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[A druid’s herbal of sacred tree medicine] Luis, le sorbier

Traduction : Siduri pour Ignis Daemonis

Message : Sorbier nous rappelle l’importance de renforcer sa protection personnelle et ses boucliers spirituels.

Signification divinatoire : si Sorbier est entré dans votre champ de conscience aujourd’hui, on vous rappelle de renforcer vos boucliers. En tant que guerrier spirituel, votre force, votre patience, ou votre intégrité seront peut-être mise à l’épreuve. Utilisez l’aura protectrice de Sorbier pour repousser toutes les forces qui menacent votre paix intérieure, tout en laissant passer les influences qui illuminent et élèvent votre esprit.

Affirmation : ô Dame Rouge du Sorbier, Enchanteresse de Jadis, je me place dans ton cercle de lumière, afin qu’il me protège de tout mal.

Beth, le bouleau [Eco Enchantments]

Article original paru sur Eco Enchantments
Traduction : Siduri

Beth – bouleau

Lettre de l’ogham : B
Arbre de la 1ère lune
24 décembre au 20 janvier
Pouvoirs : purification, gardien des nouveaux départs, apporte l’espoir, canalise les émotions, protection

L’arbre druidique symbole des Bardes. « Arbre de la Déesse », « Dame des Bois ». Le bouleau, Betula Pendula, est le porteur de promesses, de lumière et de nouveaux départs.

Élégant natif des forêts britanniques, de toute l’Europe du Nord et de l’Amérique du Nord, le bouleau est grand, pouvant mesurer jusqu’à 60 mètres, et doté d’un tronc pâle et svelte. Il pousse dans des clairières, préférant la lumière du soleil, mais n’est pas difficile quant à la qualité du sol, et est plutôt robuste malgré une vie relativement brèvee.

Le bouleau est connu comme « Arbre Pionnier » – il est de ceux qui recolonisent en premier des espaces ayant été déboisés lors de désastres.

Ses douces feuilles vertes sont dentelées et poussent sur des branches très fines ployant et bougeant aisément dans la brise. Son écorce blanche lui octroie une beauté féérique en toute saison.

Lorsque la sève monte au début du mois de mars, il est possible de couper l’écorce et de prélever le liquide pour le consommer tel quel, ou comme base d’un vin de bouleau ou d’une bière.

Au printemps, les petites fleurs mâles se développent en longs chatons et les fleurs femelles en petits cônes.

Le bois n’est pas particulièrement dur, mais a été malgré tout utilisé pour toutes sortes de choses au fil des siècles. Son grain est fin et régulier, il est donc adapté à du tournage sur bois. Jouets en bois et bobines furent réalisés à partir de bouleau ; en Écosse, il sert de combustible dans les distilleries de whisky.

Aujourd’hui, comme par le passé, on a fabriqué des balais et d’autres outils à partir du bouleau. Ses branches fines servaient aussi de chaume ; brûlé correctement, le charbon qui en résultait devenait un ingrédient de la poudre à canon. Plus récemment, on les a aussi utilisé dans les rencontres équestres.

Son écorce blanche est remarquable ; fine, souple, on peut la détacher de l’arbre comme du papier. On pense que le mot « Birch » [ndlt : bouleau en anglais]  pourrait venir du mot sanskrit « bhurga » qui signifie littéralement « arbre dont l’écorce sert comme support d’écriture » ou de « bher » qui signifie « blanc brillant ».

Il existe de nombreux lieux dans les Îles Britanniques avec le préfixe Berk ou Birk faisant référence au bouleau, ou encore Biethe, nom gaélique qu’on retrouve fréquemment en Écosse.

L’écorce peut produire une huile qu’on utilise en tannerie et dans l’industrie de la reliure. Elle contient de la bétuline et une petite quantité d’acide tannique, donnant au cuir durabilité et protection. Aujourd’hui, le meilleur de cette huile est encore produit à partir des grandes forêts de bouleaux qu’on trouve en Russie.

L’écorce de bouleau est largement utilisée par des populations natives d’Amérique, de Chine et de Russie. Nous pensons aisément aux canoés des Indiens d’Amérique, imperméables grâce à la résine de pin, et qui sont à la fois légers et solides. L’écorce servait égalemen à couvrir des abris et des wigwaws. Les plus petites bandes étaient tissées en paniers et parfois en chaussures.

La médecine du bouleau

Dans la médecine populaire de nombreux pays, le bouleau était utilisé comme tonique curatif et préventif, ainsi que dans des onguents et des huiles destinés à la peau. On considère qu’il possède de nombreuses vertus guérisseuses.

Il est cependant difficile de savoir comment il était prescrit, car il n’existe pour ainsi dire aucune mention de Betula ou de bouleau dans les travaux des premiers herboristes.

Sa mention la plus ancienne remonte à 1672 , dans la liste des « Herbes de Nouvelle-Angleterre », par John Josselyn, qui affirme que « l’écorce du bouleau est utilisée par les Indiens pour soigner les coupures et autres blessures… Bouillie afin de devenir bien tendre, aplatie entre deux pierres pour devenir un emplâtre, sa décoction versée sur une blessure ».

A partir du 18ème siècle on en connaît mieux les usages. Chaque partie de l’arbre, hormis ses racines, a quelque chose à offrir.

Les feuilles, astringentes, peuvent être réduites en morceaux et infusées, comme laxatif et diurétique. Aujourd’hui encore cette préparation est recommandée par les herboristes afin d’éliminer les bactéries d’une cystite ou autres infections du système urinaire. Cette infusion est également riche en vitamine C – tout comme la sève fraîche.

L’écorce peut être utilisée en externe afin de calmer les douleurs musculaires ; on la trempera alors dans de l’eau chaude et on la déposera sur le membre touché en veillant à avoir l’écorce externe vers l’extérieur. Les huiles qu’on en extrait sont antiseptiques et soignent les blessures et infections cutanées comme l’herpès, ou encore l’eczéma et le psoriasis.

La bétuline, qu’on obtient de l’écorce, est étudiée pour son potentiel à traiter les cancers de la peau.

La sève, quand elle est transformée en vin ou bière, est fermentée avec de la levure. On peut également en faire un cordial, ou un vin épicé avec l’ajout de miel, de clous de girofle et de zestes de citron. On donnait cela en prévention de – ou pour soulager de – calculs rénaux et biliaires, et pour les rhumatismes et la goutte.

Bien entendu, la sève peut aussi être consommée fraîche ou mise en bouteille comme boisson tonique, toujours populaire dans les pays baltiques. Le meilleur moment pour la prélever est le début du mois de mars.

Religion, spiritualité et folklore

Élément : eau
Planète : Vénus
Genre : féminin

Le bouleau est le premier des arbres dans le Calendrier de l’Ogham. Connu par les Celtes sous le nom de Beith (prononcé « bay ») il est le symbole des nouveaux commencements, de la régénération, de l’espoir, d’aubes nouvelles et de promesses d’avenir.
Cet arbre est porteur d’une sagesse très ancienne et apparaît pourtant éternellement jeune.
On pense que les Druides utilisaient la sève comme boisson spirituelle lors des célébrations de l’Équinoxe de Printemps.

La légende dit que c’est sur le bouleau que fut gravé le premier message utilisant l’alphabet de Ogham. Robert Graves affirme dans « la Déesse Blanche » que ce message était un avertissement au dieu solaire Lugh pour le protéger des fées – du Sidhe, qui projetaient de kidnapper sa femme. L’inscription consistait en sept « B » et fut interprété comme le risque pour sa femme « d’être emportée par sept fois au pays des fées, à moins que le bouleau ne veille sur elle ». (c’est-à-dire le bouleau comme arme de frappe !)

Elle, car le bouleau est certainement de nature féminine, porte de nombreux noms. Déesse Blanche, Dame des Bois, Arbre Ruban, Vierge d’Argent, Vierge de Bouleau sont autant de désignations connues. Au premier regard, on voit un arbre doux et timide – mais elle est en réalité un symbole très puissant d’espoir et de régénération.

Il est assez aisé de voir l’impact qu’elle a pu avoir en des temps plus païens, grâce à son écorce brillant à la lumière des torches ou de la pleine lune, ses jeunes feuilles chantant et s’agitant telles les espoirs grandissant des peuples avec le retour de la verdure et du printemps.

Les Déesses associées au bouleau sont des divinités associées à la fertilité en Europe du Nord – Oestre, Frigga et Freya – et Vénus, la Déesse romaine de l’amour. En Grèce, nous avons Ariadne, en Irlande Brighid, et au Pays de Galles la déesse-chouette Bloedewedd.

De nombreux festivals pré-chrétiens demandaient l’usage de bouleau, sous forme de bois, d’écorce, de feuilles ou de branches. Lors d’Imbolc (la Chandeleur) en février, l’écorce blanche était utilisée pour symboliser le retour de la lumière, aux côtés des bougies.

A Beltane (le Jour de Mai), le bouleau était un premier choix pour faire le Mât de Mai ; coupé à l’aube, décoré, témoin des danses rappelant d’anciens rites de fertilité, on le brûlait également dans les feux de Beltane.

A Samhain (la Toussaint), certains rites consistaient à utiliser les fines branches de bouleau pour battre et chasser les esprits malins hors du foyer, rappelant le retour de la lumière et la renaissance. C’était aussi le moment de l’année où les sorcières s’envolaient sur leurs balais de bouleau ! Un excellent choix de balai, car on sait que l’amanite tue-mouches aime pousser aux pieds des bouleaux. Préparé par un expert et pris en petites doses, ce champignon a un potentiel hallucinogène. N’oubliez pas que c’est aussi une toxine fatale !

Dans le conte russe qui porte son nom, la sorcière Baba Yaga vit dans une forêt de bouleaux, et efface chacune de ses traces avec un balai fait à partir de cet arbre.

Les branches de bouleau était aussi utilisés dans des rites qu’on désignait sous l’expression « frapper les limites » [ndlt : « Beating the Bounds »] . Les membres d’une paroisse se réunissaient pour faire le tour des limites du village, et frappaient alors différents repères sur le chemin pour bien les identifier.

Ces mêmes branches, utilisées pour frapper des objets, en chassaient les mauvais esprits. N’oublions pas que des coups étaient aussi portés aux criminels, délinquants, et autres garnements !

Magie, charmes et croyances

Écrire une promesse ou un souhait sur de l’écorce de bouleau avec la pointe brûlée en charbon d’une petite branche de bouleau. La garder en lieu sûr et secret jusqu’à ce que le vœu soit réalisé.

Pour obtenir une baguette parfaite de bouleau, d’un blond-blanc féérique, récolter le bois à la Pleine Lune de Bouleau (entre le 24 décembre et le 20 janvier) ou à l’aube le jour d’Imbolc ou de la Chandeleur, au moment ou la première lueur de printemps se manifeste pour réchauffer la terre.

Pour calmer une passion violente, une colère ou une irritabilité excessive, s’asseoir pendant un temps le dos contre le tronc d’un bouleau. Si ce n’est pas possible, prendre quelque chose en bois de bouleau dans ses mains et rester seul et assis calmement pendant un temps. Son énergie innocente canalisera ces émotions fortes avec sagesse.

Porter sur soi une branche de bouleau ou une rondelle de bois en guise de protection contre les mauvaises influences.

Brûler un peu d’écorce ou de feuilles séchées, seul ou dans une composition d’encens, au début de tout nouveau projet, recommencement ou voyage.

Un jouet, berceau ou objet de décoration fait à partir de bouleau protègera bébé des mauvais esprits, et contre les fées qui seraient tentées de le transformer en changeling.

Utiliser une baguette de bouleau pour gagner de nouvelles perspectives sur de vieilles idées, et pour avoir de nouvelles idées lorsque le flot créatif est bloqué. Elle sera porteuse de lumière et d’inspiration féérique.

Rassembler ses vaches à l’aide d’un bâton en bouleau pour les rendre fertiles et favoriser la naissance de veaux sains.

[Eadha] l’ogham du peuplier par Stephanie Woodfield


Traduction et adaptation : Siduri

Signification divinatoire : dépassement du doute et de la peur. Franchir les obstacles. Guidance intérieure.

Renversé : être paralysé par les doutes et les peurs.

Folklore : le peuplier tremble a un important système racinaire et pousse jusqu’à soixante ou quatre-vingts pieds de hauteur. Il est un des arbres les plus répandus d’Amérique du Nord. L’écorce du tremble était utilisée comme tonique pour soigner la faiblesse et les brûlures d’estomac, et ses feuilles traitaient les inflammations et arthrites. Eadha est associé au « tremblement » et au « frémissement ». Les feuilles du peuplier et du peuplier tremble donnent l’impression de frémir dans le vent, reliant ainsi l’ogham à la peur. Le vent soufflant dans les feuilles du tremble donne l’impression de murmurer, ce qui donne également un caractère oraculaire à cet arbre. On dit que celui qui sait écouter ses murmures recevra des messages des dieux. La tribu nord-américaine des Blackfoot utilisait le tremble pour fabriquer des flûtes. Son bois solide, propice à absorber les chocs, était utilisé pour fabriquer des boucliers, et l’ogham peut être un allié pour nous protéger de nos peurs et de nos doutes. Des guirlandes de feuilles de tremble ont été retrouvées sur des sites mortuaires, et le héros grec Heraklès portait une même guirlande pour se rendre auprès de Hadès. Ainsi, l’arbre est connecté au Monde Souterrain et au domaine des ancêtres. Le dessus de la feuille est sombre, dit-on, parce qu’il a été touché par les flammes de l’Hadès ; quant au dessous, il serait devenu argenté après avoir absorbé la sueur du héros.

Usages magiques : bannissement des émotions négatives. Rendre hommage aux ancêtres.

[Luis] L’ogham du sorbier par Stephanie Woodfield

Extrait de « Celtic lore and spellcraft of the Dark Goddess – Invoking the Morrigan » de Stephanie Woodfield

Traduction et adaptation : Siduri

Signification divinatoire : protection, avoir un bouclier protégeant du mal.

Renversé : vulnérabilité face au danger ou aux influences négatives, besoin de renforcer ses défenses.

Le sorbier est réputé pour ses qualités protectrices. Cet Ogham a été décrit comme « l’ami » ou la « force » du bétail, ce qui fait référence à son usage magique dans la protection des animaux face aux attaques des mauvais esprits ou du peuple de Faery qui fait tourner le lait. Le sorbier était planté près des maisons, près des églises et des sites sacrés afin de les protéger. Une petite branche de sorbier noué trois fois avec un fil rouge était censé briser les mauvais sorts. Connecté au soleil et aux divinités solaires, le sorbier est particulièrement sacré pour Brigid et Brigantia. Brigid porterait des flèches en sorbier qui s’enflammeraient selon son désir.

Usage magique : protection

[Straif] L’ogham du prunellier par Stephanie Woodfield

Extrait de « Celtic lore and spellcraft of the Dark Goddess – Invoking the Morrigan » de Stephanie Woodfield
Traduction et adaptation : Siduri

Signification divinatoire : division, conflit, besoin d’établir des limites saines entre soi et les autres.

Renversé : laisser la porte ouverte aux attaques, émotionnelles et physiques.

Straif est relié au mot strife, qui veut dire « lutte », associant cet ogham à la notion de conflit. Le prunellier était traditionnellement utilisé pour constituer des haies, afin de maintenir à l’extérieur hommes et esprits indésirables. Au printemps, cet arbre se couvre de fleurs blanches, mais son trait le plus particulier réside dans ses épines, qui le relient aux épées, aux poignards et à tout objet capable de percer. Le bois de prunellier était utilisé pour fabriquer des gourdins, ce qui le connecte une nouvelle fois à l’armement et au conflit. Les baies de prunellier sont de riches sources de vitamine C et étaient utilisées comme remède aux inflammations. Ses feuilles étaient quant à elles utilisées pour chassez toxines et fluides en excès hors du corps. Alors que Straif symbolise clairement un conflit ou un chemin bloqué, le prunellier peut aussi nous apprendre à « détoxifier » une situation, si nous sommes attentifs à sa sagesse.

Usages magiques : établir des limites.

Ailm, le sapin argenté [The Blue Roebuck]

Article original paru sur « The Blue Roebuck »
Traduction : Siduri

Ailm  (AHL-m), le sapin argenté, le pin sylvestre

Ailm

Silver Fir

Saison : 1ère saison – Solstice d’Hiver

Hand
Place sur la main : sur la paume, sous le pouce
Couleur : Alad – couleur pie

Lapwing
Oiseau : Aidhircleog, le vanneau
Déesse : Druantia, reine des Druides
Symboles : les choses cachées
Planètes : Lune, l’astéroïde Astrée
Métal : argent

Horse
Animal : le cheval
Message : perspicacité, jour de libération, leadership
Signification de l’ogham-mot  : cri, le plus fort des grognements, début de réponse, début d’un appel

« Je suis le tombeau de tout espoir.
Je suis un enfant ; qui d’autre que moi observe depuis l’arche brut du dolmen ? »

L’arbre connu comme « sapin » dans l’Ogham est en fait le pin sylvestre, le seul conifère d’envergure natif des îles britanniques. Cet arbre impressionnant peut grandir jusqu’à 30 mètres. Des forêts de pin couvraient une bonne partie de l’Ecosse par le passé.

C’est peut-être la présence impressionnante d’Ailm, ainsi que sa longue vie, qui sont les raisons de son association avec le leadership. Nous retrouvons cette vision dans l’hommage de Walter Scott au chef de clan, dans « La Dame du Lac » (utilisé actuellement comme chanson thématique pour le Président des États-Unis) :

« Salut au chef qui avance triomphalement ! Puisse le Pin éternellement vert être honoré et béni ! Puisse être longue la vie de l’arbre, dans son étendant étincelant. Fleuris, giron et grâce de notre lignée ! »

Les significations de l’ogham-mot Ailm semblent référer spécifiquement au son de la lettre, A. Ailm veut dire « un cri de douleur ou d’émerveillement ». Nous crions « aaaaah! » en signe de détresse, nous respirons « ah ! » dans la crainte, et nous crions « aha ! » lorsque les pièces d’un puzzle finissent par s’assembler.

Choisissez Ailm comme emblême si vous rechercher la perspicacité – le fameux moment « aha ! » où l’on comprend la signification de quelque chose qui baignait jusqu’alors dans la confusion. Ailm renferme la promesse d’un tel moment d’illumination. Il rappelle aussi qu’il s’agit seulement d’un début de réponses.

Le sapin est le premier arbre de l’année, qui tombe le jour du solstice d’hiver. C’est un arbre de la déesse, sacré pour Artémis, déesse de la lune. Sa forme triangulaire représente la trinité de la Déesse. Elle symbolise la force du soleil, la source de vie. Ailm peut aussi correspondre au sapin baumier [ndlt : en Amérique du Nord notamment] ; ses « arbres-soeurs » sont l’if et le pin sylvestre. En hébreu, on l’appelle Tamar, évoquant Ishtar [ndlt : d’après mes recherches, Tamar signifie « palmier »… je me permets d’émettre un doute sur cette affirmation, libre à vous d’en tenir compte ou non].

Le sapin argenté est associé à la lune et à la planète Jupiter. Ses couleurs sont la couleur pie et le bleu pâle. Ses oiseaux sont l’aigle et le vanneau, et son animal, la vache rousse. Ses pierres sont la tourmaline et l’ambre – et c’est un arbre aux qualités féminines. Cet arbre rappelle le triple aspect de la Déesse dans le folklore celtique, et offre apprentissage, choix et progrès. Il est sacré pour de nombreuses déesses : Artémis (protectrice de l’accouchement), Diana et Druantia entre autres. Il est aussi associé aux Dieux Osiris et Attis, qui furent tous deux incarnés dans des pins/sapins.

On peut utiliser le sapin en magie : pour le pouvoir, la perspicacité, le progrès, la protection, le changement, la renaissance féminine et la naissance.

Le sapin argenté et l’if sont des « arbres-soeurs » qui se tiennent l’un à côté de l’autre dans le cercle de l’année. Leur aspect est presque identique. Néanmoins, l’if est connu comme l’arbre de la mort et le sapin argenté comme l’arbre de la vie et de la résurrection.

Les druides utilisaient le sapin, le considérant comme un arbre d’espoir [ndlt : on en sait des choses sur les druides… Bref !]. On pourra utiliser son bois pour la transformation, le changement, d’autant plus que cet arbre nous offre une perception claire du présent comme du futur. Des morceaux d’écorce peuvent être utilisés dans de l’encens, et le bois peut servir à fabriquer des instruments de musique. Brûler des aiguilles ou balayer à l’aide d’une branche qui aura été bénie autour du lit protégera un nouveau né et sa mère. En Écosse, dans la région de l’Orkney, la mère et l’enfant sont purifiés par le passage circulaire d’une bougie constituée de sapin trois fois autour du lit. Pour une « sorcière météo » [ndlt : « weather witch »] les pommes du sapin servent à annoncer un temps humide ou une saison sèche. Des charmes faits à partir de sapin peuvent être donnés à des amis sur le départ pour leur porter chance. Par son apparence (et dans son usage ancien) il est l’arbre incarnant Yule par excellence. Ses branches peuvent être utilisées comme décorations et apporteront la protection à la maison et à ses occupants.

Le sapin est considéré par beaucoup comme arbre annonçant la naissance ou le début de nouvelles choses. Il se tient en tête de la série de voyelles dans le système des Oghams, tandis que l’if, considéré comme l’arbre de la mort, se tient à la fin de cette série. C’est un arbre de régénération. Lorsqu’il est coupé, et semble mort, ses racines donnent naissance à de nouvelles tiges. Son bois résineux produit une flamme tenace et purifiante, utilisée dans des cérémonies celtiques de naissance et de mort. Elle symbole la lumière croissante du soleil ressuscité au moment du solstice d’hiver et qui émerge de l’ombre.

Le sapin indique la renaissance : la transformation d’un état de faiblesse vers un état de force. C’est une force brute, pleine de santé et de vigueur. Un état élevé, qui offre une nouvelle perspective pleine d’objectivité et de sagesse née de cette objectivité. Le sapin marque le début du chemin vers la vérité et la vie. Emprunter ce chemin implique également d’en garder le secret.

Ailm annonce l’arrivée imminente d’une renaissance : une grande transformation pour le mieux, au cours de laquelle objectivité, savoir et capacité au leadership seront acquis. Il sera peut-être possible de voir un vieux challenge d’un nouveau point de vue, ou d’exercer une certaine maîtrise dans un futur proche. Cet Ogham implique également le besoin de cacher ces nouveaux départs. Les premières phases d’un nouveau projet, d’un nouveau chemin doivent rester dans le secret pour ne pas être perturbées. Une nouvelle direction créative est susceptible d’influencer les choses. En plus d’apprendre la discrétion, il faudra peut-être apprendre du passé. Attention aux choix. […] Vous serez peut-être appelé à diriger, mais ce challenge peut se montrer douloureux si vous n’est pas capable de l’entreprendre avec maturité complète et objectivité.

Peut-être que la renaissance sera entravée par quelques obstacles. Cela peut être le cas si ce qui doit rester caché est révélé avant que ce soit le moment. Gardez, protégez ce qui se présente à vous. Attendez le bon moment pour le révéler.

[…]

Note personnelle – il existe une certaine confusion concernant le placement d’Ailm, d’Idho, et du « jour supplémentaire ». Dans « la Déesse Blanche », Graves évoque Ailm comme s’il se trouvait associé au jour du Solstice d’Hiver, mais dit de lui, plus loin, qu’il correspond au jour de la naissance de l’enfant divin, le « jour supplémentaire ». Puis, lorsqu’il aborde Idho, il dit que ce dernier est à situer la veillée du Solstice d’Hiver. Dans ma propre expérience et pratique, j’ai finalement décidé, et ceci est basé sur mon point de vue uniquement, de placer Idho la veille du Solstice d’Hiver et Ailm le jour du Solstice d’Hiver, tandis que le Gui occupe le « jour supplémentaire », qui est lui aussi un jour spécial.

Ailm, le pin sylvestre [Eco Enchantments]

Article original paru sur Eco Enchantments
Traduction : Siduri

Ailm – pin sylvestre ou sapin blanc

Lettre de l’Ogham : A
22 décembre – 2ème jour du solstice d’hiver – début de la nouvelle année
Festival associé : Yule
Pouvoirs : guérison, protection, indication de la voie à suivre, fertilité, purification

« Le pin semble écouter, le sapin attendre ; et tous deux sans la moindre impatience : ils n’inspirent guère le petit peuple qui se tient sous eux et qui est, lui, dévoré par l’impatience et la curiosité. »
Der Wanderer und sein Schatten, Friedrich Nietzsche, 1880

L’Arbre qui Marque le Chemin et la Sentinelle : aimé des Dieux, haut, sombre, indubitablement visible et puissant pour l’humanité au fil des millénaires – le pin sylvestre se tient fièrement à sa place, marquant la renaissance de l’année dans le calendrier de l’Ogham.

Le folklore du Solstice d’Hiver associe le Pin à l’If  – chacun d’eux gouvernant une journée en décembre. L’If symbolise la mort de la vieille année le 21 décembre, le jour le plus sombre – et le Pin, vu comme un signe du retour de la lumière qui pointe vers les nouveaux chemins, gouverne le 22 décembre.

L’arbre associé à ce moment de l’année de « renaissance de la lumière » peut être discuté. Robert Graves fait référence à Ailm en évoquant le Sapin, mais contrairement au Pin Sylvestre, celui-ci n’est pas natif des îles britanniques. Le Pin est évoqué dans des documents légaux de l’Irlande médiévale (Bretha Comaithchesa – Loi régissant le voisinage – 8ème siècle) comme un des sept Airig Fedo – « les Nobles du Bois » – cités pour leur utilité.

Dans les îles britanniques, on trouve des forêts de pins « natifs » seulement dans les Highlands écossais, mais nombreux sont les arbres qui ont été plantés et entretenus par les hommes. Ces forêts natives, tout comme celles nées de la volonté humaine, sont étonnantes car, en raison de la nature du sol tapi dans l’ombre de ces arbres immenses, le pin ne peut germer et se régénérer sous sa propre canopée. Les forêts se retrouvent ainsi constamment « en mouvement », au gré de la mort des pins au fil des siècles, mais surtout en raison de nouvelles naissances d’arbres grâce aux  « déplacements » de leurs pommes, qui roulent parfois au bas des collines vers une place au soleil, qui sont transportés par la voie animale, ou encore grâce à leurs graines qui volent dans le vent.

Les plus grands arbres que nous voyons généralement mesurent environs 20 mètres, mais des spécimens plus anciens peuvent être encore beaucoup plus grands. Ils peuvent vivre jusqu’à 350 ans.

Très grands et étroits, les troncs font rarement plus de 2 mètres de diamètre ; ils développent des branches pour former plusieurs ensembles, chacun en forme de plateforme. Le pin sylvestre peut également être un arbre pyramidale, particulièrement lorsqu’il est jeune. Les troncs matures sont protégés par d’épaisses couches d’écorce rugueuse.

Ce pin a de longues aiguilles d’un vert profond, avec un éclat bleuté. Ces aiguilles poussent par pair (si les aiguilles ne poussent pas par pair, c’est un sapin !) ; elles restent sur l’arbre pour quelques années avant de tomber pendant le mois d’octobre et d’être remplacées – leur chute créant cet humus si particulier, sombre et à l’odeur profonde.

En mai, les fleurs femelles apparaissent au bout des branches, couvertes d’une résine collante, au parfum délicat, qui joue un rôle de protection. De plus petites fleurs mâles poussent sur le même arbre et sont pollinisées par le vent.

Les cônes porteurs de graines mettent deux ans à mûrir pleinement puis à s’ouvrir. Au printemps, les petites graines pourront être portées très loin par le vent. Elles sont appréciées par de nombreux petits mammifères et oiseaux – y compris par le serin – et en Ecosse, par l’écureuil roux et par le rare bec-croisé.

Le pin a été utilisé depuis des millénaires pour la construction. Il contient beaucoup de résine dans sa sève, ce qui le rend lent à l’usure ; il était donc particulièrement adapté pour la construction de grands bateaux, son tronc haut constituant un mât idéal – puis, plus tard on en fit des poteaux télégraphiques. Le tronc peut être aisément taillé en longues planches pour la maison et les meubles. Sa résine entre dans la composition de la térébenthine et  sert à fabriquer du goudron.

La médecine du Pin

Des remèdes fabriqués à partir de différentes parties et variétés de pin sont connus pour soigner le système respiratoire. Inhaler la vapeur d’aiguilles, d’écorce ou de résine chauffés dans l’eau peut aider à déboucher le nez, calmer les infections et soulager les maux de têtes.

De nombreux produits dérivés du pin peuvent être acheter mais une infusion à boire ou à inhaler sera très simple à préparer chez soi. Faites bouillir une bassine emplie d’aiguilles de pin (de préférence fraîchement cueillies sur un arbre jeune) ou de bourgeons (mais rappelez-vous qu’ils sont à l’origine des cônes qui verront le jour l’année suivante !) couverts d’eau de source pendant environ 15 minutes. Inhalez la vapeur, ou filtrez et buvez en guise de tisane.

Cette infusion est antiseptique et anti-bactérienne et peut être utilisée sur des blessures ou des taches cutanées, ou peut être ajoutée au bain pour améliorer la santé générale de la peau. En Europe de l’Est, la résine de pin était transformée en pommade pour soigner les lèvres sèches ou les irritations de la peau.

L’huile essentielle est extraite des aiguilles et utilisée dans des désinfectants. On peut aussi faire usage des graines ou des noix. Cette huile est stimulante et fraîche.

L’infusion est également réputée soigner les rhumatismes et l’arthrose ; elle est également diurétique.

Les pignons de pin (qui ne proviennent pas du pin sylvestre, ses graines étant beaucoup trop petites) est un aliment très sain à ajouter aux salades par exemple. Ils sont riches en vitamine E et en graisses mono-insaturées.

Les différentes variétés de pin furent également couramment utilisées par les tribus amérindiennes pour leurs propriétés guérisseuses ; certains Natifs consommaient les pignons comme aliment de base de leur alimentation. Les Potawatomi utilisaient la résine comme remède à appliquer sur la peau ; ils faisaient bouillir l’écorce jusqu’à ce qu’elle se plie puis l’appliquaient sur des brûlures ou des blessures. D’autres tribus brûlaient les aiguilles et inhalaient la fumée pour soigner les maux de tête ; on les faisait également infuser pour soulager les maux de gorge. […]

Religion, spiritualité et folklore

Élément : air
Planète : Mars
Genre : masculin

Les Dieux associées aux différentes variétés de pin sont le grec Dionysos (ou Bacchus), dieu du vin et de la vigne, et Attis, dieu de la végétation, et Cybèle, Déesse Mère, d’origine phrygienne (la Phrygie étant une région historique appartenant à la Turquie actuelle).

L’usage du pin dans la construction de bateaux en faisait également un arbre associé à Poséidon, dieu de la mer.

En tant qu’arbre toujours vert, en hiver, on considère le pin comme un symbole de renaissance pour la terre et la verdure, qui reviendra après la neige et la mort de toute vie – un signe qu’une résurrection est proche.

Symbole de naissance, le fruit du pin était aussi perçu comme un symbole de fertilité pendant l’Antiquité ; nous disposons de preuves picturales que ses cônes étaient utilisés dans des cérémonies par de nombreuses anciennes civilisations. Dionysos et ses suivants, notamment, ou encore Osiris, sont représentés avec un bâton surmonté d’une pomme de pin.

Il y a deux écoles de pensées à ce sujet – la première suggère, comme dit plus haut, que les pommes de pin furent des symboles de fertilité. Les prêtres du culte y auraient mis le feu, une fois la nuit venue, afin d’en faire des torches utilisées au cours de processions. L’autre propose de voir la pomme de pin comme un symbole de voyage vers l’autre monde, de pensée venue de l’autre monde – on l’aurait alors enflammée, tout comme on aurait bu le vin, afin de faciliter la stimulation de la glande pinéale, elle-même en forme de cône, et située à la base du cerveau.

Attis est un dieu intéressant, bien moins connu que Dionysos. Peu est compris sur ses ancêtres mythiques – il pourrait être le fils de Nana (le récit d’une naissance qui vaut la peine d’être lu !) et l’amant de Cybèle, ou bien son fils et son amant – dans tous les cas, ils sont liés inextricablement. Il était berger.

Le mythe d’Attis nous raconte comment la déesse Cybèle lui ordonna, alors qu’elle l’avait fait son prêtre principal, de lui rester exclusivement fidèle ; lorsqu’elle découvrit qu’il avait eu une liaison avec une nymphe, elle le rendit fou, et il finit par se castrer. Les gouttes de son sang, en touchant le sol, se transformèrent en violettes odorantes, parmi lesquelles il finit par mourir.

Cybèle eut le cœur brisé en découvrant sa dépouille, et transforma alors Attis en pin, qu’on fit brûler au cours d’une cérémonie. Au bout de trois jours, Attis ressucita – dans le cycle éternel de vie, mort et renaissance.

Un festival romain, au printemps, « les Megalensia », célébraient cette renaissance ; voici (de manière très raccourcie) la description qu’en fait James Frazer…

« Le 22ème jour de Mars, un pin était coupé dans les bois et porté jusqu’au sanctuaire de Cybèle, où on le traitait comme une grande divinité. La tâche de porter l’arbre sacré était dévolue à une guilde de porteurs d’arbres. Le tronc était entouré de bandelettes laineuses, tel un cadavre, et orné de guirlandes de violettes, puisque cette fleur était sensée être née du sang d’Attis […] et une effigie de jeune homme, sans aucun doute Attis lui-même, était attachée dessus.
Le deuxième jour du festival, le 23ème de Mars, le coeur de la cérémonie semble avoir été un concert de trompettes. Le troisième jour, le 24ème de Mars, était connu comme le Jour du Sang : l’archigallus ou grand prêtre prélevait du sang de ses bras et le présentait en offrande. »

Nous pouvons faire la connexion ici avec les anciens rites liés au solstice d’hiver et à l’équinoxe de printemps ; lors du solstice, on brûlait une bûche, qui était liée étroitement à l’idée de renaissance du soleil, de la lumière et au cycle annuel de la nature.

Dans le folklore européen, Freyr, dieu norrois de la fertilité, aurait possédé un bâton surmonté d’une pomme de pin ; les espèces de pin sont souvent mentionnées. Ici, deux extraits d’historiens réputés au sujet de la Silésie, dont la plus grande partie revient actuellement à la Pologne :

« Le dimanche de mi-Carême, des rameaux de pin, attachés avec divers papiers et décorations brillantes, sont portés par des enfants chantant des chansons, puis sont accrochés au-dessus des portes d’étables afin de protéger les animaux d’influences néfastes. », Le folklore des plantes, T.F Thistelton-Dyer

« Une autre période propice à l’action des sorcières est la période des douze jours entre Noël et l’Epiphanie. Ainsi, dans certaines parties de la Silésie, les gens brûlent de la résine de pin à longueur de nuit entre Noël et Nouvel An, afin que la fumée odorante chasse les sorcières et les mauvais esprits loin de la maison et du foyer. » The Golden Bough, Sir James Frazer

Il existe pas mal de preuves montrant que les pins sylvestres étaient utilisés comme repères le long des routes, afin d’indiquer le chemin, notamment pour le bétail qui était amené à parcourir de longues distances jusqu’aux marchés […]

Les populations des Highlands utilisaient les pins pour marquer les lieux d’inhumation de leurs guerriers ; les esprits de ces derniers pouvaient alors grimper le long des arbres pour rejoindre les autres mondes.

On suppose que le pin faisait partie des neuf bois utilisés au cours des feux druidiques de Bael, particulièrement au moment du Solstice d’Hiver, et bien sûr cela semble tout à fait possible, puisque le pin brûle très bien ! Les pratiques des Druides n’ayant pu être chroniquée correctement, « les neuf » changent selon les sources.

La légende dit qu »il est impossible de faire pousser sept pins ensemble jusqu’à maturité – si on tente la chose, le dernier ne s’épanouira pas. Ce sont donc plus, ou alors moins que sept arbres qui doivent donc être plantés en même temps.

Magie, charmes et croyance

Un encens fait à partir d’aiguilles de pin, de résine ou d’huile purifiera l’espace et bannira toute négativité qui rôde. On obtiendra le même résultat en brûlant une bûche de pin ou en jetant des aiguilles ou des pommes de pin dans le feu.

Prenez du temps pour vous en vous plongeant dans un bain, dans lequel vous aurez ajouté de l’huile de pin ou un remède floral à base de pin. Clarifiez vos pensées et vos sentiments d’anxiété – le pin indique le chemin, il rendra votre esprit vif et alerte et vous montrera la voie qui doit être prise si vous vous trouvez dans la confusion.

 Utilisez n’importe quelle partie du pin dans des travaux liés à la fertilité. Utilisez une baguette faite à partir de son bois pour attirer des énergies positives, chaleureuses et sensuelles, pleinement favorables pour accueillir une nouvelle vie.

La fumée du pin créera une atmosphère énergique et contrera toute influence négative

Si de la neige doit tomber sur vous depuis la branche d’un pin sylvestre, une grande chance se manifestera.

Les « Hex signs »

Mut Danu propose dans le chapitre de « Tree Mothers » consacré au mois de Gort de créer des « Hex spells ». Je m’intéresse au sujet depuis un moment et j’en ai donc profiter pour écrire l’article que voici. Peut-être vous aidera-t-il à voir la rosace – qui apparaît dans l’emblème du coven – d’un autre œil :)

Trouvé sur www.dutchhexsign.com

Un peu d’histoire

Les « Hex Signs » ou « Hex spells » sont des symboles de l’art populaire de Pennsylvanie, apportés par des populations migrantes d’Europe Centrale (Allemagne, Suisse, Alsace) aux XVIIème et XVIIIème siècles. On retrouve ces symboles sur des broderies, de la vaisselle, des meubles peints, mais ils sont surtout connus pour orner les façades des fermes et des maisons. Cette tradition d’ornement de la maison est seulement apparue aux alentours de 1850, mais elle est devenue très rapidement populaire, au point que des « Hex signs » commencent à être commercialisés dès les années 40, à destination des touristes de passage.

D’où vient le mot « Hex » ? On a bien envie de penser en premier lieu à une connexion avec la sorcière, « Hexe » en allemand. Mais en réalité, rien n’est moins sûr. Le terme « Hex » pour désigner ces symboles n’est utilisé que depuis des temps relativement récents : en 1924, Wallace Nutting publie Pennsylvania Beautiful, un ouvrage pour lequel il va enquêter auprès des fermiers d’origine germanique de Pennsylvanie. Ceux-ci n’utilisent alors que des mots très courants comme « Blume » (fleurs) ou « Schtarne » (étoiles) pour désigner leurs peintures murales. Néanmoins, au cours de l’enquête, un fermier utilisa le terme « Hexefuss » (pied de sorcière) dans sa description ; bien que ce terme renvoie à un symbole tout à fait particulier, il fut sans aucun doute mis en avant comme terme générique par l’auteur, et/ou par ses lecteurs, tous certainement séduits par la connotation mystérieuse du terme. Quoiqu’il en soit, le mot « Hex » devint rapidement populaire parmi les Allemands de Pennsylvanie eux-mêmes, grâce à son succès auprès des touristes.

Symboles occultes ou simple art décoratif ?

trouvé sur www.pageneralstore.com

Différentes écoles de pensée se confrontent au sujet des « Hex signs ». Pour certains, l’intention magique derrière ces peintures est indiscutable. Pour d’autres, il ne s’agit que d’éléments décoratifs, éventuellement revendicatifs d’une identité. Il est à noter, pour conforter cette seconde hypothèse, que l’habitude d’orner les maisons de ces symboles n’est apparue qu’au milieu du XIXème siècle, au moment où le gouvernement américain tentait de supprimer le dialecte germanique de la région. Il s’agissait donc peut-être, tout simplement, de réclamer un  héritage pictural issu du folklore germanique.

Néanmoins, plusieurs arguments plaident d’après moi pour tout au moins une origine magique de ces symboles : ainsi, certains groupes religieux germanophones de Pennsylvanie, comme les Amish ou les Mennonites, rejettent les « Hex signs » parce qu’ils les relient à des pratiques de magie ; de plus, la rosace à six branches, élément emblématique de la tradition, se retrouve couramment en Europe Centrale sur les maisons (jusque dans la vallée de Pô en Italie, où on l’appelle Soleil des Alpes), où elle a valeur de symbole de protection ; on peut noter qu’avec ses 6 branches, elle fait penser au Hexefuss cité plus haut – lui-même identique à la rune Hagalaz dans sa version du jeune futhark. Mais elle évoque aussi à l’étoile à six branches ou sceau de Salomon, important signe magique en Europe depuis au moins le début du Moyen-Âge. Le coq, la tulipe, l’arbre de vie sont autant de symboles de protection qu’on retrouve depuis des centaines d’années sur le Vieux Continent, et qui sont réapparus en Amérique dans la pratique artistique du « Hex sign ».

Mais au fond, pour nous autres sorcières et païens actuels, l’origine occulte de ces symboles est-elle réellement si importante que ça ? Comme pour tout autre outil, je crois que ce qui fait l’essentiel de la magie d’un « Hex sign », c’est l’intention que son créateur y insuffle. Et à l’heure actuelle, de nombreuses personnes, en particulier des païens germanisants ou des sorcières, ont choisi d’en faire usage comme des talismans ou des outils de méditation, allant même jusqu’à incorporer des symboles pré-chrétiens ou personnels dans la création de leur « Hex », qu’on ne retrouvait pas jusqu’alors dans la tradition pennsylvanienne. S’il n’est donc pas totalement avéré qu’il s’agissait de symboles magiques au moment de leur (ré)apparition vers 1850, les « Hex signs » le sont devenus pour nombre d’entre nous. Et ça, c’est incontestable.

Motifs et coloris

Sur Les Portes du Sidh, Lune a partagé il y a quelques temps déjà une traduction sur le sujet des « Hex signs » . Je vous invite à la lire et me permets de retranscrire ici les paragraphes traitant des motifs et du choix des couleurs que j’ai trouvés particulièrement synthétiques et intéressants. A noter que pour certains, les « Hex signs » de Pennsylvanie ont aussi bénéficié d’une influence de l’art des tribus natives de Pennsylvanie. Vu l’éclat des couleurs, ça ne m’étonnerait absolument pas.

Voici ci-après, le probable symbolisme ou signification des formes et couleurs employées dans les symboles des sorcières. C’est la forme d’un très vieil art et le sens précis des formes et couleurs n’est pas connu avec certitude.

  • Formes

• Croissants de Lune – Les quatre saisons
• Distelfink – bonne chance et joie… Deux distelfinks – double bonne chance et joie… Deux distelfinks affrontés – amitié vraie
• Pigeons ou Oiseaux de Paradis – amitié, camaraderie, paix, pureté et bonheur
• Aigle – force, courage, vision claire
• Cœur – amour, l’amour durable et l’amour pour les autres
• Feuille de chêne – longue vie, force et endurance
• Ananas – accueil et hospitalité
• Gouttes de pluie – eau, récolte abondante et fertilité
• Rosettes – (on pense que c’est le plus ancien symbole) bonne fortune
• Coquilles Saint-Jacques – vagues de l’océan, naviguer sur une mer calme dans la vie
• Étoiles – protection contre les feux, bonne fortune, espoir, amour, fertilité, énergie et harmonie
• Roue Solaire – chaleur et fertilité
• Tulipes – Foi, espoir, charité et croire en l’humanité
• Blé – Abondance et bonne volonté

  • Couleurs

• Noir – protection, également utilisée pour mélanger ou lier des éléments ensemble
• Bleu – protection, paix, sérénité et spiritualité
• Brun – terre-mère, peut également signifier l’amitié et la force
• Vert – croissance, fertilité, succès dans les choses et idées qui grandissent
• Orange – abondance dans la carrière, les projets et les choses ayant besoin d’un coup de pouce
• Rouge – émotions, passion, charisme, désir et aussi la créativité.
• Violet – les choses sacrées
• Blanc – pureté, le pouvoir de la lune, permet à l’énergie de s’écouler librement
• Jaune – La santé du corps et de l’esprit, l’amour de l’homme et du soleil, connexion à la forme Divine.

Souvenirs de la Vieille Europe

Si je me suis intéressée aux « Hex signs » de Pennsylvanie, c’est parce que j’ai été frappée, lors de leur découverte, par leur ressemblance avec nombre de symboles qu’on retrouve peints ou gravés sur les maisons anciennes de ma région, l’Alsace, et qui m’ont toujours fascinés. J’avais donc envie de conclure cet article en vous présentant quelques « Hex signs » de chez moi ;)

En réalité, en Alsace, on retrouve surtout les symboles de protection traditionnels comme la croix de Saint-André, le « Mann » dans l’assemblage des poutres formant les colombages. Je ne m’étendrai pas là-dessus car la question mériterait un gros article dans lequel je me lancerai sans doute un jour, mais pas tout de suite.

Toujours est-il que sur l’une de ces poutres, généralement visible de la rue et souvent axe principal de l’ensemble de la construction, on retrouve des « cartouches » peints et/ou gravés contenant les informations suivantes : les noms ou initiales du couple fondateur, parfois un fait relatif à leur existence, la date de la construction.

Ce qui est intéressant pour le folkloriste curieux, ce sont les symboles ou autres écrits qui accompagne ces données. Ce que j’ai pu relever au cours de mes balades :

  • Des symboles : rosace à 6 branches, étoile à 4/5/6 branches, cœur, coq, arbre de vie, deux petits oiseaux se faisant face entourés de motifs floraux, svastika, soleil stylisé, croix de différents types, feuilles, tulipe, serpent, lune … Parfois des éléments plus énigmatiques : il m’est arrivé de voir, une fois, un symbole ressemblant fortement à la rune Othila.
  • Des initiales : IHS (Iesus Heiland Seligmacher), CMB (Christus mansionem benedicat ou Caspar, Melchior, Balthazar ou Catharina, Margarete, Barbara), JMJ (Jesus Maria Joseph)
  • Des versets de la Bible (tradition plutôt protestante)

Dans tous les cas, il s’agit clairement d’asseoir l’identité et les limites du foyer et de garantir sa protection (le coq, par exemple, animal qui annonce le lever du soleil et donc la fin de la nuit propice au règne du mal ; la tulipe et ses trois « pointes » stylisées, quant à elle, symbolise la Sainte Trinité, etc), la fertilité et la richesse de ceux qui y habitent. On souhaitait également protéger la maison de la foudre et par extension de l’incendie (le soleil chasse l’orage, etc).

Pour m’arrêter bien souvent devant les maisons arborant ce type de symboles, je suis frappée à chaque fois par leur puissance, encore aujourd’hui ; et par leur beauté, tout simplement ! J’espère que ces quelques lignes vous auront donné envie de vous essayer à l’art du « Hex sign ». Que ce soit en protégeant vos foyers, ou en vous amenant à exprimer vos talents artistiques dans un nouveau domaine, ces symboles peuvent, à la manière des mandalas, être des supports spirituels inspirants :) Lee R. Gandee, peintre de « Hex signs », dit dans son autobiographie qu’il s’agit pour lui de « prière peinte ». J’ai adoré cette expression, et je conclurai donc là-dessus. A vos pinceaux :)

Sources et liens à visiter

http://www.le-sidh.org/wicca/folklore-sorcier/les-symboles-des-sorcieres/
http://unurthed.com/2008/01/07/gandees-hexes/
http://en.wikipedia.org/wiki/Hex_sign
http://www.amishnews.com/featurearticles/Storyofhexsigns.htm
http://www.dutchhexsigns.com/category/dutchhexsignmeanings