Muin, le roncier

Extrait du site encoenchantements (très joliment illustré)

MUIN – Le roncier. (La vigne dans une bonne partie de l’Europe)

Lettre M. 10ème mois lunaire : 2 septembre – 29 septembre.

Guérison, Protection, Abondance, Richesse.

Le fruit du roncier est la mûre, le « meuron » dans le Nord et en Haute-Savoie, « amora » en occitan, « Mouar » et « mouar-penn » en breton…*

En gaélique, elle se nomme « dris-muine ».

 

Les ronciers à mûres, avec leurs longues tiges épaisses et épineuses , font communément des voûtes par les sentiers et les haies d’Angleterre, grimpant les barrières se transformant en grands murs impénétrables si on ne la surveille pas.

Ils poussent aisément dans toutes sortes de sols, avec une préférence pour les sablonneux, à l’ombre comme au soleil, bien que, comme la plupart des plantes, elles fleuriront et bourgeonneront mieux si elles ont de la lumière en suffisance pour elles.

Aller aux mûres reste un passe-temps familial depuis des siècles : les doigts et bouches tachés de pourpre sombre par un « picorage en passant », les égratignures le long des bras à cause des épines crochues et sans merci, mais la gloire d’une récolte  à manger fraîche ou à cuisiner en délicieuses gelées et crumbles.

Dans l’histoire des oghams celtiques, des traditions de pays les plus au nord en Europe tenaient pour sacré le bois de roncier pour le dixième mois lunaire.

Dans les pays plus chauds et plus au sud, le bois sacré est la vigne.

Ces deux plantes ont une façon de pousser, une période de récolte et une couleur de fruits similaires. Toutes deux ont de bonnes propriétés curatives et leurs fruits peuvent être utilisés pour faire des boissons.

La médecine du roncier

Les mûres sont aujord’hui parmi les « super anti-oxydants » Elles sont très riches en Vitamine C, A, Omega 3, Potassium et Calcium.

Toutes les parties de la plante sont utilisées depuis des siècles en remèdes : Les natifs américains faisaient une décoction de racines et feuilles pour aider aux problèmes de digestion et aux douleurs d’estomac.

Nous savons aujourd’hui que le caractère astringent de la plante est dû à une forte teneur en tanins. Elle est une source de salycilates, proche de l’aspirine, qui aide à soulager les inflammations.

Mâcher des feuilles pour guérir les saignements de gencives et la perte des dents qui s’ensuit est un remède séculaire.

John Gerard, herboriste du XVIe siècle, indique dans son « Grand Herbier » (Great Herbal) une recette de feuilles de roncier bouillies dans de l’eau avec du miel, de l’alun et un peu de vin blanc à prendre en bains de bouche pour « fixer les dents ».*

Culpeper conseille une décoction de bourgeons, feuilles, copeaux de bois pour traiter « les plaies fétides de la bouche et de la gorge ».

Recette de tisane de feuilles fraîches (1 mug) :

Une pleine poignée de feuilles de roncier fraîches, 1/2 mug d’eau, du miel.

Optionnel : un petit morceau de tige, d’écorce ou de racine propre et quelques mûres pour la couleur.

Faites frémir les feuilles (et l’éventuel autre morceau) dans l’eau pendant à peu près 10 minutes, sans faire bouillir pour garder le plus de vitamines. Versez dans une tasse et ajouter du miel. Cette tisane vitaminée, rafraîchissante et anti-oxydante quand elle est chaude peut être utilisée froide en gargarismes pour les maux de gorge

Religions, spiritualités, folklores

Elément : Eau

Planète : Vénus

Genre : féminin

Déités : Brigit

Il était coutume, dans de nombreuses îles britanniques, de ne pas manger les mûres. Il fallait les « laisser pour les fées ». Il me semble, pour ma part, qu’il devrait y en avoir beaucoup, pour tout le monde et que les êtres magiques que je connais seraient ravi de partager, à moins que vous ne soyez tombés dans les pattes des plus méchants !

Dans le « langage des fleurs » victorien, une brindille de roncier en fruits ou en fleurs dans un bouquet de fleurs offert pouvait signifier envie, remords ou humilité.

Richard Folkard, dans « Les plantes, folkore, légendes et paroles. » (Plant lore, Legends and Lyrics), 1884, nous dit :

« Rêver que l’on franchit des lieux couverts de ronces laisse présager des ennuis; si elles vous piquent, des ennemis secrets vous porteront préjudice par vos amis; si elles font couler le sang attendez-vous à une perte importante en affaires. Rêver de franchir les ronces et rester indemme indique le triomphe sur vos ennemis.« 

La légende la plus centrée sur la mûre nous indique de ne pas en manger après le jour de Michaelmass, jour de la fête des archanges, le 29 septembre. Ce jour de fête était auparavant célébré le 10 octobre. L’histoire est une concoction ancienne de christianisme, paganisme et contes de grand-mère :

Dieu sourit à ses deux plus grands archanges, Michel et Lucifer. Ils sont les plus sagaces des anges du ciel, pourtant Lucifer était sans doute, plus que nul autre, le plus beau. Son nom signifiait « le Lumineux ».

Dieu lui avait donné beauté et intelligence  au-delà de toue mesure et Lucifer aurait dû l’aimer et lui obéir pour toujours. Mais il était fier aussi. Devenu arrogant, il en vint à penser : « Je vais monter aux cieux et établir mon trône parmi les étoiles » . Il trouva d’autres anges pour le suivre dans sa rébellion.

Dieu ne pouvait permettre une rébellion ni laisser ces pécheurs prétendre prendre sa place. Il jugea donc que Lucifer et ses suivants seraient punis et exclus des cieux.

Lucifer tomba comme tomba sûrement Icare, à travers le cosmos, jusqu’à tomber sur terre dans un énorme buisson de baies noires et d’épines qui déchirèrent ses ailes et ses voiles. Il fut retenu prisonnier un moment.

Lucifer se débattit pour échapper à la ronce et, une fois dégagé, il se trouva si en colère qu’il cracha dessus et certains disent même qu’il la conpissa afin de montrer son mépris. Lucifer avait changé de nom, du Lumineux, il était devenu Satan, l’adversaire. Depuis, les mûres ne sont plus bonnes à manger passé le jour où Michel devint chef des Archanges au ciel, au jour de la fête de Michaelmass.

Les légendes populaires se basent généralement sur des faits de sens commun : les mûres sont effectivement moins agréables à manger après fin septembre, elles deviennent pleines de moucherons et le goût de leur tanin est beaucoup plus fort.

Magies, charmes et croyances du roncier

*Brûlez une petite poignée de feuilles sèches comme encens ou au-dessus d’une flamme. Décuplez son pouvoir en utilisant une bougie jaune, or ou verte pour la richesse.

*Les tiges de ronces ayant naturellement poussé en forme d’arc sont utilisées pour la guérison des rhumatismes et de la coqueluche. Les bébés étaient passés,  de préférence d’est en ouest, à rebours sous l’arche une fois et dans l’autre sens trois fois; un enfant plus grand ou un adulte devait la franchir, tandis que les assistants demandaient l’assistance des déités.

*Météo : Lorsque les mûriers sont en fleurs (Juin-Juillet), un coup de froid appelé L’hiver des mûres, présage d’un hiver glacial.

* Pour apaiser les brulures de peau, trempez neuf petites feuilles de ronce dans l’eau de source et pose les sur le feu en chantant trois fois cette invocation à Brigit, déesse celtique de la guérison et la poésie (Voir l’original sur le site) :

Trois dames venues de l’est,

une avec le feu et deux avec le givre.

Avec le feu et le givre.

* Cueillez un petit morceau de tige de ronces à Mabon (22 ou 23 septembre) ou lors de la lune des moissons. Ôtez précautionneusement ses épines et son écorce, chargez-la de votre intention, puis gardez-la sur vous comme charme pour prévenir la pauvreté.

Traduction par Beth Svitma

Notes :

* Si vous connaissez d’autres noms ou voyez une erreur ici, merci pour votre coup de pouce ! ;)

*John Gerrard Great Herbal

Muin : correspondances Faerie Faith

Vigne/Muin

Extrait de The Faerie Faith and the Beth-Luis-Nion Celtic Lunar Tree Calendar par James Clifford Landis. Traduction : Fleur de Sureau.

Correspondances pour le système BLN du Calendrier des Arbres Lunaires celtiques. Extrait de “Lunar Tree Energies” par Linda Kerr, et la Déesse Blanche par Robert Graves.

 

Glyphes

Je suis une colline de poésie

Couleur

bigarrée

Lettre

MuinM

Animaux

serpent, mésange

Symboles

Baguette de vigne ou ronce, rouleau de parchemin ou papier, triple spirale

Archétypes féminins

Dana, Bridget, Minerve, Les Muses, Artémis, Mnémosyne

Archétypes masculins

Dionysos

Guérisons

saignement, blessures, besoin d’un tonique

Mystères

joie, euphorie, croissance/éternité, souvenir, inspiration, retour de réincarnation

Energies des Arbres Lunaires : la Vigne

Par Linda Kerr, extrait du site faeriefaith.net
Traduction : Fleur de Sureau pour le coven d’Ignis Daemonis.

Vigne

Dixième Lune

Les mûres, la vigne

  • Glyphe – Je suis une colline de poésie
  • Animaux – serpent, mésange
  • Couleur – bigarrée
  • Guérison – saignement, blessures, besoin d’un tonique
  • Mystères – joie, euphorie, croissance/éternité, souvenir, inspiration, réincarnation
  • Substitut : chèvrefeuille, vigne des bois
Muin. Vigne. Septembre 2014.

L’inspiration poétique commence durant le Noisetier, mais la Vigne est réellement la lune du poète. La Vigne est une colline de poésie, de talent artistique, d’inspiration et d’imagination débordant du tissu même de notre être. La Vigne est une lune  guérisseuse et tonifiante, une période pour nous guérir des coups que nous prenons durant le Houx, ainsi que de l’épuisement ressenti durant le Noisetier. Nous ressentons en même temps joie et tristesse, euphorie et colère. C’est un moment de guérison par la créativité. Nous pouvons commencer à exprimer cette période d’inspiration et d’imagination sans même nous en rendre compte. Nous pouvons refaire une pièce de la maison, changer les meubles de place, commencer à écrire ou à travailler sur les cadeaux de noël. Nous ressentons beaucoup d’énergie intérieure et pouvons avoir une centaine d’idées différentes que nous désirons accomplir. Nous sommes maintenant comme la Vigne ; enthousiastes, légers, flexibles, croissants à un rythme étonnant et pourtant solides et très diversifiés.

Comme pour la plupart des lunes, la Vigne a une nature double, à l’image du poète qui a un pied dans la tombe alors même que sa tête effleure la sagesse et l’inspiration prophétique. La Vigne est également la lune de la vraie complétude ; c’est la fin d’un cycle et le moment juste avant le début du suivant.

La Vigne nous donne aussi le vin, la boisson traditionnelle du poète. La Vigne est sacrée pour Dionysus, Osiris et Bacchus. Veillons cependant à ne pas nous enivrer du fruit de la vigne, car alors nous glisserions de la créativité au laisser-aller et à la stupidité.

La spirale est un symbole de cette lune, une forme que l’on voit partout dans la nature et toutes formes de vie. La spirale n’a ni début ni fin. Durant la Vigne, le voile du temps s’affine et vous pouvez quitter ce temps et ce lieu, pour entrer dans le « il-était-une-fois ». La Vigne nous dit de nous rappeler notre passé, de nous rappeler notre futur. C’est un excellent moment pour la divination, pour regarder en nous-mêmes.

Ainsi, le poète en chacun de nous est capable de réfléchir aux expériences passées, à la sagesse à venir et d’atteindre l’inspiration. Néanmoins, l’inspiration n’est pas une chose temporelle, mais hors du temps. Ce qui est intemporel, infini et divin ne peut être atteint par l’esprit conscient. Le mental est uniquement un produit du temps ; il ne peut fonctionner sans le temps, le savoir (l’accumulation de l’expérience) et la pensée. La pensée rationnelle, le mental qui commande et calcule – tout cela correspond à des aspects Yang et empêche l’accès de l’inspiration à nos esprits.

  • Energies négatives de la Vigne : émotions fortes, hauts et bas, joie et colère intenses. Vivre dans le passé, refuser de changer. Opinons bien arrêtées, psychorigidité.
  • Pour surmonter ces énergies négatives : prendre une baguette de ce végétal. Quintessences de Bach possibles pour la Vigne : Honeysuckle et Vine.

La Danse et le Chant de Pouvoir

Extrait du livre « Cœur de Chaman » par Arthur Sörensen.

Deux chamanes. Photo: Musée ethnologique de Vienne.
Deux chamanes. Photo: Musée ethnologique de Vienne.

Michael nous présente une technique utilisée par les Indiens pour trouver un « chant de pouvoir ». « Nous allons accomplir ensemble un rituel. Sept volontaires joueront du tambour avec moi ; nous marcherons en rond au centre du cercle. Vous resterez assis à écouter tout en cherchant un son, un sentiment ou un mouvement en vous-mêmes. Lorsque vous entendrez votre chant, vous le signalerez aux joueurs de tambour. Nous cesserons alors de jouer et vous aiderons à vous mettre debout. Nous écouterons votre chant pour l’apprendre et vous deonnerons des maracas, de façon à ce que vous puissiez en indiquer le rythme. Nous formerons une procession derrière vous, en suivant le tempo que vous nous aurez indiqué et en chantant avec vous. Certains ne trouveront pas leur chant. Ils resteront donc assis, tout en apportant leur soutien à ceux qui chantent. Ceux-ci, animés par leur danse, sentiront que leur pouvoir les emplit, ce que les autres pourront d’ailleurs voir et sentir. Lorsqu’ils auront dansé leur chant, ils donneront un peu de leur pouvoir à ceux qui, dans le cercle, en ont besoin. »

Pressés de commencer, nous mettons tout – coussins, couvertures et tambours – de côté.

« Huxley » est secoué par le rythme des tambours. Sept joueurs de tambour, conduits par Michael, tournent en rond, tandis que les autres restent assis à attendre, les yeux mi-clos. On dirait une procession funèbre du Moyen Age. Soudain, je remarque que quelqu’un se lève et chante tout en conduisant le groupe de joueurs. Au bout d’un moment il se rassied et un autre prend sa place. Ce manège dure un bon moment. Je me sens envahi par le doute : tout cela n’est-il pas absurde ? Rester assis là, à se laisser submerger par le son des tambours, les cris et le bruit… Je me demande dans quelle mesure cette expérience de chants spontanés est authentique.

Tout d’un coup, quasiment en réponse à mes doutes, j’entends une mélodie. Un son bref qui se répète tout au fond de moi. Je ressens une chaleur qui se répand dans ma poitrine, ainsi qu’un profond sentiment de paix et de joie. Je me lève, les jambes engourdies d’être resté assis aussi longtemps. Les joueurs de tambour me voient et viennent vers moi. Ils me mettent des maracas dans la main droite ; je les secoue avec force. Un véritable sentiment de liberté envahit ma poitrine tandis que je chante ma mélodie aux joueurs. Je danse à l’intérieur du cercle et les tambours résonnent. Moitié dansant, moitié courant, je chante. Tout d’un coup la mélodie en moi se tait et je m’arrête, suant et tremblant. Hébété, je regagne ma place dans le cercle.

Michael nous demande, à Judy et à moi, de charger de pouvoir l’un des tambours en le tenant entre nos mains tendues. Judy aussi a dansé son chant. Le tambour est maintenant devenu un puissant outil de guérison. Je le sens se diriger lui-même vers l’endroit où on a besoin de lui, d’abord chez Jim, puis chez Richard et enfin chez Paul.

Lorsque Judy et moi avons fini de faire circuler le tambour, tous trois parlent de ce qu’ils ont ressenti. Le silence envahit la pièce, comme si tous ensemble nous avions créé une cathédrale. Lentement les gens se lèvent, titubant dans la nuit, plongés dans leurs réflexions.

Je m’assieds dans un coin de la salle à manger, loin des conversations et des discussions, pour boire un bol de thé chaud à la menthe. Je cherche à comprendre les expériences de la soirée.

Michael vient vers moi, une tasse de café et un morceau de gâteau à la main. Nous parlons des Samoyèdes. Il est convaincu que ce peuple possède, de tout le continent européen, la plus ancienne connaissance des rituels chamaniques et qu’ils se battent pour conserver leurs traditions vivantes. Il dit que certains Samoyèdes ont encore leurs tambours, les runebommers, comme ils les appellent, et qui sont de deux types : l’un est un tronçon d’arbre évidé, avec une peau de renne tendue par dessus, l’autre, plus courant, comporte un cadre fin et arrondi. Ces tambours sont généralement de forme ovale et leur peau est ornée de thèmes mythologiques.

Michael va se coucher et je sors sur la terrasse. Un couple assis me regarde. Je sais qu’ils brûlent de curiosité et voudraient bien savoir ce que fait le groupe chamanique. Mais je ne me sens pas capable de parler avec eux. Encore agité, je m’assieds près du feu, pour laisser les braises rougeoyantes, qui s’éteignent peu à peu, calmer mon coeur et mon esprit.

 

 

 

 

Chasser un chant de pouvoir

sami drumExtrait du livre La Voie du Chamane par Michael Harner.

Avant d’entreprendre le voyage chamanique pour recouvrer un animal de pouvoir, vous devriez posséder un chant de pouvoir. Chaque chamane dispose d’au moins un chant qu’il utilise pour réveiller son gardien et ses autres alliés afin qu’ils l’aident dans les soins et d’autres pratiques. Pour acquérir un chant de pouvoir, prévoyez de passer une journée seul dans un lieu sauvage, où vous ne rencontrerez personne et où l’environnement naturel n’a pas été trop modifié par les humains. Rasmussen, le grand spécialiste de la vie inuit, explique cela très bien :

 […] Les meilleures paroles magiques sont celles qui viennent lorsque l’on est seul dans les montagnes. Ce sont toujours les plus puissantes dans leurs effets. Le pouvoir de la solitude est grand et au-delà de l’entendement.

Une zone forestière ou montagneuse isolée est l’endroit idéal, mais si vous ne pouvez atteindre un tel lieu, essayez de faire pour le mieux. Ne prenez pas de petit-déjeuner et jeûnez toute la journée alors que vous vous baladez calmement en vous asseyant parfois. Ne planifiez aucun itinéraire ; regardez simplement où vos pieds vous mènent. Alors que vous vous promenez, découvrez quel animal vous vous sentez être. Cela peut être ou non celui que vous avez dansé. Incorporez ses sensations et prenez plaisir à endosser son identité durant la journée.

Comme il s’agit de votre première chasse au chant, il est possible que vous ne trouviez que la mélodie. Si c’est le cas, il vous faudra plus tard également trouver vos propres paroles. Mais pour l’instant, je vous donne les paroles de l’un des chants que j’ai acquis alors que j’étudiais avec les Jivaro :

J’ai des esprits.
Des esprits m’ont.
J’ai des esprits.
Des esprits m’ont.
J’ai des esprits.
Des esprits m’ont.
Moi, Moi, Moi.
(Répétez trois fois encore et passez à la strophe suivante.)
Mes esprits
Sont comme des oiseaux,
Et les ailes
Et les corps sont des rêves.
J’ai des esprits,
Des esprits m’ont.
Moi, Moi, Moi.
(Répétez trois fois encore et revenez à la première
strophe.)

Répétez le chant aussi longtemps que vous sentez que cela est nécessaire. Un chant de pouvoir facilite l’entrée en ECC (état de conscience chamanique), tant par ses paroles que par sa mélodie. Plus vous utiliserez le chant durant le travail chamanique, plus il constituera une aide efficace dans la modification de votre état de conscience. Finalement, il agira comme une légère détente qui vous aidera à passer en ECC.

 On peut également rechercher un chant de pouvoir spécifique qui est chanté pendant le voyage. Il vaut mieux le découvrir durant le voyage lui-même, et il comporte généralement une description de ce que l’on voit. Cette libre adaptation par Cloutier du chant d’un chamane tsimshian de la côte nord-ouest des États-Unis en constitue un bon exemple :

Je vais dans mon canoë partout
dans ma vision
Au-dessus des arbres ou dans l’eau je flotte
Tout autour je flotte
parmi les tourbillons
Tout autour je flotte
parmi les ombres
Je vais dans mon canoë partout
dans ma vision
Au-dessus des arbres ou dans l’eau je flotte
à qui est ce canoë dans lequel je me tiens
Celui dans lequel je me tiens avec un inconnu
Je vais dans mon canoë partout
dans ma vision
Au-dessus des arbres ou dans l’eau je flotte.

Suite du texte ici.

Chant de Pouvoir reçu pendant un rêve

Extrait du livre La Voie du Chamane par Michael Harner.

essieparrish
Essie Pinola Parrish (1902–1979), was the last Kashaya Pomo spiritual leader and an expert basketweaver

Vous pouvez également acquérir involontairement un chant alors que vous rêvez. Feue Essie Parrish, une chamane indienne pomo de Californie, rapporta le rêve de son premier chant de pouvoir : « Je vais vous raconter une autre histoire de ma jeunesse – comment j’ai chanté un chant pour la première fois lorsque j’étais enfant. J’avais onze ans à cette époque. Je n’ai pas acquis ce chant d’une manière ordinaire – je l’ai rêvé. Un jour, alors que j’étais endormie, un rêve vint à moi -j’entendis chanter là-haut dans le ciel. Parce que j’étais petite, parce que je ne comprenais pas de quoi  il s’agissait, je n’y prêtai pas [consciemment] attention – j’écoutai [passivement] cet homme chanter là-haut. Toutefois, il fit en sorte que je l’apprenne – c’était comme s’il entrait profondément dans ma poitrine, comme si le chant lui-même chantait dans mon larynx. Puis, il me sembla que je pouvais voir l’homme, comme si je pouvais le distinguer.

 Après mon réveil, ce chant chanta en moi toute la journée. Même si je ne voulais pas chanter, le chant chantait dans mon larynx. Puis j’essayai moi-même de chanter, et j’essayai encore, et, à ma grande surprise, le chant était magnifique. Je m’en suis toujours souvenu depuis.

Puis, une fois, ma sœur aînée et moi accompagnâmes notre grand-mère à Danakâ. À l’époque, ma sœur était jeune aussi, mais elle était plus âgée que moi. Nous voyageâmes avec elle [notre grand-mère]. Arrivées à Danaka, nous nous y établîmes.

Puis, un matin, très tôt, nous allâmes à Madrone Beach chercher des algues. Nous accompagnâmes notre grand-mère. Alors que nous étions assises là sur un gros rocher, nous jouions à la poupée, riant et bavardant. Mais ce chant chantait toujours au plus profond de moi. Alors, comme il chantait dans mon larynx, je commençai aussi à chanter. Il se trouva que ma sœur m’entendit.

« Que chantes-tu ? », demanda-t-elle. « Je chante un chant », répondis-je. « Qu’il est beau. Où as-tu entendu ce chant ? », interrogea-t-elle. « Je l’ai rêvé », répliquai-je. Lorsque je dis cela, je me sentis embarrassée. « S’il te plaît, chante-le encore. » Alors, je recommençai. « Oh, qu’il est beau ! Apprends-le moi ! », dit-elle. Je répondis : « Il n’est pas fait pour ça. Tu ne peux pas l’apprendre. » Puis, comme elle était plus grande que moi, elle parvint à me faire chanter. Même si je ne voulais pas, elle y parvint tout de même.

Alors je chantai le chant…

« Mais ne le dis à personne », lui dis-je. « Pourquoi ? », demanda-t-elle. « Ils pourraient me faire chanter. » « D’accord », dit-elle. Mais elle ne tint pas parole. Nous retournâmes à la maison le soir. Ma sœur, en dépit de [ce qu’elle avait promis], raconta tout au frère aîné de la mère de ma mère – un homme étrange, un peu fou. Il me dit : « Ils disent que tu as un chant. » « Eh bien, qui dit cela ? », demandai-je. « Ta sœur aînée a dit que tu chantais un chant merveilleux. Chante-le, s’il te plaît », dit-il. Alors, je chantai encore pour lui. Cela lui plut beaucoup.

Ce fut le premier chant que j’ai chanté lorsque j’étais petite.

Je vais m’arrêter là. »

 

[Muin] L’ogham de la vigne par Stephanie Woodfield

Extrait de « Celtic lore and spellcraft of the Dark Goddess – Invoking the Morrigan » de Stephanie Woodfield
Traduction et adaptation : Siduri

Signification divinatoire : récolte. Réalisation d’un projet. Célébrations.

Renversé : se laisser aller à l’excès, intoxication.

Il n’est pas clair si Muin fait référence à la vigne, introduite sur les Îles Britanniques pendant l’Âge de Bronze, ou, comme certains spécialistes modernes l’avancent, au mûrier. Le Livre de Ballymote nous dit que Muin était utilisé pour préparer de l’hydromel, qui peut être distillé en utilisant des mûres. Quelque soit le vin auquel il est fait référence ici, la vigne est reliée à l’idée de récolte et à la fabrication de brevages alcoolisés. Le processus de fermentation des grappes/baies au vin est un symbole de la transformation de l’âme.

Usages magiques : magie pour attirer la prospérité, pour rendre un projet fructueux.

M pour MUIN [Déesse Blanche]

M pour MUIN

Extrait de l’Alphabet des Arbres, La Déesse Blanche. Robert Graves.

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Le dixième arbre est la vigne à la saison des vendanges. Quoique non native de Grande-Bretagne, la vigne est un motif important dans l’art de l’âge du bronze britannique. On peut en conclure que les Danéens véhiculèrent vers le nord non seulement le symbole mais la plante elle-même. Elle parvient à donner des fruits convenables sur quelques pentes abritées dans le sud. Mais, comme on ne peut l’y considérer comme une essence sauvage, on dut lui substituer la ronce. La saison de l’apparition des fruits, leur couleur et l’allure de la feuille correspondent, et le vin de mûres est une boisson qui monte à la tête.

Dans tous les pays celtiques, il existe un tabou interdisant de manger la mûre bien qu’elle soit un fruit sain et nourrissant. En Grande-Bretagne, la raison invoquée est « à cause des fées ». A Majorque, l’explication est différente : la ronce aurait été l’arbuste choisi pour la couronne d’épines  et les mûres seraient le sang du Christ. Dans le Nord du pays de Galles, lorsque j’étais enfant, on prétextait seulement qu’elles étaient vénéneuses. Dans le Devonshire, le tabou ne porte que sur l’ingestion des mûres après le dernier jour de septembre, « lorsque le diable entre en elles », ce qui étaye ma théorie selon laquelle les mûres seraient un substitut populaire de la vigne en Extrême Occident.

La vigne était consacrée au Thrace Dionysos ainsi qu’à Osiris et la principale décoration du temple de Jérusalem consistait en une vigne d’or.

Elle est l’arbre de la joie, de la gaieté, et de l’emportement furieux.

Le mois s’étend du 2 septembre au 29 septembre et inclut l’équinoxe d’automne.