours mieux connaître l’Histoire et les racines de notre tradition, nous compilons sur ce blog toutes les informations que nous trouvons.

Voici donc un extrait du livre (en français, c’est rare et mérite d’être souligné) « Sorciers, sorcières et néopaïens dans l’Amérique d’aujourd’hui », d’Anne-Marie Lassallette-Carassou (chapitre VIII, 3. LE CULTE DIANIQUE DES ÉTATS-UNIS). Les informations de l’auteur sont largement tirées de Drawing down the Moon par Margot Adler, dont les passages traitants de Mark Roberts et Morgan McFarland ont été traduits sur ce blog.

Les mouvements féministes, gays et écologistes ont contribué (non sans mal) au développement de la wicca américaine ainsi qu’à celui du reste du néopaganisme. Une étude de cas significative de ce phénomène, permettant de montrer à quel point il a pu mettre à l’épreuve les principes œcuméniques définis par le Conseil, peut être faite en étudiant la fondation de la tradition Dianic Wicca, Z. Budapest et Morgan Mc Farland. Le terme Dianic Wicca recouvre aujourd’hui un grand nombre de groupes, que l’on peut rassembler en deux tendances principales. : Feminist Wicca (issue de Budapest) et Dianic Covenstead (tendance McFarland).

Comme son nom l’indique, Z. Budapest est d’origine hongroise. L’arbre généalogique de sa famille remonte à 1270. Il y a toujours eu des herboristes dans sa famille ; plusieurs de ses ancêtres étaient guérisseurs, et son père, médecin, tenait également une pharmacie-herboristerie. Budapest se souvient de sa mère prédisant l’avenir, entrant en transe et en communication avec les morts. Sa mère était artiste et son art témoignait, d’après Budapest, d’influences sumériennes. Elle décorait ses céramiques de motifs représentant l’arbre de vie, de symboles floraux (1), etc. Elle utilisait des incantations et, dit Budapest, « arrêtait le vent ». Elle décrivait ces pratiques comme peasant, et non pagan (il se trouve les deux notions — paysan et païen — sont désignées par le même terme en hongrois).

La famille émigre aux États-Unis après l’insurrection de 1954 pour fuir la répression soviétique. Budapest est encore adolescente. En arrivant à New York, elle prend conscience qu’il y règne une forme d’oppression : les fondations Ford et Rockfeller octroient des bourses d’études aux enfants des réfugiés hongrois, mais l’essentiel des fonds est distribué aux garçons ; les filles comme Budapest doivent travailler pour pouvoir bénéficier d’études secondaires. Dans ces conditions, les études universitaires sont hors de question. Budapest devient donc serveuse. Elle se marie et élève ses deux enfants, tout en continuant à travailler. Au bout de douze ans d’une vie harassante, Budapest fait une tentative de suicide. Alors, elle a une vision, et se remémore qu’elle est une sorcière : « j’ai recouvré mon authentique perspective de sorcière, et me suis souvenue qu’une sorcière envisage toujours la vie comme un défi », explique-t-elle. Budapest décide de tourner la page et part en auto-stop pour Los Angeles. Elle y découvre dans un journal l’annonce d’une manifestation d’un groupe féministe, le Women’s Liberation Movement, et décide de se joindre au groupe qu’elle rencontre à cette occasion. Budapest commence alors à parler de la Déesse à ces femmes. Elle leur communique son savoir sur les coutumes païennes qui ont survécu en Hongrie, et qui y ont perdu pour la plupart des Hongrois (mais pas pour elle) toute signification religieuse. Puis elle entreprend la lecture de toute la littérature disponible sur le culte dianique, en particulier les œuvres de Leland et de Murray, et tient ses premiers sabbats avec quelques femmes de son groupe. Un jour du solstice d’hiver 1971, à Vénice (Californie) un coven est créé. Les femmes du groupe le nomment le « Susan B. Anthony Coven n° 1 » (2).

Au début des années quatre-vingt, Z. Budapest transmet la direction de ce premier coven à la Grande-Prêtresse Ruth Barrett, qu’elle a initiée, et part pour Oakland où elle fonde un deuxième coven. Barrett change le nom du coven initial, choisissant de le nommer Circle of Aradia. Budapest donne à son second coven l’ancien nom du premier. À Oakland, elle fonde et dirige un centre de formation — Le Women’s Spirituality Forum — qui se fixe comme objectifs de faire connaître et d’amener au culte de la Déesse les membres de mouvements féministes et écologistes, et de restaurer (ou plutôt d’instaurer) la paix et la justice aux États-Unis. Le centre organise des congrès auxquels des féministes qui sont aussi des figures importantes du néopaganismes, comme Merlin Stone, Starhawk, Diana Paxton, Margot Adler et Budapest elle-même sont invitées à prendre la parole (3).

Alors même que Z. Budapest fonde le Suzan B. Anthony Coven n° 1 à Venice, un autre coven dianique est créé à Dallas, Texas (c’est-à-dire en pleine Bible Belt) par Morgan McFarland et Mark Roberts. McFarland avait passé son enfance en Orient où son père était un missionnaire protestant, puis elle s’était installée dans le sud des États-Unis, où elle avait été initiée dans un coven local ne se réclamant d’aucune tradition particulière et se dénommant simplement Witchcraft (4). Néanmoins, les rituels de ce coven étaient très inspirés de Graves, mettant l’emphase sur le culte de la Lune et sur les Mystères des treize mois lunaires et leur relation avec l’alphabet Beth-Luis-Nion de la Grande-Bretagne archaïque dont parle Graves. Quelques mois plus tard, McFarland lançait un magazine néopaïen éphémère, The Harp, avant de sortir de l’ombre et de créer un premier groupe néopaïen appelé The Seekers (La Quête) en 1972. Ce groupe publie une revue intitulée The New Broom (littéralement : ,nouveau balai). The Seekers devient bientôt un coven dianique mixte. Il est suivi d’un deuxième coven, réservé aux femmes, puis le groupe commence à essaimer.

Dianic Wicca est aujourd’hui l’une des branches les plus actives du néopaganisme wicca. Les adeptes de Dianic Wicca considèrent le véritable Craft comme une religion de femmes. Alors que la plupart des membres de la wicca reconnaissent Gardner comme leur père spirituel et respectent le principe de la double polarité masculin-féminin, les sorcières dianiques ne veulent reconnaître que Diana, celle de Murray, mais surtout celle de Leland, et aussi la Diane/Artémis des Romains et des Grecs. Le culte dianique des États-Unis est le culte de la Déesse, source de toute vie, source du féminin et du masculin, et comportant en elle des aspects du masculin et du féminin. Il y a là des échos de Graves, de Frazer, des théories de Jung et surtout de Neumann*. Chaque création de la Nature étant un enfant de la Déesse, ce culte se considère comme panthéiste, bien que les rituels soient consacrés uniquement à la Déesse : celle-ci est d’ailleurs célébrée sous trois aspects différents correspondant aux trois âges du féminin : Maiden-Creatrix (5), Great Mother (la Grande Mère) et Old Crone (la Vieille Femme), cette dernière détenant les clefs des portes de la mort et de la renaissance.

La plupart des covens dianiques sont composés exclusivement de femmes, mais ce n’est pas toujours le cas dans la tendance MacFarland. Comme les covens exclusivement féminins, les covens mixtes ont une approche strictement féministe en toute chose. Dans chaque cercle, la Grande-Prêtresse représente la Déesse. Elle est assistée lors des rituels par une très jeune fille, et parfois, dans les covens mixtes, par un Grand-Prêtre qui reconnaît son autorité. Le Grand-Prêtre et la jeune fille représentent l’époux et l’enfant de la Déesse. Cet époux entretient avec la Déesse le même type de relation qu’Osiris à Isis. Pour illustrer cette relation, les membres de Dianic Covenstead citent une phrase attribuée à Bachofen : « Immortelle est Isis, mais mortel est son époux, tout comme la création terrestre qu’il représente. » McFarland en est la Grande-Prêtresse et Mark Roberts son Prêtre. Dans cette tradition, ce sont toujours les femmes qui choisissent le prêtre, et celui-ci est révocable à tout moment. Les hommes y sont en position d’infériorité, mais, comme le dit Roberts (cité par Adler, 1997 : 124), « Je préfère être second sur un navire solide que capitaine d’un navire dont la coque est pourrie et qui ne va pas tarder à sombrer, ce qui est le cas du patriarcat. »

D’après Melton (1988 : 1220), certains covens dianiques croient à la parthénogenèse. Cette croyance se révèle aujourd’hui en quelque sorte en passe d’être légitimée par la découverte d’une technique particulière de procréation assistée : le clonage humain à partir d’une cellule maternelle.

Si MacFarland fut initiée au Witchcraft avant de devenir féministe, il est clair que Budapest était déjà féministe avant de devenir une sorcière féministe de la branche wicca et de fonder uncoven et la tradition Dianic Wicca. Mais il est également vrai qu’elle peut prétendre avoir été avant tout sorcière, par tradition familiale — une tradition que Bonewits qualifierait de « classique ». Il semble aussi que sa mère ait pratiqué ce que Bonewits appelle sorcery. Elle a recueilli en héritage — par imprégnation (c’est-à-dire sans bénéficier d’un enseignement systématisé) — certains savoirs magiques, transmis oralement et par l’exemple, de génération en génération. Dans cette tradition familiale, les rituels sont réduits au minimum. Ce qu’il reste de religieux dans cet héritage est également très simple et réduit au minimum. Il n’y a pas d’initiation à proprement parler. Il s’agit d’un savoir presque réduit au savoir-faire, un craft. Le contact avec le mythe ou la religion wicca importés d’Europe via Gardner et al. se fait dans un deuxième temps. Et ce, par l’intermédiaire de la lecture de la littérature wicca et non par initiation. S’ensuivent la création d’une tradition, avec l’adoption d’un mythe, de nouvelles structures, des initiations, et des rituels de plus en plus élaborés concernant non plus un individu, mais tout un groupe, qui y trouve une cohésion : il s’agit maintenant d’une religion – mais d’une religion assez éloignée des principes de la wicca tels que définis par le Council of American Witches, et cette particularité va créer de nombreux remous au sein du Craft étasunien.

(1) Sans doute s’agit-il de l’arbre huluppu et de la rosette d’Inanna, dont le mythe sera résumé ci-dessous. cf. Inanna, Queen of Heaven and Earth (Her stories and Hymns from Sumer) de Diane Wolkstein et Samuel Noah Kramer (1984), ouvrage que nous avons traduit en 1996.

(2) Susan Brownell Anthony (1820 – 1906) était une des figures éminentes du mouvement féministe américain du XIXe siècle ; elle s’est battue pour QUE le droit de vote soit accordé aux femmes.

(3) Ce récit est emprunté à Adler, 1997 : 76-77. Le groupe de Z. Budapest devient célèbre lorsque la « sorcière » féministe, qui utilisait le tarot, tombe en 1975, à Los Angeles, dans un piège tendu par une femme policier qui lui avait demandé de tirer les cartes et l’avait prise en flagrant délit. Budapest refusa de payer discrètement une amende et de retourner à ses activités occultes dans sa petite boutique qui avait pignon sur rue, comme le fon habituellement les centaines d’autres personnes arrêtées pour le même motif. Au contraire, elle proclama que son activité divinatoire était liée à sa religion. Elle fut arrêtée et emprisonnée, passa en jugement et fut condamnée, pour avoir enfreint la loi de Los Angeles, à payer une lourde amende. De nombreux témoins, dont les anthropologues avaient pourtant été cités par la défense, dont le slogan était « Hands off Wimmin’s Religion » (« On ne touche pas à la religion des Femmes. »)

(4) Les sources divergent quant au milieu professionnel de McFarland : Melton (1988 : 1220) en fait une journaliste, alors qu’Adler (1997 : 124) dit qu’elle a d’abord été mère au foyer, puis a donné des conférences sur le féminisme et le witchcraft, pour finir par monter un commerce florissant de plantes et de vannerie.

(5) Cet aspect de la déesse (que l’on pourrait traduire par « la Jeune Fille Créatrice ») est celui que célèbre le groupe néopaïen non wicca Feraferia, étudié ultérieurement.

Les 13 étapes vers la maitrise intérieure

Auteur inconnu, traduction Fleur de Sureau.

1. J’honore l’énergie du bouleau, pour un nouveau départ. Je suis capable de me transformer comme je le veux. Ainsi soit-il !

2. J’honore l’énergie du sorbier, pour la protection contre les maléfices. Je ne resterai pas enchaînée à mes erreurs passées. Ainsi soit-il !

3. J’honore l’énergie de l’aulne, pour la protection de mon oracle intérieur. J’écouterai la voix de la Déesse intérieure. Ainsi soit-il !

4. J’honore l’énergie du saule, pour mes rythmes lunaires, en tant que femme. Je reconnaîtrai et tiendrai compte des cycles de mon corps. Ainsi soit-il !

5. J’honore l’énergie du frêne, le bâton du magicien. Je reconnaîtrai que « ce qui est ci-dessus est comme ce qui est ci-dessous », je joue un rôle sur un plan plus global des choses. Je relierai mon monde intérieur à mon monde extérieur. Ainsi soit-il !

6. J’honore l’énergie de l’aubépine, pour la purification et la modération. Je choisirai ce qui pénètre mon corps et ferai le vide de tout ce qui porte atteinte à mon bien-être personnel. Ainsi soit-il !

7. J’honore l’énergie du chêne, la porte des mystères. Je ferai appel à la force du Cornu lorsque je ressentirai le besoin de protection. Ainsi soit-il !

8. J’honore l’énergie du houx, la lance du guerrier. Je ne resterai pas passive ni victime, au contraire je choisirai de combattre pour ma liberté. Ainsi soit-il !

9. J’honore l’énergie du noisetier, l’arbre de la sagesse. Je tiendrai compte de mes intuitions, et je serai sage et avisée dans mes choix. Ainsi soit-il !

10. J’honore l’énergie de la vigne, l’essence végétale de la convivialité et des célébrations. Je m’aimerai moi-même et célébrerai la vie, en ne percevant pas les choix que j’ai faits comme des privations, mais comme des cadeaux. Ainsi soit-il !

11. J’honore l’énergie du lierre, la spirale qui mène au centre. Tout ce que j’accomplirai, je le ferai parce que c’est mon désir propre et profond. Je serai à l’écoute de moi-même et resterai équilibrée et centrée pendant que j’effectue ce travail. Ainsi soit-il !

12. J’honore l’énergie du roseau, l’outil de la chasse. Je prendrai des mesures directes lorsqu’il sera nécessaire de me protéger, notamment en « tuant » les anciens schémas de pensée, les amitiés et les relations qui me nuisent. Ainsi soit-il !

13. J’honore l’énergie du sureau, qui voit la fin depuis le commencement. Je suis ici depuis de nombreuses vies. Je sais que je me suis transformée, encore et encore. Je partirai de là où je suis et persisterai sur ma voie. Je réussirai. Ainsi soit-il !

Comme vous le voyez, l’objectif païen ne consiste pas à abandonner ses responsabilités à un pouvoir supérieur, mais à les assumer et à faire des choix appropriés pour la déesse (que vous êtes !)

N’hésitez pas à effectuer des changements dans ce document, à votre guise.

Reconnaitre l’aulne pendant la lune de l’aulne

Pour ceux qui cherchent à reconnaitre l’aulne glutineux pendant la lune de cet arbre dans notre tradition, voici à quoi il ressemble actuellement (les photos ont été prises hier, le 8 mars, et en moyenne montagne, dans le centre de la France).

Il ne porte pas encore de feuilles mais on peut voir sur ses branches les chatons mâles et femelles (les chatons longs sont les mâles, ils viennent de fleurir, et les femelles sont les petites choses pourpres à côté), ainsi que les fruits (strobiles) de l’an dernier qui ressemblent à des pommes de pin miniatures. Il y a aussi des bourgeons bien sûr, d’un brun foncé violacé.

Sa floraison commence en février et s’étend jusqu’en avril. Il peut pousser jusqu’à 20 ou 30 m et atteindre l’âge vénérable d’une centaine d’années (voire 150 ans.) Chez moi, ce sont essentiellement des arbres de taille moyenne et rarement isolés de leurs semblables.

Cherchez-le à proximité d’un cours d’eau ou carrément les pieds dans l’eau, c’est ce qu’il préfère.

Pour voir sa silhouette, suivez ce lien (bien qu’il ait été élagué sur un côté, je n’ai pas trouvé de meilleure photo sur le net pour le reconnaitre en cette saison.)



Tradition Faerie Faith : Comprendre les « Arbres », l’Aulne

L’Aulne

Extrait de la thèse : The Faerie Faith and the Beth-Luis-Nion Celtic Lunar Tree Calendar par James Clifford Landis. Traduction et adaptation : Fleur de Sureau.

L’aulne est le quatrième arbre de l’année. Son nom gaélique est Fearn (prononcé à l’anglaise « Fair un »).

Le glyphe pour l’aulne est « je suis une larme étincelante du Soleil. »

• Utilisations de la plante et Folklore

L’aulne a été utilisé pour ses propriétés toniques et astringentes. « La décoction de l’écorce est utile pour baigner gonflements et inflammations, en particulier au niveau de la gorge, et elle est réputée soigner la fièvre » (Grieve 18).

Selon une superstition du comté du Worcestershire, en Angleterre, porter des morceaux d’aulne sur soi préserverait des rhumatismes. Tandis qu’on utilisait beaucoup ses « boutons noirs », le fruit de l’aulne, pour décorer les puits et sources, il s’agissait d’un rite nommé « well dressing » qui permettait d’honorer une source (ou son esprit ou, plus tard, son saint) afin que son eau ne tarisse pas (Vickery 2, 388).

« Malvhina Well – 2007 Well Dressing, by Bob Embleton.

• Mythologie et Symboles

L’aulne est le pont entre l’eau et le feu, la mer et la terre, l’hiver et le printemps. L’aulne ne pourrit pratiquement pas dans l’eau et c’est pourquoi il était utilisé pour soutenir les bâtiments, comme pilotis. « Le Rialto, à Venise, repose sur des pilotis d’aune, de même que plusieurs cathédrales médiévales. » (Graves 170). Il servait également à la construction de ponts, de chaussées et de conduites d’eau.

L’Aulne est étroitement lié au feu, même si c’est un combustible médiocre, il constitue le meilleur des charbons de bois. Dans certaines régions d’Irlande, abattre un aulne sacré amenait comme châtiment la destruction de sa maison par le feu. « L’aulne est l’arbre du feu, le pouvoir du feu de libérer la terre de l’eau. » (Graves 171).

Ce lien avec le feu apparaît dans le fait que l’équinoxe de printemps tombe toujours pendant la Lune de l’Aulne. L’équinoxe de printemps est un pont qui éloigne l’année des froides inondations de l’hiver et la conduit à la tiédeur du printemps. L’aulne était, « Fearineus, le dieu du printemps auquel on offrait des sacrifices sur le mont Cronien à Olympe, à l’équinoxe du printemps » (Graves 172).

L’aulne est associé à quatre couleurs. La pourpre est la couleur de la royauté et les Rois des Aulnes (Féerie) tirent leur nom de cet arbre. Le rouge est la couleur du feu, ainsi que celle du sang. Lorsqu’un aulne est abattu, son écorce devient écarlate et semble saigner comme un homme. En outre, une teinture rouge peut être obtenue à partir de l’écorce. Une teinture verte peut être fabriquée à partir des fleurs, qui éclosent durant le mois de l’Aulne. Le vert est la couleur des vêtements des fées (les esprits de la nature). Une teinture brune est obtenue à partir des rameaux de l’aulne, le brun étant la couleur de la terre dans laquelle pousse l’aulne.

• Énergies

Enfin, l’aulne amène le temps des naissances. Le printemps arrive et les projets élaborés lors de la première lune peuvent maintenant aller de l’avant. Et en même temps, ce peut être une période douloureuse. Avec la naissance des choses nouvelles vient la destruction des anciennes. Le glyphe de l’Aulne « je suis une larme brillante du Soleil » est comparable à l’adage « toute naissance digne de ce nom s’accompagne toujours de larmes. » Avec l’arrivée du soleil à l’équinoxe de printemps, nous donnons naissance à nos projets. Pourtant, cette période peut être marquée par les doutes, la confusion, la dépression et le chagrin. La dépression post-partum est commune et de façon semblable, beaucoup sont déprimés après avoir accouché de leurs projets, car ceux-ci pourraient très bien ne pas donner les résultats escomptés.

Pendant [la lune de] l’Aulne, l’étudiante doit apprendre l’équilibre. Les quatre couleurs de l’aulne enseignent à l’étudiante la révérence, l’harmonie et l’équilibre. Ces leçons doivent être acquises bien avant la seconde moitié de l’année (Kerr, ‘Lunar’.)

Dame Abonde

Fleur de Sureau pour le coven Ignis Daemonis. Dans le cadre du cours sur Iphin (2016).

Pour l’époque des Premières Récoltes, notre aînée Mut Danu, dans son livre The Tree Mothers, nous oriente vers la Déesse Habondia. A partir de ce nom, j’ai effectué des recherches sur internet pour trouver des ressources bibliographiques, je suis tombée essentiellement sur des inventions modernes. J’ai donc choisi de partir sur l’idée d’une divinité liée à l’abondance issue de l’Antiquité.

Et dans le panthéon romain, j’ai découvert la Déesse Abondance.

Dans le contexte du culte impérial de la Rome Antique, Abondance (notez bien : Abundantia en latin) est la personnification allégorique de l’abondance et de la prospérité. La déesse Abondance incarne l’une de ces nombreuses « vertus » associées aux empereurs déifiés. Elle est souvent confondue avec Annone (Annona) qui présidait aux vivres, au produit de la récolte annuelle. Ces deux-là sont inspirées de déesses plus anciennes, notamment de Cérès (Ceres), la déesse de l’agriculture et des moissons, dont elles partagent les attributs : corne d’abondance, épis de blé, etc. Il existe une différence subtile entre Annone et Abondance. La première semble concernée les distributions publiques de nourriture, de provisions de grain de l’année, alors que la seconde concerne également l’argent.

Mais ce nom, « Habondia » d’où sort-il ?

Le dictionnaire Littré nous apprend qu’Abonde, ou plus précisément Dame Abonde, est la principale des fées bienfaisantes. Du bas latin, abundia.

Nous y voilà. Dame Abundia. Habondia. La Fée Abonde.

Avec ces mots-clefs, j’ai trouvé une infinité de textes qui s’accordent tous à dire, en résumé, que :

Dame Habonde est à la tête de troupes féminines qui parcourent l’espace de nuit et visitent maisons et celliers. Sur la table, on dispose à leur intention mets et boissons, qui ne doivent être ni couverts ni bouchés. Si ces femmes que l’on nomme Bonnes Dames ou Dames de la Nuit, c’est-à-dire des Fées, des créatures féeriques, trouvent la table bien servie, l’endroit bien propre, elles mangent le festin sans pour autant en diminuer la quantité et en contrepartie apportent abondance et bonheur à la maisonnée. Dans le cas contraire, « l’abondance quitte la demeure » au sens propre comme au figuré !

Durant le moyen-âge, il existe de nombreuses légendes à propos de cohortes nocturnes menées par un Esprit féminin : Dame Abonde, mais aussi Diane1, Hérodiade et encore, chez les Allemands, Holda (la « bienveillante »).

Notons tout de même qu’entre la déesse romaine Abondance issue du culte impérial et la fée Abonde, nous avons effectué un saut dans le temps de mille ans. Et il est d’ailleurs plus que probable que le seul lien qui les rattache l’une à l’autre ne réside qu’en leur nom.

L’un des plus anciens écrits à notre connaissance à propos de Dame Abonde date du XIII e siècle. Guillaume d’Auvergne (1190-1249), évêque de Paris, dans Opera Omnia (Paris 1674, tome I, page 1036, col. 2) évoque des esprits féminins bienfaisants :

« […] Il en va de même du démon qui, sous l’apparence d’une femme, visite la nuit, en compagnie d’autres, dit‐on, les maisons et les celliers. On le nomme Satia, d’après ‘satiété’, et aussi Dame Abonde, à cause de l’abondance qu’on dit qu’il confère aux maisons qu’il aura visitées. C’est ce genre de démon que les vieilles appellent ‘les Dames‘, à propos desquelles elles entretiennent cette erreur à laquelle elles sont les seules à croire et dont elles rêvent. Elles disent que les dames usent de la nourriture et des boissons qu’elles trouvent dans les maisons sans toutefois les consommer entièrement, ni même en diminuer la quantité, surtout si les récipients qui contiennent les mets sont découverts, et si ceux qui renferment les boissons ne sont pas bouchés2, quand on leur laisse pour la nuit. Mais si elles trouvent ces récipients couverts, fermés ou encore bouchés, elles ne touchent ni aux mets, ni aux boissons, et c’est la raison pour laquelle les dames abandonnent ces maisons au malheur et à l’infortune sans leur conférer satiété ni abondance. […] »

« […] En ce qui concerne les véritables personnes qui apparaissent la nuit dans les maisons et dont la plus importante d’entre elles est nommée « Abonde » en raison de l’abondance de biens qu’elle est supposée apporter dans les maisons qu’elle fréquente, elles n’ont jamais été vues, pas plus qu’elles n’ont été entendues. C’est ainsi qu’on voit jusqu’où va la bêtise des hommes et la déraison des vieux qui laissent des récipients d’aliments et des vases de vin ouverts et ne ferment aucun passage à ceux qui visitent les maisons la nuit. Ils laissent en évidence boissons et nourriture que les visiteurs peuvent s’approprier sans difficulté et selon leur bon plaisir. […] »

Dans le Roman de la Rose, il est également fait mention de Dame Habonde. Il s’agit d’une œuvre poétique datant du XIIIe siècle, écrite par Guillaume de Lorris et Jean de Meung.

« Bien des gens sont trompés par leurs sens et croient être des sorcières (estries) errant avec Dame Habonde : « Ils disent que, par tout le monde, le tiers des enfants de la nation sont de cette condition et partent, trois fois la semaine, là où le destin les mène », entrent dans les maisons, car ni barres ni clés ne les arrêtent, et ils pénètrent par les chatières et les fentes : leur âme quitte leur corps (se partent des corps les âmes) et ils accompagnent les Bonnes Dames en d’autres lieux et dans les maisons alors que leurs corps reste sur leur lit. »

Cette table d’offrandes que l’on dresse la nuit est un rituel qui a pour but de rendre favorable une divinité que l’on désire honorer. C’est un type de rituel qui semble remonter à des temps plus anciens et dont nous possédons au moins deux traces antérieures au XIII e siècle.

Au VII e siècle, dans La Vie de Saint Éloi, écrit par Saint Ouen de Rouen, le prédicateur interdit aux croyants de préparer les tables pendant la nuit, sans préciser cependant à l’attention de qui on les dresse.

Au XI e siècle, Burchard de Worms dans son Decretum réitère cette interdiction. D’après Cyrille Vogel, Le Pécheur et la pénitence au Moyen Age, Paris, Cerf, 1969, p. 105 :

« 153. As-tu agi comme certaines femmes à certaines époques de l’année : quand elles préparent la table, les aliments et la boisson, elles placent trois couteaux sur la table pour que les trois sœurs que les anciens dans leur sottise ont appelé les Parques puissent se restaurer. Ces femmes dénient la puissance à la bonté divine et l’attribuent au diable ! As-tu cru que ces trois sœurs, comme tu dis, pouvaient t’être de quelques secours maintenant ou plus tard ? Si oui : 1 an de jeûne au pain et à l’eau, aux jours officiels. »

Claude Lecouteux établit même un lien entre ces tables nocturnes d’offrandes et un rite romain lié aux ancêtres dans son livre Chasses infernales et cohortes de la nuit au Moyen Age :

« Le passage de cette cohorte de femmes est lié à un rite de troisième fonction et relève des augures : si les visiteuses sont satisfaites des nourritures offertes, elles apportent à la demeure prospérité et fécondité. A l’arrière-plan se dessine donc un rite calendaire appartenant à la mythologie des commencements : ce qui arrive à cette date préfigure ce que sera l’an neuf. Le rite reçoit une signification plus grande si l’on sait qu’il est déjà attesté chez les romains. Dresser une table cette époque de l’année est un rite religieux lié au culte des ancêtres, car les morts sont les dispensateurs de la fertilité du sol et de la fécondité des hommes et des bêtes : à Rome, la table portait le nom de « tables des âmes » ou « des défunts ». »

Dame Habonde passe-t-elle dans les maisons uniquement aux alentours du Solstice d’Hiver, durant les 12 nuits ou lors des Calendes de Janvier ? Je ne suis pas vraiment parvenue à trouver des indices si ce n’est dans un texte du XV e siècle, Thesaurus pauperum de 1468, qui établit un lien entre Abonde, Satia et Percht :

« Le second type de superstition, une sorte d’idolâtrie, est celle de ceux qui, la nuit, exposent ouverts des récipients remplis de nourriture et de boisson destinées aux dames qui doivent venir, dame Abonde et Satia, que le vulgaire désigne communément et couramment du nom de dame Percht ou Perchtum, cette dame venant avec sa troupe. Ceci, pour qu’elles trouvent ouverts tous objets tenant à la nourriture et à la boisson, afin que, par la suite, elles les remplissent et les accordent richement et en plus grande abondance. Beaucoup croient que c’est pendant les nuits saintes, entre la naissance de Jésus et la nuit de l’épiphanie, que ces dames, à la tête desquelles est dame Perchta, visitent leurs demeures. Nombreux sont ceux qui, au cours de ces nuits, exposent sur les tables pain, fromage, lait, viandes, œufs, vin, eau et denrées de cette sorte, de même que cuillers, plats, coupes, couteaux et autres objets semblables, en vue de la visite de dame Perchta et de sa troupe, pour qu’elles y trouvent agrément et que, par conséquent, elles soient propices à la prospérité de la demeure et à la conduite des affaires temporelles.»

Cette table nocturne d’offrandes semble ainsi faire partie d’un ensemble de croyances et de pratiques propitiatoires et de fertilité liées notamment aux moments charnières du cycle solaire. A travers elles, on cherche à attirer les bénédictions d’esprits bienveillants : c’est-à-dire à attirer l’abondance, la fécondité, la générosité et le renouvellement des fruits de la terre.

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Sources :

    • Claude Lecouteux. Chasses infernales et cohortes de la nuit au Moyen Age. Éditions Imago, 2013.
    • Stamatios Zochios. Le cauchemar mythique : Étude morphologique de l’oppression nocturne dans les textes médiévaux et les croyances populaires. Littérature. Université Grenoble Alpes, 2012. https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-01211444/document
    • Littré, Émile. Dictionnaire de la langue française. Paris, L. Hachette, 1873-1874. Version électronique crée par François Gannaz. http://www.littre.org
    • Guillaume d’Auvergne. Opera Omnia. Paris, 1674.
    • Dictionnaire universel françois et latin : contenant la signification et la définition… des mots de l’une et de l’autre langue… la description de toutes les choses naturelles… l’explication de tout ce que renferment les sciences et les arts…. Tome 5. T-Zupain. ÉditeursF. Delaulne (Trévoux), H. Foucault (Paris), M. Clousier. 1721. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k50966d
    • Mangeart, Thomas. Introduction à la science des médailles… ouvrage propre à servir de supplément à « l’Antiquité expliquée » par Dom Montfaucon. Par Dom Thomas Mangeart. Jacquin, Armand-Pierre (1721-1780). Éditeurd’Houry (Paris). 1763. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1041707w#
    • Guillaume de Lorris et Jean de Meung. Le Roman de la Rose. Tome 2. Édition faite sur celle de Lenglet-Dufresnoy, corrigée avec soin et enrichie de la dissertation sur les auteurs… de l’analyse, des variantes et du glossaire publiés en 1737 par J.-B. Lantin de Damerey. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65092264
    • Saint Ouen de Rouen. Vie de saint Éloi, évêque de Noyon et de Tournai. précédée d’une introduction et suivie d’une monographie de l’abbaye du Mont-Saint-Éloi (2e édition, ornée de deux belles gravures sur acier) ; traduite et annotée par M. l’abbé Parenty. ÉditeurJ. Lefort (Lille), 1870. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k102695k

1 Pour Claude Lecouteux (cf. Chasses infernales et cohortes de la nuit au Moyen Age), Diana n’est pas la Diane romaine mais, s’appuyant sur Martin de Braga, suppose qu’il s’agisse de la « déesse sylvestre et champêtre adorée par les paysans du Ve-Vie siècle ». Il évoque une possible confusion entre la Diane antique et la Di Ana, déesse celtique, aussi appelée Anu.

2 Pour Claude Lecouteux, nous sommes en présence d’une coutume païenne car la Bible dit : « Le récipient qui n’aura pas été fermé par un couvercle ou un lien sera impur. »

Peinture : The fairy banquet (le banquet des fées), peinture de John Anster Fitzgerald, 1859.

Lune du Bouleau, rituel par Lady Phoenix

Extrait du livre « Year of Moons, Year of Season : Mysteries & Rites of Celtic Tree Magic par Pattalee Glass-Koentop. (Llewellyn Publications, 1991 Traduction & adaptation Fleur de Sureau.

Première Lune : le Bouleau

Décorations du cercle : Il est suggéré d’utiliser une bougie noire et une bougie blanche pour l’autel, lequel est recouvert de blanc. Si cela est possible, décorez le cercle de branches tout justes feuillées. La figure de la « Mort » est placée au centre depuis la Lune du Sureau. Un bouquet de branches plus courtes se trouve près de l’autel, au nord, et un second bouquet de grosses tiges similaires au sud. Près de l’autel sont disposés des écheveaux de fil à broder rouge, bleu et blanc, ainsi qu’un couteau ou une paire de ciseaux. Après l’invocation et la descente de la lune, la Grande Prêtresse se tourne et parle.

Invocation : Si vous employez les vers d’Hertha par John Swinbourne1, je vous suggère de les mémoriser avant le rituel afin que leur impact ne soit pas atténué par la présence des feuilles de papier. De plus, la force du contact visuel possible avec chacun des membres du cercle durant ce passage verbal est infiniment plus grande si vous n’avez pas à lire les paroles. La voix devient alors celle de la Déesse, et non « juste » celle d’une prêtresse.

Les balais : On peut fabriquer des balais miniatures. Les « rameaux de bouleau » doivent mesurer environ 17 à 20 cm, afin d’obtenir une dimension finale de 30 cm, ou pour fabriquer un balai d’une taille plus réelle, choisissez de petites branches de 45 cm et une longueur de « frêne » de 60 cm. Rappelez-vous que tout bois peut être utilisé pour symboliser le bouleau ou le frêne.

Bâtons de frêne : si vous vivez à un endroit où vous avez peu ou pas accès à des branches de substitution pour ce but, des tourillons en bois ou des bâtons similaires peuvent être employés. Ceux-ci sont disponibles à peu de frais dans la plupart des scieries et magasins de bricolage, aussi bien que dans les solderies.

Liens en osier ou saule : il peut s’agir de tout type de ficelle ou fil. Je suggérerais du fil à broder ou à crocheter, dont la composition est habituellement entièrement naturelle, en principe disponible dans les couleurs primaires et qui n’a pas tendance à s’étirer comme le fait la laine. En outre, ces fils sont moins onéreux, plus faciles à trouver en magasin2. Il est plus facile de retirer le surplus de fil que d’en ajouter lorsque vous terminez votre balai. Que vous travailliez au balai miniature ou grandeur nature, vous pouvez utiliser 60 à 90 cm de fil adéquat, de chaque couleur. Que vous utilisiez du fil à crocheter ou à broder, du fil de laine ou du ruban, choisissez un blanc basique et les riches couleurs primaires rouge et bleu. Le fil blanc pour la pureté de la Jeune Fille, le rouge pour la couleur de la Mère et le bleu pour la sagesse et l’intensité de la Vieille Femme. Si votre symbolique personnelle perçoit la Vieille comme noire plutôt que bleue, alors vos liens seront blanc, rouge et noir.

Marquer la rune : la première lune/ le premier mois est une lune liée à la terre. Si vous utilisez une goutte de colorant alimentaire pour dessiner l’ogham, choisissez du vert pour ce rituel afin de symboliser la Terre.

Engagement : c’est une pratique que j’ai mis en place il y a de nombreuses années, alors que je ne parvenais pas à tenir mes résolutions du nouvel an. Ainsi, j’en ai fait un nouvel impératif, je ne pouvais désigner comme résolution tout ce que je n’avais pas fait ou tenter de faire durant les trois derniers jours de fin d’année. De cette façon, la « nouvelle » résolution consistait à continuer quelque chose que je voulais faire et non pas de commencer quelque chose qui « devrait » être effectué. Dès lors cela devenait un « cadeau » pour moi-même.

Vous désirerez peut-être discuter de cette idée avant le rituel avec les membres de votre cercle ou vous donner le temps d’y réfléchir sérieusement durant un rituel solitaire de méditation. Bien que les phrases du rituel suggèrent quelque chose de très agréable pour vous-même, ma pratique habituelle consiste à faire de cet engagement ou cadeau quelque chose qui deviendra un présent de savoir ou d’amélioration de mes talents et compétences liés à mon Art3. Les rituels de ce livre, par exemple, sont le résultat de ce cadeau prévu pour moi-même une année. Une autre année, pendant la Lune du Bouleau, j’ai choisi de copier avec soin tous les rituels que j’ai écrits ou qui m’ont été donnés, sur une période de plusieurs années, dans un carnet spécial. Comme vous pouvez l’imaginer, ces cadeaux à moi-même ont continué à être quelque chose d’agréable pendant les années qui ont suivi et le processus a renforcé ma connaissance et conscience de soi.

BOULEAU

Lune du commencement

Le temple est préparé4

  • Le travail est planifié : durant cette lune, les décisions sont prises telles les graines spirituelles que vous planterez cette année qui commence tout juste. Le travail magique durant cette lune ajoute force et dynamisme à ces choix.

  • Chaudron : feuilles d’ortie, anis étoilé, fleurs de mauve noire.

  • Le cercle est projeté : Au début, vous souhaiterez peut-être laisser le cercle sans éclairage. Entendre les trois premiers vers du poème Hertha comme une voix dans l’obscurité ou le vide peut être très efficace. Si vous choisissez cette atmosphère, quatre membres doivent se tenir prêts à allumer simultanément les gardiens des quartiers lorsque la Grande Prêtresse parlera de purifier cœurs et esprits.

  • Dédicace : choisir des déités de la naissance et des commencements, celles qui créent à partir de matériaux limités ou de rien.

I am that which began, out of me the years roll ;

Out of me God and Man – they are equal and whole5,

God changes, and Man, and the form of them bodily,

I am the Soul.

Je suis ce qui fut d’abord, hors de moi les années se déroulent ;

Hors de moi l’homme et Dieu – ils sont égaux et entiers ;

Dieu change, et l’homme, et la forme de leurs corps: quant à moi, je suis l’âme.

Before ever land was, before ever the sea,

Or soft hair of the grass or fair limbs of the tree,

Or the fresh-coloured fruit of my branches, I was,

And thy soul was in Me.

Avant même que ne soit la terre, avant même la mer,

Ou les doux cheveux de l’herbe ou les belles branches6 de l’arbre,

Ou le fruit, à la couleur vive, de mes branches, je fus,

Et ton âme était en Moi.

First life on my sources, first drifted and swam.

Out of me are the forces that save it – or damn.

Out of me man and woman, and wild-beast and bird,

Before God was, I AM.

Première vie sur mes sources, première qui a dérivé et nagé,

Hors de moi sont les forces qui la sauvent – ou la damnent.

Hors de moi et homme et femme, et bête sauvage et oiseau,

Avant que Dieu ne soit, JE SUIS.

(Extrait de Hertha par Swinburne)

Le Grand Prêtre : C’est une période de commencements, pourtant nous nous sentons toujours déprimés face à la saison de la mort et de l’hiver. Nous ne ressentons pas encore véritablement la chaleur et la lumière grandissantes du soleil.

La Grande Prêtresse : L’année écoulée a été semée d’embûches pour chacun d’entre nous. Purifions notre cœur et nos pensées des esprits de l’année pour laisser placer à une nouvelle année et une nouvelle croissance.

(La Grande Prêtresse prend le bouquet de branches de bouleau et frappe le sol ou l’autel qui comporte des symboles de l’année écoulée. Et pour finir, elle frappe et renverse la figure de la mort au centre avec la Lune nommée « Sureau ».)

Le Grand Prêtre : L’ancienne année est mesurée par ses Sabbats.

Le Cercle : (à l’unisson) « Ailm, Onn, Ura, Eadha, Idho. »

Le Grand Prêtre : L’ancienne année est caractérisée par ses Fêtes.

Le Cercle : Candlemas, Beltane, Lammas, Samhain.

Le Grand Prêtre : L’ancienne année est délimitée par ses Lunes.

Le Cercle : Bouleau, Sorbier, Frêne, Aulne, Saule, Aubépine, Chêne, Houx, Noisetier, Vigne, Lierre, Roseau, Sureau.

Le Grand Prêtre : La mort est anéantie et la renaissance prend forme.

La Grande Prêtresse : Finie la saison de mort. Voici la saison de vie et de commencement.

Le Grand Prêtre : A travers l’arbre, le Bouleau, la Déesse nous laisse un symbole de naissance et de commencements.

La Grande Prêtresse : Au Bouleau, Elle donne la première Lune de l’année, les commencements, la noblesse, l’extrémité du pouce, dimanche, la capacité à chasser les mauvais esprits, le bâton de pouvoir pour l’une des treize (ndlt : lunes, je suppose), le Soleil, une place dans les chapeaux des fils morts7 et la dernière demeure d’Élisée sur le Mont Horeb8.

Le Grand Prêtre : A nous, Ses Enfants, Elle donne le Bouleau.

La Grande Prêtresse : Elle inscrit en nous la connaissance de la victoire sur la mort.

(La Grande Prêtresse inscrit la lettre oghamique réceptive « B » dans la paume réceptrice de chaque personne, de façon qu’elle puisse être lue du point de vue par celle-ci.)

Nos paroles et nos actions donnent à ce savoir, forme et expression, pour qu’il soit connu des autres.

(La Grande Prêtresse inscrit la lettre oghamique expressive « B » dans la paume émettrice de chaque participant de façon qu’elle puisse être lue par la personne qui se tiendra en face à celui-ci.)

(La Grande Prêtresse prend les branches de Bouleau et en distribue une à chaque membre du coven.)

La Grande Prêtresse : Je suis la Jeune Fille : je suis la victoire sur la mort, je suis les commencements.

(Elle donne une branche à chacun.)

Je suis la Mère : je suis la naissance, je suis la continuité des commencements.

(Elle donne une seconde branche.)

Je suis la Vieille : je suis le guide qui conduit à la renaissance, je suis la complétion des commencements passés et la vision de ceux à venir.

(Elle donne une troisième branche.)

(Le Grand Prêtre ramasse les branches de « Bouleau » restantes.)

Le Grand Prêtre : Pour moi aussi, sacrés sont, comme Horus, la naissance et les commencements.

(Il donne une branche.)

Comme Osiris, la victoire sur la mort et la voie vers la renaissance sont miennes9.

(Il donne une seconde branche à chaque participant.)

(Chaque membre du coven a maintenant 5 branches de « Bouleau ».)

Le Grand Prêtre : A l’avenir caché dans les commencements, nous ajoutons la protection du Frêne.

(Aux membres du coven, il donne les bâtons qui sont au sud de l’autel.)

La Grande Prêtresse : Et la Magie du Saule, pour nous donner toute l’année un abri, des vêtements, de la nourriture et de l’amour.

(Elle donne trois longs brins de fil à chaque participant.)

(Le Grand Prêtre et la Grande Prêtresse prennent le bâton de « Frêne » et un rameau ou une branche de « Bouleau », tout le Cercle fait de même. Ils commencent à nouer au balai, un rameau ou une branche à la fois. Le chant est le suivant : « Flags, Flax, Fodder, Frig…10 » Le chant boucle jusqu’à ce que les balais soient terminés.)

(Note : si on noue un rameau pendant un tour de chant et qu’il y a quatre nouages à faire pour maintenir tous les rameaux ensemble, le total des nœuds équivaudra à neuf, un chiffre sacré pour la Lune.)(Les balais sont consacrés par un cercle joint. Chant : « Ashima, Ninimb, Anatha, Ra. » Prononcé : Ash ih muh, Nih nim, Uh nath uh, Rah.)

(Avec les balais toujours en main, ce chant se prête à une danse en cercle, si désirée.)

La Grande Prêtresse : Au cours des Lunes et Fêtes qui viennent de s’achever . nous avons engagé nos efforts et nos énergies dans le but d’éliminer tout bois mort, pour équilibrer le karma. Mais à présent, il importe d’entamer une action ou une série d’actions pour nous-mêmes, comme un cadeau à nous-mêmes, pour cette année qui vient.

Il ne s’agit pas de ce qui est « nécessaire » ni de ce qui « devrait être fait » mais plutôt de ce qui naît d’un désir et non d’un manque ou d’un besoin. Par cet engagement, nous réalisons quelque chose « de gentil envers nous-mêmes » comme un cadeau-des-commencements de la Déesse, afin de créer un modèle, un exemple de joie à suivre pour l’année à venir et, dans cette joie, La servir.

Le Grand Prêtre : La Lune du Bouleau, celle des commencements, est là. Nous la vénérons à travers sa lumière. Nous sommes les éléments dont la vie est faite et nous partageons le Festin des Éléments, toujours en nous rappelant que tout repas est un sacrement. Nos frères et sœurs des champs et forêts ont sacrifié leurs vies afin que les nôtres puissent être accomplies.

(La Jeune Fille donne le symbole de l’élément approprié à la Grande Prêtresse selon les besoins. La Grande Prêtresse l’offre au Grand Prêtre en disant : « Partage avec moi ce symbole de l’élément de _________. » Ce symbole passe autour du cercle, en terminant par la Grande Prêtresse qui en prend une part.)

TRAVAIL : (Cette Lune devrait être celle qui attire, pour chaque membre du coven, autant d’énergies levées dont ils ont besoin à travers la Première Lune, plutôt que nécessairement travailler pour les besoins des autres.)

RÉVOCATION DES ESPRITS : « MERCI AUX DEITES, LA CEREMONIE EST TERMINEE. »

1 Le nom est erroné, il s’agit d’Algernon Charles Swinburne (1837-1909) et de son poème Hertha. Sir John Swinburne était le grand-père de ce poète anglais.

Ndlt : pour un fil qui ne s’étire pas, qui est naturel, que l’on trouve facilement et à un coût moindre, c’est du fil à crocheter qu’il faut choisir précisément, non pas à broder.

3 Craft dans le texte, c’est-à-dire l’art magique, la sorcellerie.

Ce rituel a été diffusé dans la Georgian newsletter d’avril 1983 (page 18), il est signé par Lady Phoenix, de Dallas. Les instructions à propos du travail planifié et du chaudron sont omises, à la place sont résumées les actions à effectuer, comme suit :

  • Le temple est préparé
  • Le Cercle est projeté
  • Rite d’ouverture
  • La Charge : les premiers vers d’« Hertha ».

5 Il y a eu une modification du texte original. Dans le poème original, il est écrit  : « I am equal and whole. » C’est-à-dire, « Je suis égale et entière » et c’est Hertha qui parle bien sûr.

6 Le mot anglais limbs peut désigne les membres du corps ou les branches d’un arbre. Vous comprendrez pourquoi j’ai évité de traduire fair limbs par « beaux membres »… et excuserez la répétition du mot branche. (o: De toute façon, la traduction d’un poème est tout un art dont je ne connais rien !

7 C’est une allusion à la ballade de l’Angleterre du Nord, La Femme du Puits d’Usher. Je cite une note extraite du livre la Déesse Blanche par Robert Graves : « les fils morts qui reviennent dans la mort de l’hiver rendre visite à leur mère, portent des feuilles de bouleau à leurs chapeaux. L’auteur fait remarquer qu’ils ont arraché ces feuilles à un arbre poussant à l’entrée du paradis où demeurent leurs âmes, et c’est bien là ce à quoi l’on s’attendait. On peut présumer qu’ils portent du bouleau pour signaler qu’ils ne sont pas de mauvais esprits retenus par la terre mais des âmes bénies en mission compatissante. »

8 Là aussi, voir la Déesse Blanche par Robert Graves : « Il n’est pas difficile d’établir le canon hébraïque des arbres de la semaine, les sept piliers de la Sagesse. Le plus plausible remplaçant du bouleau, qui n’était pas un arbre palestinien, devait être le retem, ou genêt sauvage, l’arbre sous lequel le prophète Élisée demeura sur le mont Horeb (« la Montagne AI Soleil Ardent ») et qui semble avoir été consacré au Soleil. A l’instar du bouleau, on s’en servait en guise de balai pour chasser les mauvais esprits. »

9 Is mine dans le texte, c’est-à-dire est mienne… Mais il semble que ce soit une erreur. Je pense que la victoire sur la mort fait également partie du sujet.

10 Doreen Valiente, dans son livre Witchcraft for Tomorrow, donne une explication de cette bénédiction. Voir la traduction sur le Sidh.

Muin, le roncier

Extrait du site encoenchantements (très joliment illustré)

MUIN – Le roncier. (La vigne dans une bonne partie de l’Europe)

Lettre M. 10ème mois lunaire : 2 septembre – 29 septembre.

Guérison, Protection, Abondance, Richesse.

Le fruit du roncier est la mûre, le « meuron » dans le Nord et en Haute-Savoie, « amora » en occitan, « Mouar » et « mouar-penn » en breton…*

En gaélique, elle se nomme « dris-muine ».

 

Les ronciers à mûres, avec leurs longues tiges épaisses et épineuses , font communément des voûtes par les sentiers et les haies d’Angleterre, grimpant les barrières se transformant en grands murs impénétrables si on ne la surveille pas.

Ils poussent aisément dans toutes sortes de sols, avec une préférence pour les sablonneux, à l’ombre comme au soleil, bien que, comme la plupart des plantes, elles fleuriront et bourgeonneront mieux si elles ont de la lumière en suffisance pour elles.

Aller aux mûres reste un passe-temps familial depuis des siècles : les doigts et bouches tachés de pourpre sombre par un « picorage en passant », les égratignures le long des bras à cause des épines crochues et sans merci, mais la gloire d’une récolte  à manger fraîche ou à cuisiner en délicieuses gelées et crumbles.

Dans l’histoire des oghams celtiques, des traditions de pays les plus au nord en Europe tenaient pour sacré le bois de roncier pour le dixième mois lunaire.

Dans les pays plus chauds et plus au sud, le bois sacré est la vigne.

Ces deux plantes ont une façon de pousser, une période de récolte et une couleur de fruits similaires. Toutes deux ont de bonnes propriétés curatives et leurs fruits peuvent être utilisés pour faire des boissons.

La médecine du roncier

Les mûres sont aujord’hui parmi les « super anti-oxydants » Elles sont très riches en Vitamine C, A, Omega 3, Potassium et Calcium.

Toutes les parties de la plante sont utilisées depuis des siècles en remèdes : Les natifs américains faisaient une décoction de racines et feuilles pour aider aux problèmes de digestion et aux douleurs d’estomac.

Nous savons aujourd’hui que le caractère astringent de la plante est dû à une forte teneur en tanins. Elle est une source de salycilates, proche de l’aspirine, qui aide à soulager les inflammations.

Mâcher des feuilles pour guérir les saignements de gencives et la perte des dents qui s’ensuit est un remède séculaire.

John Gerard, herboriste du XVIe siècle, indique dans son « Grand Herbier » (Great Herbal) une recette de feuilles de roncier bouillies dans de l’eau avec du miel, de l’alun et un peu de vin blanc à prendre en bains de bouche pour « fixer les dents ».*

Culpeper conseille une décoction de bourgeons, feuilles, copeaux de bois pour traiter « les plaies fétides de la bouche et de la gorge ».

Recette de tisane de feuilles fraîches (1 mug) :

Une pleine poignée de feuilles de roncier fraîches, 1/2 mug d’eau, du miel.

Optionnel : un petit morceau de tige, d’écorce ou de racine propre et quelques mûres pour la couleur.

Faites frémir les feuilles (et l’éventuel autre morceau) dans l’eau pendant à peu près 10 minutes, sans faire bouillir pour garder le plus de vitamines. Versez dans une tasse et ajouter du miel. Cette tisane vitaminée, rafraîchissante et anti-oxydante quand elle est chaude peut être utilisée froide en gargarismes pour les maux de gorge

Religions, spiritualités, folklores

Elément : Eau

Planète : Vénus

Genre : féminin

Déités : Brigit

Il était coutume, dans de nombreuses îles britanniques, de ne pas manger les mûres. Il fallait les « laisser pour les fées ». Il me semble, pour ma part, qu’il devrait y en avoir beaucoup, pour tout le monde et que les êtres magiques que je connais seraient ravi de partager, à moins que vous ne soyez tombés dans les pattes des plus méchants !

Dans le « langage des fleurs » victorien, une brindille de roncier en fruits ou en fleurs dans un bouquet de fleurs offert pouvait signifier envie, remords ou humilité.

Richard Folkard, dans « Les plantes, folkore, légendes et paroles. » (Plant lore, Legends and Lyrics), 1884, nous dit :

« Rêver que l’on franchit des lieux couverts de ronces laisse présager des ennuis; si elles vous piquent, des ennemis secrets vous porteront préjudice par vos amis; si elles font couler le sang attendez-vous à une perte importante en affaires. Rêver de franchir les ronces et rester indemme indique le triomphe sur vos ennemis.« 

La légende la plus centrée sur la mûre nous indique de ne pas en manger après le jour de Michaelmass, jour de la fête des archanges, le 29 septembre. Ce jour de fête était auparavant célébré le 10 octobre. L’histoire est une concoction ancienne de christianisme, paganisme et contes de grand-mère :

Dieu sourit à ses deux plus grands archanges, Michel et Lucifer. Ils sont les plus sagaces des anges du ciel, pourtant Lucifer était sans doute, plus que nul autre, le plus beau. Son nom signifiait « le Lumineux ».

Dieu lui avait donné beauté et intelligence  au-delà de toue mesure et Lucifer aurait dû l’aimer et lui obéir pour toujours. Mais il était fier aussi. Devenu arrogant, il en vint à penser : « Je vais monter aux cieux et établir mon trône parmi les étoiles » . Il trouva d’autres anges pour le suivre dans sa rébellion.

Dieu ne pouvait permettre une rébellion ni laisser ces pécheurs prétendre prendre sa place. Il jugea donc que Lucifer et ses suivants seraient punis et exclus des cieux.

Lucifer tomba comme tomba sûrement Icare, à travers le cosmos, jusqu’à tomber sur terre dans un énorme buisson de baies noires et d’épines qui déchirèrent ses ailes et ses voiles. Il fut retenu prisonnier un moment.

Lucifer se débattit pour échapper à la ronce et, une fois dégagé, il se trouva si en colère qu’il cracha dessus et certains disent même qu’il la conpissa afin de montrer son mépris. Lucifer avait changé de nom, du Lumineux, il était devenu Satan, l’adversaire. Depuis, les mûres ne sont plus bonnes à manger passé le jour où Michel devint chef des Archanges au ciel, au jour de la fête de Michaelmass.

Les légendes populaires se basent généralement sur des faits de sens commun : les mûres sont effectivement moins agréables à manger après fin septembre, elles deviennent pleines de moucherons et le goût de leur tanin est beaucoup plus fort.

Magies, charmes et croyances du roncier

*Brûlez une petite poignée de feuilles sèches comme encens ou au-dessus d’une flamme. Décuplez son pouvoir en utilisant une bougie jaune, or ou verte pour la richesse.

*Les tiges de ronces ayant naturellement poussé en forme d’arc sont utilisées pour la guérison des rhumatismes et de la coqueluche. Les bébés étaient passés,  de préférence d’est en ouest, à rebours sous l’arche une fois et dans l’autre sens trois fois; un enfant plus grand ou un adulte devait la franchir, tandis que les assistants demandaient l’assistance des déités.

*Météo : Lorsque les mûriers sont en fleurs (Juin-Juillet), un coup de froid appelé L’hiver des mûres, présage d’un hiver glacial.

* Pour apaiser les brulures de peau, trempez neuf petites feuilles de ronce dans l’eau de source et pose les sur le feu en chantant trois fois cette invocation à Brigit, déesse celtique de la guérison et la poésie (Voir l’original sur le site) :

Trois dames venues de l’est,

une avec le feu et deux avec le givre.

Avec le feu et le givre.

* Cueillez un petit morceau de tige de ronces à Mabon (22 ou 23 septembre) ou lors de la lune des moissons. Ôtez précautionneusement ses épines et son écorce, chargez-la de votre intention, puis gardez-la sur vous comme charme pour prévenir la pauvreté.

Traduction par Beth Svitma

Notes :

* Si vous connaissez d’autres noms ou voyez une erreur ici, merci pour votre coup de pouce ! ;)

*John Gerrard Great Herbal

Gort : correspondances Faerie Faith

Lierre/Gort

Extrait de The Faerie Faith and the Beth-Luis-Nion Celtic Lunar Tree Calendar par James Clifford Landis. Traduction : Fleur de Sureau.

Correspondances pour le système BLN du Calendrier des Arbres Lunaires celtiques. Extrait de “Lunar Tree Energies” par Linda Kerr, et la Déesse Blanche par Robert Graves.

 

Glyphes

Je suis un sanglier cruel

Couleur

Bleu

Lettre

GortG

Animaux

Cygne tuberculé

Symboles

Baguette de lierre, chevreuil

Archétypes féminins

Artémis, Bridget, Dana, Sadb, Britomartis, Roag, Ariadné, Cerridwen

Archétypes masculins

Dionysos, Bacchus

Guérisons

Sédatif, régulateur du système nerveux

Mystères

Maitriser ses Peurs, Basses Emotions, Rechercher la Modération, Contraindre sa Nature Inférieure (Force)

Muin : correspondances Faerie Faith

Vigne/Muin

Extrait de The Faerie Faith and the Beth-Luis-Nion Celtic Lunar Tree Calendar par James Clifford Landis. Traduction : Fleur de Sureau.

Correspondances pour le système BLN du Calendrier des Arbres Lunaires celtiques. Extrait de “Lunar Tree Energies” par Linda Kerr, et la Déesse Blanche par Robert Graves.

 

Glyphes

Je suis une colline de poésie

Couleur

bigarrée

Lettre

MuinM

Animaux

serpent, mésange

Symboles

Baguette de vigne ou ronce, rouleau de parchemin ou papier, triple spirale

Archétypes féminins

Dana, Bridget, Minerve, Les Muses, Artémis, Mnémosyne

Archétypes masculins

Dionysos

Guérisons

saignement, blessures, besoin d’un tonique

Mystères

joie, euphorie, croissance/éternité, souvenir, inspiration, retour de réincarnation

Coll : correspondances Faerie Faith

Noisetier/Coll

Extrait de The Faerie Faith and the Beth-Luis-Nion Celtic Lunar Tree Calendar par James Clifford Landis. Traduction : Fleur de Sureau.

Correspondances pour le système BLN du Calendrier des Arbres Lunaires celtiques. Extrait de “Lunar Tree Energies” par Linda Kerr, et la Déesse Blanche par Robert Graves.

 

Glyphes

Je suis un saumon dans l’étang

Couleurs

Marron

Lettre

HuathC

Animaux

Grue

Symboles

Baguette de noisetier, noisette, sac de bâtonnets de rune

Archétypes féminins

Bridget, Sophia, Artemis, Dana, Diana, Némésis, Minerve, Diana Némétona

Archétypes masculins

Fionn

Guérisons

Mystères

Radiesthésie-Divinatoire, Sagesse-Savoir, Nourriture pour l’Esprit/la Question dans une Coquille de Noix, Inspiration, Réalisation par la Souffrance, La valeur du temps et de la patience

Huath : correspondances Faerie Faith

Aubépine/Huath

Extrait de The Faerie Faith and the Beth-Luis-Nion Celtic Lunar Tree Calendar par James Clifford Landis. Traduction : Fleur de Sureau.

Correspondances pour le système BLN du Calendrier des Arbres Lunaires celtiques. Extrait de “Lunar Tree Energies” par Linda Kerr, et la Déesse Blanche par Robert Graves.

 

Glyphes

– Je suis beau parmi les fleurs…
– Je suis le gardien des frontières, et la nuit je vole seul. »

Couleurs

Le noir le plus sombre

Lettre

HuathH

Animaux

Oiseau de nuit

Symboles

Baguette d’aubépine, grappe de fleurs, balai, plume noire

Archétypes féminins

Flora, Vesta, Cardéa, Maïa, Artémis, Dana

Archétypes masculins

Yspaddaden Penkawr (Chef des Géants), Kilhwych

Guérisons

retour à l’équilibre pour le sang, les nerfs et l’esprit ; purifier ; tonifier le cœur

Mystères

une période à l’écart et seul ; chasteté ; purifier pour rééquilibrer ; purger le corps et l’esprit

Saille : correspondances Faerie Faith

Saule/Saille

Extrait de The Faerie Faith and the Beth-Luis-Nion Celtic Lunar Tree Calendar par James Clifford Landis. Traduction : Fleur de Sureau.

Correspondances pour le système BLN du Calendrier des Arbres Lunaires celtiques. Extrait de “Lunar Tree Energies” par Linda Kerr, et la Déesse Blanche par Robert Graves.

 

Glyphes

Je suis un faucon sur la falaise… pour la ruse

Couleurs

Vert

Lettre

SailleS

Animaux

Faucon

Symboles

Baguette de saule, bâton de saule

Archétypes féminins

Sal Ma, Bridget, Artémis, Dana, Hécate, Circé, Héra, Perséphone, Minerve, Flora.

Archétypes masculins

Orphée, le Roi Sacrificiel, l’Homme d’Osier.

Guérisons

Fièvres et maux de tête

Mystères

Divination du futur, purification en tant que préparation, quête pour de nouveaux horizons

Fearn : correspondances Faerie Faith

Aulne/Fearn

Extrait de The Faerie Faith and the Beth-Luis-Nion Celtic Lunar Tree Calendar par James Clifford Landis. Traduction : Fleur de Sureau.

Correspondances pour le système BLN du Calendrier des Arbres Lunaires celtiques. Extrait de “Lunar Tree Energies” par Linda Kerr, et la Déesse Blanche par Robert Graves.

Glyphes

Je suis une larme étincelante du soleil… pour la pureté.

Couleurs

Carmin, vert, brun, la pourpre de Tyr

Lettre

fearn, F

Animaux

Corbeau, Mouette

Symboles

Baguette d’Aulne, oeuf rouge ou en cristal, morceau de tissu rouge, morceau de tissu vert, morceau de tissu brun, morceau de tissu violet

Archétypes féminins

Koré, Eostre, Sunna, Ostera, Astarté, Dana, Artémis, Branwen

Archétypes masculins

Bran, Gwern, Orpheus, Phoroneus, Fearineus, Saturne

Guérisons

Mystères

La nécessité du droit des femmes, dissiper les doutes, divination d’espoir, un nouveau départ

Energies des Arbres Lunaires : l’Aubépine

Par Linda Kerr copyright 1999, extrait du site faeriefaith.net
Traduction : Fleur de Sureau pour le coven d’Ignis Daemonis.

L’aubépine

Sixième lune

  • Glyphe – Je suis beau parmi les fleurs
  • Oiseau – oiseau de nuit
  • Couleur – le noir le plus sombre
  • Guérison – retour à l’équilibre pour le sang, les nerfs et l’esprit ; purifier ; tonifier le cœur
  • Mystères – une période à l’écart et seul ; chasteté ; purifier pour rééquilibrer ; purger le corps et l’esprit
  • Substitut : pommier sauvage

L’aubépine est une période de jeûne, de guérison spirituelle, de purification du corps, d’abstinence. C’est une période de modération, un temps pour se débarrasser du bois mort spirituel et physique ainsi que des vieilles habitudes ; une période de clarté à travers laquelle vous pouvez renforcer votre consécration/dédicace et  votre objectif. C’était le moment où Romains et Grecs nettoyaient et purifiaient les temples en préparation des célébrations du solstice d’été.

L’aubépine est associée au 1er Mai qui est habituellement rattaché au sexe et à la fertilité. Mais nous célébrons la fertilité de la nature en général, pas celle des gens, et de notre soi profond. Le Mât de Mai symbolise les énergies masculines ou yang qui s’élèvent de la terre. Une couronne d’aubépine en fleur est placée au sommet du mât de mai pour représenter les énergies féminines et masculines unies.

L’aubépine « transforme un homme de position dominante en un âne qui porte la paille. » Cela peut vouloir dire qu’il devrait rester en contact avec sa propre part féminine avant que celle-ci n’entre en contact avec lui.

Beaucoup de gens se sentent en « rut » juste à cette période, mais au lieu de vous ruer dans les bois et d’avoir beaucoup de rapports, vous devriez vous réfréner et recanaliser ces énergies pour développer votre maturité spirituelle et émotionnelle. L’aubépine est la lune de la purification  et des utilisations créatives (plutôt qu’au sens de fertiles) des énergies sexuelles. Ce n’est pas la période de l’activité sexuelle effrénée. Les gens sont beaucoup plus sensibles et vulnérables, et peuvent pâtir de luxure déplacée. Faites l’expérience de l’amour à la place. Résistez maintenant, attendez le solstice d’été. C’est la période de consommation, physiquement et autrement. Utilisez cette période pour nourrir vos sentiments intimes. L’aubépine guérit le cœur, littéralement – il est employé comme médicament pour le cœur.

L’aubépine est une bonne période pour les femmes, afin de tonifier, et non suremployer, leurs organes génitaux. Car sinon ils pourraient se détraquer au solstice d’été ou durant la lune du Houx. Tempérez les pulsions sexuelles et tonifiez l’énergie sexuelle. N’en faites pas trop sous peine d’une panne au solstice. C’est aussi le bon moment, pour les hommes comme les femmes, de jeûner, pour nettoyer votre propre temple.

Vos énergies masculines et féminines, ou yin et yang, devraient s’unir et s’équilibrer. Vous ne pouvez posséder l’un sans l’autre. Tout comme la procréation exige les deux sexes, il en va de même pour un soi intérieur harmonieux. Lorsque les énergies masculines et féminines sont équilibrées, les deux « moitiés » peuvent s’unir et créer un « enfant psychique », le fruit des deux ; une conscience plus élevée, plus développée.

Le glyphe de l’Aubépine est « Je suis le gardien des frontières, et la nuit je vole seul. » C’est une période pour voyager seul, dans « l’obscurité » de votre soi intérieur. Voyagez intérieurement, en quête de votre âme et soyez purifié et rééquilibré. Les épines acérées de l’Aubépine aideront à protéger vos frontières extérieures et spirituelles. Cette lunaison devrait être un moment pour se tenir à l’écart des gens, un moment pour se rapprocher des esprits de la nature. Une période d’abstinence d’avec les humains ; une opportunité pour se relier aux éléments et à la nature. Utilisez l’énergie sexuelle accrue de l’Aubépine pour créer un lien plus fort avec la Nature. Tout comme vos énergies sont facilement libérées à cette période, celles de la Nature le sont aussi.

  • Les énergies négatives [de la lune ] de l’Aubépine : un sentiment d’impureté, d’être bloqué. Les femmes pourraient trouver que les hommes de leur entourage deviennent irritables et plein de testostérone. Quant à elles, il est possible qu’elles se focalisent trop sur leurs énergies féminines, ce qui conduit à l’insensibilité et la manipulation. Vous pourriez vous concentrer entièrement sur les plaisirs physiques, au détriment de tout le reste, et notamment votre progression spirituelle. Vous pourriez vous sentir accablé de toxicité ou par des parasites.
  • Pour surmonter ces énergies : prendre une baguette de cette arbre. Quintessences florales de Bach possibles pour l’Aubépine : Crab Apple.

Energies des Arbres Lunaires : le Saule

Par Linda Kerr, extrait du site faeriefaith.net

Traduction : Fleur de Sureau pour le coven d’Ignis Daemonis.

Le Saule

Cinquième lune

  • Glyphe – Je suis un faucon sur la falaise
  • Oiseau – faucon
  • Couleur – verte
  • Jour – lundi
  • Guérison – Fièvres et maux de tête
  • Mystères – divination pour connaitre l’avenir, purification en tant que préparation, rechercher de nouveaux horizons.

Nous avons à présent fait l’expérience de la régénération et de la renaissance du Bouleau, de la montée d’énergie et des semailles de graines et objectifs du Sorbier, des poussées prématurées du Frêne et de l’explosion de vie de l’Aulne. Le Saule est sacré pour Hécate, la Vieille Femme ou l’aspect de la mort de la Triple Déesse. Le Jour de Mai ou Beltane se produit durant la lune du Saule ou tout proche, portant avec lui le thème de la mort du Roi Sacrificiel et du Wicker Man (ndlt : l’homme d’osier), qui a été fabriqué avec du Saule (« wicker » est un synonyme de willow, saule en anglais).

Le saule est l’arbre de la mort et de la renaissance. Une branche de saule peut faire de nouvelles racines facilement, faisant l’expérience de la « renaissance » après la « mort » (ndlt : en effet, si l’on coupe une branche de saule et qu’on la plante dans la terre, cette branche donnera des racines et deviendra un nouvel arbre… Enfin, si vous voulez multiplier des saules, pensez à planter plusieurs branches, toutes vos tentatives ne réussiront pas nécessairement). Il est également utiliser comme Bâton de Renaissance, pour renouveler une consécration par ceux qui n’ont pas pris de décision. Le saule est également associé à l’aspect de renaissance du Jour de Mai, comme dans la renaissance du Roi, la déesse Flora, et la Reine du Printemps.

Le Saule nous enseigne à apprendre de nos expériences, à la fois passées et futures. De façon à tirer le meilleure des lunes à venir, nous avons besoin à présent de nous libérer des fardeaux du passé qui gêneront notre développement futur. Les vieilles croyances deviennent souvent des obstacles qui bloquent notre avancée. Ainsi, le Saule représente la mort, ou la libération, du passé de façon à intégrer pleinement les expériences et leçons à venir. Cela ne signifie pas cependant que les fruits des réalisations passées doivent être oubliés. Ces accomplissements vous ont mené jusque-là et vous serviront de base pour les expériences à venir.

Le Saule apporte également avec lui le désir d’abandonner passé et présent, en quête de nouveaux départs. Regardez attentivement où vous en êtes du point de vue physique, émotionnel, et de l’expérience. Etudiez votre environnement et les gens qui vous affectent. Le glyphe de cette lune, « je suis un faucon sur la falaise, » parle de la capacité à voir clairement, à prendre des décisions. Le faucon doit décider de s’envoler ou non de la falaise. Si le moment est propice et les conséquences ont été suffisamment examinées, déployez vos ailes et envolez-vous vers de nouveaux horizons d’expérience.

Soyez conscient cependant que ce n’est peut-être pas le bon moment de s’envoler. Si c’est le cas, rasseyez-vous et attendez ; n’agissez pas hâtivement. Les leçons nécessaires au développement, à la croissance peuvent se tenir à votre portée maintenant ou plus tard,  quand la Roue de l’Année tournera, vous connaitrez le moment approprié pour avancer.  Pendant ce temps, vous pourriez utiliser les énergies de cette lune pour renouveler ou reconsacrer vos objectifs.

  • Les énergies négatives du Saule : les énergies du Saule « reste ou part », « fais-le ou ne le fais pas » peuvent conduire à l’indécision et à la confusion. De plus, si notre désir d’envol n’est pas satisfait, nous pourrions commencer à éprouver du ressentiment pour ceux qui parviennent à réaliser les choses qui nous restent inaccessibles. Ce ressentiment peut être éprouvé suite à une épreuve douloureuse, une injustice, un amour contrarié, la violation de limites, face à la colère. Pourtant, le plus souvent au cours de ce mois, nous éprouvons du ressentiment pour aucune raison apparente ou une quelconque provocation.
  • Pour surmonter ces énergies négatives : prendre une baguette de cet arbre. Quintessences de Bach possibles pour le Saule :  Scleranthus, Wild Oat, Cerato et Willow.

La tradition dianique McFarland par Margot Adler

Par Margot Adler. Extrait de Drawing down the moon. Traduction et adaptation : Fleur de Sureau

[…] Dans ce pays, un autre courant Dianique est né à Dallas avec le Covenstead dianique de la prêtresse Morgan McFarland. Cette tradition exalte le féminin mais n’exclut pas les hommes du culte. Lorsque j’ai rendu visite à Morgan McFarland en 1976, elle était la prêtresse de trois covens, dont un exclusivement féminin.

Dans ce courant de la tradition, la Déesse est vue comme possédant trois aspects : la Vierge-Créatrice, la Grande-Mère et la Vieille Femme qui garde les portes de la mort et de la renaissance. C’est sous son second aspect que la Déesse prend un consort masculin, qui est semblable à Osiris pour Isis. Pour présenter cette relation, les Dianiques citent une phrase attribuée à Bachofen :  « Immortelle est Isis, mais mortel est son époux, tout comme la création terrestre qu’il représente. » Ainsi il y a une place pour le Dieu, mais la femme en tant que Créatrice est primordiale. Les Dianiques voient également la Déesse symbolisée dans la nature comme la Triple Créatrice : comme la lune, la Reine des Mystères ; comme le soleil, Sunna, la Reine des Etoiles, pourvoyeuse de chaleur et de soins ; et comme la Terre Mère, à qui tout doit retourner.

Mark Roberts, qui était le partenaire de McFarland jusqu’en 1978, m’expliqua que les Dianiques sont également panthéistes, puisqu’ils reconnaissent le caractère sacré de tout ce qui existe. Mais, dit-il :

“La Déesse est la pierre angulaire de cette planète et ce cycle de vie. »

Et à cette période, Mark et Morgan semblaient être (de tout ceux que j’ai interviewés) les plus concernés par le sort écologique de la planète. Dans The New Broom, une ancienne revue dianique, Roberts écrivait qu’il y a moins de différence entre un « mortel » et une « déité » qu’entre ceux qui ont perdu le contact avec la nature et ceux dont les rythmes et le pouls sont en phase avec l’univers.

Il écrivait également :

Le style de vie d’un Dianique est un composite de trois valeurs et idéaux. Premièrement, une conscience de soi. Deuxièmement, une relation (ndlt : un lien de parentèle) à la nature  croissante et en perpétuelle expansion. Et troisièmement, une franche sensibilité aux pulsations du cosmos.  A mesure que nous approchons des objectifs communs de conscience, du rétablissement d’un lien intime (ndlt : kinship, parenté) et de sensibilité, nous atteignons un niveau d’harmonisation que les outsiders appellent « magie ». Nous sommes bien conscients qu’avec nos travaux nous n’avons rien accompli, ni produit de surnaturel : nous avons simplement atteint notre niveau de capacité naturelle.

Dans une société obsédée par l’artificialité, notre style de vie semble étrange, « contre nature », même révolutionnaire…

Et nous sommes révolutionnaires : en ce sens que nous tournons autour de l’axe qui est la Déesse et nous parachevons le cycle qui voit son culte revenir en force ; et nous sommes les partisans d’un changement drastique et radical d’un monde destructeur, fou dangereux et pêle-mêle dans lequel nous nous trouvons ; et en cela, à une ère technologique où les avancées mécaniques ont des conséquences de plus en plus lourdes sur la sensibilité humaine, nous exerçons notre sens du réveil, à un niveau de conscience qui libère l’humain pour qu’il redevienne entier, indépendant et alerte. Dans une culture patriarcale qui devient de plus en plus autoritaire, nous n’avons pas d’autre choix que de nous placer en rebelles contre la déshumanisation… [Mark Roberts, “An Introduction to Dianic Witchcraft,” non publié Ms., Chap. VI, pp. 1–2.]

En rapport avec ces principes, le Dianic Covenstead possède une série très efficace d’exercices et de techniques pour recouvrer le lien de parentèle et l’harmonie avec la nature.

L’origine du Dianic Covenstead à Dallas remonte à environ quarante ans. Morgan McFarland, fille d’un pasteur, a vécu une partie de sa jeunesse en Orient puis s’est installée dans le Sud des Etats-Unis. Là-bas, elle fut formée au sein d’un coven sorcier. Ce coven ne possédait pas de nom pour sa tradition, l’appelant simplement Witchcraft (ndlt : Sorcellerie). Elle adopta le terme « Dianique » plus tard. Les rituels de ce coven mettait un accent particulièrement sur la lune, étaient très « Gravesiens » (ndlt : référence à Robert Graves et son livre la Déesse Blanche). Ils se focalisaient sur les mythes, les connaissances traditionnelles et les mystères derrière chacun des treize mois lunaires, ainsi que leur lien avec l’alphabet des arbres Beth-Luis-Nion de l’ancienne Grande-Bretagne.

Alors qu’hommes et femmes peuvent être initiés, les femmes qui ont fait l’expérience des rituels de chacun des mois lunaires peuvent passer par cinq rituels de « passage » supplémentaires. Après cela, elles peuvent partir (ndlt : hive off, essaimer, quitter la ruche, se séparer) et fonder leurs propres covens.

J’ai posé à Mark l’évidente question : comment est-ce d’être prêtre au sein d’une tradition si fortement matriarcale. Il a répondu :

“Je préfère être second d’un solide navire que capitaine sur un navire dont la coque est pourrie et qui est en train de couler. Comme l’est le patriarcat.”

J’ai demandé à Morgan de parler de ses sentiments à propos des différences entre ses deux covens, le mixte et celui qui ne l’est pas. Elle me répondit :

“Nous avons constaté que les femmes qui travaillent ensemble sont capables de conjurer leur passé et réveiller leur ancienne prédominance. Elles sont capables de recoller de nombreuses pièces. Cela ne semble pas se produire quand les hommes sont présents. Peut-être que c’est un comportement social. Il semble que les covens mixtes, peu importe à quel point les femmes sont « féministes », suscite une sorte de compétition. Dans le coven de femmes, rien de tout cela ne se produit et une grande réciprocité se développe, contrairement à tout ce que j’ai pu voir auparavant. ”

Morgan McFarland a été femme au foyer, une conférencière sur le féminisme et la Witchcraft, propriétaire d’une petite entreprise de plantes et paniers et une femme grimpant les échelons d’une grande entreprise. Elle a deux enfants. J’ai passé une semaine avec Morgan et Mark durant la période où ils travaillaient ensemble. Je les ai trouvés plein d’entrain, spontanés et formidables.

Leurs cercles étaient essentiellement des célébrations. Comme Mark l’a écrit dans The New Broom :

Nous pratiquons la guérison et la catoptromancie, nous gérons les problèmes et mettons en place des mesures de protection, mais la majorité des rituels du coven sont destinés à honorer et adorer la Déesse, et à ce qu’Elle entre en contact avec nous et inversement. L’esprit protecteur de nos cercles consiste davantage à nous protéger du 20ème siècle que des forces malveillantes. Nos cercles sont un havre pour nous préserver du présent, qui nous libèrent pour revenir dans le passé et restaurer notre ancienne harmonie avec la nature. [Mark Roberts, “The Dianic Aspects,” The New Broom, Vol. I, No. 2 (Candlemas, 1973), 17.]

Dans le cercle, tous étaient égaux, en dépit du côté « féministe », et on y laissait beaucoup de place à l’innovation pour les rituels, outils, habits (ou leur absence), l’envergure et la structure. En 2005, Morgan McFarland explique qu’elle observe la nouvelle génération de Dianiques d’un point de vue extérieur. Elle ne dirige plus de coven et se décrit elle-même comme une matriarche solitaire.  Mais il existe de nombreux bosquets et covens qui perpétuent son travail.

Un rituel par Morgan McFarland, extrait du livre Drawing down the Moon

Par Margot Adler. Extrait de Drawing down the moon. Rituel par Morgan McFarland. Traduction et adaptation : Fleur de Sureau

Un vendredi soir à Boston, le 23 avril 1976, un millier de femmes sont assises sur les bancs de la vieille église d’Arlington Street. Les bancs sont plein et les femmes continuent de s’installer par terre et dans les allées. Puis se taisent tandis que la flûte de Kay Gardner crée un sentiment de paix. Les lumières se tamisent et Morgan McFarland, Grande Prêtresse Dianique, s’avance, vêtue d’une longue robe blanche, accompagnée de quatre membres de son coven de femmes, le même coven dont il est question dans la revue The New Broom. L’occasion est celle d’un rituel : “pour déclarer et affirmer notre naissance », pour marquer l’ouverture d’une conférence de trois jours sur la spiritualité féminine, portant le nom inhabituel de « A travers le miroir : une expérience gynérgétique » (“Through the Looking Glass: A Gynergenetic Experience”.) La conférence est suivie par plus de mille trois cents femmes et en plus d’une allocution de la théologienne féministe Mary Daly, la conférence est particulièrement remarquable du fait du grand nombre de prêtresses Sorcières venues y assister d’aussi loin que le Texas et la Californie.

Cette relation entre la spiritualité féministe et l’Art[ndlt : l’Art magique/sorcier] est complexe. Peut-être que si nous devions choisir un instant pour saisir toutes les qualités, problèmes, pressions et vastes potentialités dans cette relation difficile, ce rituel serait semblable à un prisme. Morgan et les femmes du coven se tiennent debout dans l’église, un peu à part, un peu trop élégamment vêtues, trop « féminines » de façon stéréotypée. Je me souviens combien elles étaient plus à l’aise lorsqu’elles pratiquaient leur rituel dans le living-room à Dallas, où chacune d’entre nous ne portait rien d’autre qu’un collier de perles. Mais elles sont là, devant l’autel de l’église, tenant des bougies, pendant qu’un millier de femmes regardent et attendent.  Morgan s’avance et parle.

Dans le moment infini précédant tout temps, la Déesse émergea du chaos et donna naissance à Elle-Même… C’était avant que toute autre chose soit née… Pas même Elle. Et lorsqu’Elle sépara les cieux des eaux Elle dansa sur eux. Alors qu’Elle dansait, ainsi Son extase grandit. Dans cette extase, elle créa tout ce qui est. Ses mouvements créèrent le vent, et l’élément de l’Air naquit et souffla.

Une bougie est allumée à l’Est. Morgan parle.

Et la Déesse se nomma Elle-même : Arianrhod—Cardéa—Astarté. Et des étincelles jaillirent de Ses pieds dansants afin qu’Elle brilla comme le Soleil, et les étoiles se prirent dans Ses cheveux. Les comètes filèrent à Sa suite, et l’élément du Feu naquit.

Une bougie est allumée au Sud.

Et la Déesse se nomma Elle-même : Sunna, Vesta, Pelé. Autour de ses pieds les eaux tourbillonnèrent sous la forme de raz-de-marée, de rivières et de vifs ruisseaux. L’élément Eau se mit à couler.

Une bougie est allumée à l’Ouest.

Et Elle se nomma Elle-même : Binah, Mari Morgaine, Lakshmi. Et Elle voulut reposer ses pieds de leur danse, Et Elle engendra la Terre afin que ses rives soient son repose-pieds, les terres fertiles son utérus, les montagnes ses seins pleins, et ses cheveux flottants la végétation.

Une bougie est allumée au Nord.

Et la Déesse se nomma Elle-même : Cerridwen, Déméter, Mère Maïs. Elle vit ce qui fut, ce qui est et ce qui sera, né de Sa danse sacrée et du grand plaisir cosmique, et de la joie infinie. Elle rit et la Déesse créa la Femme à Son image… Pour qu’elle soit la Prêtresse de la Grande Mère. La Déesse s’adressa ensuite à Ses filles et dit : ‘ Je suis la Lune qui illumine votre chemin et parle à vos propres rythmes. Je suis la Danseuse et la Danse. Je tourbillonne sans mouvement. Je suis le Soleil qui vous procure la chaleur dans laquelle vous étirer et grandir. Je suis Tout ce qui Sera. Je suis le Vent qui souffle à votre appel et les Eaux scintillantes qui offrent la joie. Je suis le Feu de la Danse de Vie et Je suis la Terre sous vos pieds dansants Je donne à toutes mes prêtresses les trois aspects qui sont Miens : Je suis Artémis, la Demoiselle des Animaux, la Vierge de la Chasse. Je suis Isis, la Grande Mère. Je suis Ngame, l’Ancienne qui enroule le linceul. Je serai appelée par un million de noms. Appelez-moi, mes filles, et sachez que je suis Némésis. »

Plus tard, un feu est allumé dans le chaudron et le chant commence, tout d’abord doucement :

The Goddess is alive, magic is afoot, the Goddess is alive, magic is afoot. [La Déesse est vivante, la magie est en marche.]

[ndlt : une adaptation du titre « God is alive, magic is afoot » de Leonard Cohen et Buffy St.Marie.]

Puis il devient de plus en plus fort jusqu’à devenir clameur et cris primaux. Morgan parle alors pour la dernière fois.

Nous sommes Vierges, Mères et Anciennes – toutes à la fois. Nous offrons notre énergie créée : à l’esprit des Femmes du Passé, à l’esprit des Femmes à venir, à l’esprit de la femme du présent et qui grandit. Voyez, nous avançons ensemble.

A la fin du rituel, les femmes dans l’église commencent à danser et à chanter, leurs voix s’élèvent, encore et encore jusqu’à faire trembler la toiture.

Plus tard, quelques femmes diront qu’elles ne voulaient pas que les prêtresses se tiennent à part, sur un piédestal et près de l’autel ; elles ne voulaient pas voir l’énergie envoyée « vers le haut » ; elles voulaient qu’elle vise « l’oppresseur ». En dépit de cela, passant là-dessus, la difficile alliance, explosive, potentiellement puissante entre le féminisme et l’Art  est ressentie comme une évidence part toutes, pendant la conférence de nombreuses femmes diront avoir ressenti, pour la première fois, que la nouvelle « culture des femmes » était devenue une réalité.

Morgan et ses prêtresses se retrouvent à un tournant. Ce coven Dianique est peut-être le plus féministe des groupes « traditionnels », mais cette nuit-là à Boston, de nombreuses femmes l’ont trouvé trop formel et structuré. Ces femmes sont déterminées à définir leurs propres modalités et repartir de zéro.

[…]

Voir aussi « un mythe dianique de la création » légèrement différent et sans les indications pour allumer les bougies des directions. 

Energies des Arbres Lunaires : la Vigne

Par Linda Kerr, extrait du site faeriefaith.net
Traduction : Fleur de Sureau pour le coven d’Ignis Daemonis.

Vigne

Dixième Lune

Les mûres, la vigne

  • Glyphe – Je suis une colline de poésie
  • Animaux – serpent, mésange
  • Couleur – bigarrée
  • Guérison – saignement, blessures, besoin d’un tonique
  • Mystères – joie, euphorie, croissance/éternité, souvenir, inspiration, réincarnation
  • Substitut : chèvrefeuille, vigne des bois

Muin. Vigne. Septembre 2014.

L’inspiration poétique commence durant le Noisetier, mais la Vigne est réellement la lune du poète. La Vigne est une colline de poésie, de talent artistique, d’inspiration et d’imagination débordant du tissu même de notre être. La Vigne est une lune  guérisseuse et tonifiante, une période pour nous guérir des coups que nous prenons durant le Houx, ainsi que de l’épuisement ressenti durant le Noisetier. Nous ressentons en même temps joie et tristesse, euphorie et colère. C’est un moment de guérison par la créativité. Nous pouvons commencer à exprimer cette période d’inspiration et d’imagination sans même nous en rendre compte. Nous pouvons refaire une pièce de la maison, changer les meubles de place, commencer à écrire ou à travailler sur les cadeaux de noël. Nous ressentons beaucoup d’énergie intérieure et pouvons avoir une centaine d’idées différentes que nous désirons accomplir. Nous sommes maintenant comme la Vigne ; enthousiastes, légers, flexibles, croissants à un rythme étonnant et pourtant solides et très diversifiés.

Comme pour la plupart des lunes, la Vigne a une nature double, à l’image du poète qui a un pied dans la tombe alors même que sa tête effleure la sagesse et l’inspiration prophétique. La Vigne est également la lune de la vraie complétude ; c’est la fin d’un cycle et le moment juste avant le début du suivant.

La Vigne nous donne aussi le vin, la boisson traditionnelle du poète. La Vigne est sacrée pour Dionysus, Osiris et Bacchus. Veillons cependant à ne pas nous enivrer du fruit de la vigne, car alors nous glisserions de la créativité au laisser-aller et à la stupidité.

La spirale est un symbole de cette lune, une forme que l’on voit partout dans la nature et toutes formes de vie. La spirale n’a ni début ni fin. Durant la Vigne, le voile du temps s’affine et vous pouvez quitter ce temps et ce lieu, pour entrer dans le « il-était-une-fois ». La Vigne nous dit de nous rappeler notre passé, de nous rappeler notre futur. C’est un excellent moment pour la divination, pour regarder en nous-mêmes.

Ainsi, le poète en chacun de nous est capable de réfléchir aux expériences passées, à la sagesse à venir et d’atteindre l’inspiration. Néanmoins, l’inspiration n’est pas une chose temporelle, mais hors du temps. Ce qui est intemporel, infini et divin ne peut être atteint par l’esprit conscient. Le mental est uniquement un produit du temps ; il ne peut fonctionner sans le temps, le savoir (l’accumulation de l’expérience) et la pensée. La pensée rationnelle, le mental qui commande et calcule – tout cela correspond à des aspects Yang et empêche l’accès de l’inspiration à nos esprits.

  • Energies négatives de la Vigne : émotions fortes, hauts et bas, joie et colère intenses. Vivre dans le passé, refuser de changer. Opinons bien arrêtées, psychorigidité.
  • Pour surmonter ces énergies négatives : prendre une baguette de ce végétal. Quintessences de Bach possibles pour la Vigne : Honeysuckle et Vine.

La tradition dianique McFarland par J. R. Lewis

Tradition dianique McFarland

Par James R. Lewis, extrait de son livre Witchcraft Today An Encyclopedia of Wiccan and Neopagan Traditions. Traduction par Fleur de Sureau

Morgan McFarland et Mark Roberts fondèrent leur tradition dianique (qui inclut des hommes) à la fin des années 60 à Dallas, au Texas. On ignore s’il y eut des contacts entre McFarland et Z. Budapest aux environs de 1970, c’est possible. En 1972, McFarland et Roberts commencèrent à publier la revue The New Broom ; bien que populaire, elle ne fut pas, comme la plupart des périodiques sur l’Art [ndlt : l’art sorcier/magique], un succès financier et elle cessa de paraitre après quatre numéros en quatre ans.

Cependant, parce que The New Broom fit connaitre McFarland, celle-ci fut invitée par des femmes de la communauté de l’Art à Boston pour accomplir le rituel d’ouverture d’une conférence féminine. Le 23 avril 1976, Morgan McFarland dirigea 1000 femmes au cours d’un rituel à la Déesse, à l’église de la rue Arlington de Boston, pour ouvrir la Women’s Spirituality Conference de trois jours qui présenta l’Art à la plupart des participants. Après cela, le mouvement de la spiritualité féminine ne fut plus jamais le même. Peu de temps après, McFarland s’effaça de la scène nationale et Roberts mit en route une autre revue, The Harp. Mais elle aussi disparut rapidement.

Les numéros de The New Broom et The Harp peuvent être consultés auprès de the American Religion special collection à l’Université de Californie, à Santa Barbara.

Energies des Arbres Lunaires : l’Aulne

Par Linda Kerr copyright 1999, extrait du site faeriefaith.net
Traduction : Fleur de Sureau pour le coven d’Ignis Daemonis.

Aulne

Quatrième Lune

  • Glyphe – Je suis une larme étincelante du soleil
  • Oiseau – grue couronnée, mouette
  • Jour – Samedi
  • Couleur – carmin, vert, brun, la pourpre de Tyr
  • Guérison –
  • Mystères – La nécessité du droit des femmes / The Need Of Women’s Rule (TNOWR), dissiper les doutes, divination d’espoir, un nouveau départ
  • Substitut : cornouiller

Aulne

L’aulne correspond au moment de l’accouchement, de la renaissance, après  le commencement avec le Bouleau, les premiers mouvements fœtaux du Sorbier et les poussées prématurées du Frêne. L’aulne se situe vers l’équinoxe de printemps, une période d’équilibre. Au cours [du mois] de l’Aulne, nous disposons également d’un équilibre entre le yin et le yang, le masculin et le féminin, le feu et l’eau. L’aulne pousse dans et autour de l’eau et il est célèbre car on l’utilise pour fabriquer du charbon et de la poudre noire.

Les pilotis en bois d’aulne permettent de maintenir les bâtiments hors de l’eau. De la même façon, l’aulne agit pour tirer nos esprits hors des eaux des trois premières lunes et nous placer sur la terre ferme des mois printaniers et estivaux à venir. L’aulne agit également comme un pont entre les deux moitiés de l’année, pour connecter et équilibrer les aspects du feu et de l’eau, et des parts masculines et féminines de nous-mêmes.

Jeunes feuilles d’aulne

Easter (ndlt : Pâques), qui est le premier dimanche après la première pleine lune suivant l’Equinoxe de Printemps, provient d’Ishtar/Ostara/Eostara. Le mot œstrogène pourrait en dériver également. Ishtar est la déesse de la conception et de la naissance ; la hase est un symbole de régénération et d’énergie féminine, elle lui est sacrée. Les œufs sont aussi des symboles de régénération et un oeuf rouge est un symbole de renaissance. L’aulne est sacré pour Bran le béni et pour Cronos (Saturne). Saturne représente le dépouillement des vieux travers, des vieilles habitudes et des anciennes façons de pensée. C’est le moment d’abandonner de telles choses, de dissiper la confusion, une période de re-naissance. L’aulne est également sacré pour les rois des fées et des elfes. On associe à l’aulne quatre couleurs : le violet (chakra couronne), le rouge (la vie, le mana, le sang, la renaissance), le brun (la terre) et le vert (les fées, le petit peuple). Ces quatre couleurs évoquent les émotions, le respect, la révérence, l’harmonie ; une compréhension de l’ordre naturel de la vie ; crainte révérencielle, respect et révérence pour la vie. Du mot Alder (ndlt : aulne en français) provient elder (ndlt : ancien, aîné) ; les rois anciens.

Vous pouvez utiliser les énergies de cette lune pour vous reconnecter à la terre et équilibrer votre nature profonde. A présent que les tempêtes du [mois du] Frêne sont passées, nous pouvons cesser d’essayer de s’en prendre les uns aux autres et apprendre à travailler ensemble, en harmonie. Et tout particulièrement avec le sexe opposé. Un effet résiduel du Frêne : les hommes en ont ras le bol des femmes. Soyez attentifs les uns envers les autres maintenant, agissez de façon responsable et comprenez comment vos actions peuvent affecter les autres. Et il faut le faire maintenant, alors que les énergies équilibrées de la nature nous entourent, ou les choses ne tourneront plus rond pendant la lune du Houx.

L’aulne est également connue comme étant la lune qui pleure. Une bonne naissance est toujours accompagnée par des larmes. L’aulne est l’antidote aux doutes et à la confusion. La chose la plus difficile à surmonter durant cette lune est le doute de soi-même et des autres, mais il s’agit d’une conséquence naturelle aux nouveaux départs et aux naissances, lorsque nous regardons en direction de l’année à venir.  C’est la bonne période pour examiner honnêtement ces doutes, ainsi vous saurez ce à quoi vous devrez faire face durant les lunes à venir. L’aulne peut vous aider à traverser cela et vous donner la joie et l’espoir pour l’avenir.

  • Energies négatives de l’Aulne : Doute, à propos de vous-même et des autres. Confusion, incertitude, désespoir, dépression, le sentiment de s’enliser. Vous pourriez également avoir tendance à vous montrer insensible envers les autres et cruel involontairement.
  • Pour surmonter ces énergies négatives : prendre une baguette de l’arbre. Quintessences de Bach possibles pour l’Aulne : Gentian, Larch et Cerato.